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La pandémie fait exploser le recours aux banques alimentaires en Ontario

« Nous ne sommes pas une solution à la pauvreté », lance la directrice générale du réseau Feed Ontario.

Des paquets de pâtes sèches sont empilés dans des boîtes de carton.

Les banques alimentaiares de l'Ontario ont reçu 3,2 millions de visites entre avril 2019 et mars 2020. La demande a fortement augmenté depuis le début de la pandémie.

Photo : CBC

Radio-Canada

Déjà en augmentation au cours de l'année précédant la pandémie de la COVID-19, l'utilisation des banques alimentaires a été exacerbée depuis, selon un nouveau rapport. Touchés par le chômage, les mesures de confinement et des pertes de revenus tout au long de la crise sanitaire, de nombreux nouveaux clients se sont ajoutés aux personnes qui sollicitaient déjà cette aide.

Le rapport annuel sur la faim du réseau de banques alimentaires Feed Ontario, publié lundi, analyse l'utilisation des banques alimentaires dans toute la province, formule des recommandations et examine également l'impact de la pandémie sur les banques alimentaires et les populations vulnérables.

Une hausse de 26,5 %

Après une année au cours de laquelle les gens avaient effectué 3,2 millions de visites dans les banques alimentaires, le nombre de nouveaux utilisateurs a grimpé de 26,5 % au cours des quatre premiers mois de la pandémie, indique le rapport.

Cela signifie que nous voyons de nouvelles personnes qui ne sont jamais venues à nos services et que celles qui ont déjà accédé à nos services éprouvent des difficultés dans la vie plus importantes qu’auparavant, déclare la directrice générale Carolyn Stewart. C'est extrêmement préoccupant pour nous.

Avant la pandémie

Entre le 1er avril 2019 et le 31 mars 2020, le rapport indique que 537 575 personnes ont accédé aux banques alimentaires – une augmentation de 5,3 % par rapport à l'année précédente – et qu'un tiers de ces utilisateurs étaient des enfants.

Trois personnes masquées au milieu de boîtes en carton.

Des volontaires de la banque alimentaire Daily Bread préparent une distribution de nourriture en août au milieu de la pandémie de COVID-19.

Photo : CBC/Evan Mitsui

Le nombre total de visites s'est élevé à 3 282 500, soit 7,3 % de plus que l'an dernier.

Dette et recours à l'aide des proches

Lorsque Feed Ontario a interrogé environ 200 visiteurs de banques alimentaires en septembre, il a découvert qu'un visiteur de banques alimentaires sur deux se disait inquiet d'être expulsé de son logement ou de manquer un paiement hypothécaire au cours des deux à six prochains mois.

Un participant a déclaré : Tout est difficile. Payer le loyer est difficile, aller chez le médecin est difficile, accéder à l'épicerie et à la nourriture est difficile. Tout est tellement plus difficile maintenant.

Plus de 90 % étaient également confrontés à des défis financiers extrêmes dus à la pandémie et contractaient une dette considérable. Presque tous les répondants (93 %) empruntaient de l'argent à leurs amis et à leur famille, avaient accès à des prêts sur salaire ou utilisaient une carte de crédit pour payer leurs factures.

Bien que Feed Ontario ne collecte pas de données sur la race, l'immigration ou le statut de réfugié, l'organisme note que les Noirs et les Autochtones sont touchés de manière disproportionnée par la pauvreté et l'insécurité alimentaire et sont trois fois plus susceptibles d'être en insécurité alimentaire que les ménages non racialisés.

Nous ne sommes pas une solution à la pauvreté

Le soutien des gouvernements provincial et fédéral a aidé les banques alimentaires à faire face à une poussée initiale au début de la pandémie, affirme Carolyn Stewart. Mais au fur et à mesure que ces soutiens diminuaient pendant l'été et l'automne, les chiffres ont de nouveau augmenté.

La directrice générale de Feed Ontario craint que sans cette aide, l'utilisation des banques alimentaires augmente de façon exponentielle au cours des prochains mois.

Alors que les banques alimentaires font de leur mieux avec très peu pour répondre aux besoins de leur communauté, et qu'elles font un travail incroyable, elles ne remplacent pas de bonnes politiques publiques, soutient-elle. Nous ne sommes pas une solution à la pauvreté.

Avec les informations de CBC News

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