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Les défis d'une éclosion à bord d'un navire

Le porte-conteneurs MSC Maria Pia.

Le MSC Maria Pia est un bateau du Panama qui se dirigeait vers Terre-Neuve.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

On en sait un peu plus sur les circonstances de la possible éclosion de COVID-19 sur le navire MSC Maria Pia qui a dû accoster au port de Trois-Rivières il y a environ une semaine.

Des clôtures sont apparues lundi en bas de la terrasse Turcotte, tout près du bateau MSC Maria Pia. Une voiture est stationnée sous l'escalier suspendu qui donne accès au bateau. Un agent de sécurité s'assure qu'il n'y a pas d'entrée ou de sortie du MSC Maria Pia. Tout près, une affiche qui explique ce qu'est la maladie à coronavirus COVID-19.

Deux pilotes du Saint-Laurent étaient à bord quand le navire transportant 2808 conteneurs a dû s'arrêter à Trois-Rivières. Ils sont actuellement en quarantaine. Un autre pilote, qui débarquait à Montréal aussi. Les résultats des tests des trois pilotes sont tous négatifs.

Une fois que c'est entré à bord, rapidement ça fait le tour, témoigne Alain Arseneault, président de la corporation des pilotes du Saint-Laurent Central. Il ne connaît pas le nombre de cas positifs à bord. Les pilotes du Saint-Laurent demeurent à l'intérieur de la timonerie depuis le début de la pandémie.

Ce n'est pas la première éclosion sur un bateau, rappelle M. Arseneault. Moins d'une demi-douzaine d'éclosions ont eu lieu, selon lui, surtout sur des navires canadiens. Aucun pilote n'a reçu de résultat positif depuis le début de la pandémie. La Corporation, qui cherche activement de nouveaux pilotes pour combler une pénurie, se réjouit qu'il n'y ait eu aucun impact ou délai créé par les contraintes qu'imposent les isolements préventifs de quatorze jours.

Propagation virulente

Le médecin-conseil de l'équipe santé au travail à la santé publique, Dr Jean-Pierre Bergeron, confirme la virulence d'une éclosion sur un navire. Les marins travaillent près les uns des autres, un peu comme dans le secteur agroalimentaire, illustre-t-il, en référence aux éclosions chez Olymel et dans des fermes l'été dernier.

De plus, les marins arrivent de plusieurs pays différents puisqu'ils embarquent à différentes étapes du voyage du cargo. Est-ce que les normes sont aussi sévères dans ces pays-là? Normalement avant le départ, ils ont un test. Mais un test avant le départ, ça ne garantit pas nécessairement que la personne n'a pas la maladie, précise Dr Bergeron.

C’est le capitaine du navire qui se charge des besoins essentiels des marins, comme la nourriture. Un protocole a été mis en place pour éviter les contacts et circonscrire l’éclosion. Le CIUSSS MCQ a préféré isoler les marins à bord que dans un hôtel de la région.

Le Dr Bergeron tient à rassurer les Trifluviens qui s’inquiéteraient d’être infectés, il n’y a pas à craindre.

Une escouade de désinfection attendue

Le MSC Maria Pia pourrait reprendre le chemin vers Corner Brook, à Terre-Neuve où il est attendu, avant le 8 décembre. Avant, une escouade spécialisée de Transports Canada se chargera de désinfecter l’immense porte-conteneurs.

Si la situation dégénérait à bord, Santé Canada aurait la charge de transporter les malades vers des centres hospitaliers.

La COVID-19 dépistée à Montréal

Dans le cadre d’une rotation de personnel, trois membres de l'équipage seraient débarquées du navire à Montréal pour aller à l’aéroport. Rendus sur place, après avoir passé un test de dépistage, ils auraient appris qu'ils avaient la COVID-19.

C’est ce qu’a rapporté le président-directeur général de l’administration portuaire de Trois-Rivières, Gaétan Boivin, en entrevue à Toujours le matin.

Comme le porte-conteneurs avait déjà quitté le port de Montréal, c'est à Trois-Rivières qu'il s'est arrêté.

Transports Canada nous a demandé d’accueillir le navire à Trois-Rivières pour faire les suivis avec la Santé publique, a-t-il précisé.

L’équipage a subi des tests de dépistage. La santé publique régionale ne veut pas confirmer le nombre de cas à bord, puisqu’elle refuse de dévoiler les détails des éclosions dans les milieux privés.

Gaétan Boivin trouve sécuritaire que le bateau se soit arrêté à Trois-Rivières.

Les complications, on aime mieux les avoir dans un port, près d’un hôpital qu’au large, qui peut être extrêmement dangereux, dit-il. Le navire, bien qu’il soit bien équipé au niveau médical et au niveau communication, c’est quand même des équipements particuliers [dont ils ont besoin] lorsque les cas s'aggravent.

Il souligne qu’en mer, il faut que les membres du personnel soient assez en santé pour combattre un incendie ou évacuer le navire, au besoin.

Gaétan Boivin explique que les marins étrangers ne peuvent pas sortir du port de Trois-Rivières sauf s’ils doivent aller à l’hôpital ou s’il y a un changement de personnel et doivent aller prendre un avion, explique Gaétan Boivin. Le foyer des marins est fermé depuis mars dernier.

Avec les informations de Maude Montembault

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