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Une infirmière manitobaine atteinte de la COVID-19 inquiète en raison des masques périmés

Des membres du personnel d'un hôpital transportent un patient sur une civière.

Selon certains rapports envoyés à Soins communs Manitoba, les masques avaient une forte odeur chimique et causaient des irritations à la peau. Ils avaient été distribués dans les établissements de soins de santé, les écoles et d’autres secteurs de la province.

Photo : iStock

Radio-Canada

Une infirmière manitobaine a contracté la COVID-19 et craint que les masques périmés fournis par la province ne l'aient rendue vulnérable au coronavirus.

Les masques de la marque Technologist Choice ont été achetés par la province il y a 10 ans, pendant la pandémie de la grippe A (H1N1). Leur utilisation a été approuvée ce printemps.

L'infirmière dit qu'elle portait les masques depuis des mois et qu'elle s'occupait de patients atteints de la COVID- 19.

CBC/Radio-Canada ne donne pas le nom de l’infirmière pour éviter des risques de répercussions dans son milieu de travail.

Ma première réaction a été de dire "Wow" dit-elle. Le pire moment dans cette situation a été de découvrir que ce masque avait une durée de vie de cinq ans.

Selon certains rapports envoyés à Soins communs Manitoba, les masques avaient une forte odeur chimique et causaient des irritations à la peau.

Ils avaient été distribués dans les établissements de soins de santé, les écoles et d’autres secteurs de la province.

Le 10 novembre, Soins communs Manitoba a envoyé et publié une lettre mentionnant que tous les masques de la marque Technologist Choice 2009 avaient fait l’objet d’un rappel. Ce rappel a été effectué à peu près au moment où l'infirmière est tombée malade.

Je n'ai jamais enfreint le protocole de sécurité, affirme cette dernière.

Elle a dû être hospitalisée. Elle affirme ne pas avoir de problèmes de santé antérieurs et avoue ne pas savoir comment elle a attrapé le virus.

Selon elle, la province aurait dû en faire plus pour s’assurer d'offrir de l'équipement de protection individuelle (EPI) à jour.

Les masques ne sont plus utilisés

Tous les masques de 2009 sont maintenant retirés des tablettes, rappelle un porte-parole de Soins communs Manitoba dans un courriel envoyé à CBC/Radio-Canada. Selon lui, les masques de marque Technologist Choice 2009 ont été remplacés par d'autres masques.

Ces masques avaient été rappelés par excès de prudence et avaient été entreposés de manière appropriée dans un environnement à température contrôlée. Ils avaient été approuvés par des experts en prévention et contrôle des infections et en sécurité et santé au travail pour son utilisation, indique le porte-parole de Soins communs Manitoba.

Dans sa lettre datée du 10 novembre, Soins communs Manitoba rappelle que la distribution des masques a été approuvée au printemps. Un nouvel examen des masques a eu lieu au mois de juin et de juillet à la suite des préoccupations soulevées par le personnel au sujet d’irritation de la peau, écrit-on.

L'utilisation des masques a été jugée acceptable. D’autres masques ont été suggérés pour ceux qui ne pouvaient pas porter des masques de la marque [Technologist Choice], poursuit Soins communs Manitoba dans sa lettre.

Le manufacturier ne comprend pas la province

Cependant, le manufacturier BND, établi à Toronto, précise ceci dans une lettre publiée sur son site Internet : La durée de vie recommandée de ces masques est de 3 à 5 ans à compter de la date de fabrication.

La compagnie n'appuie pas l’utilisation ou la distribution des masques [après cette date], précise la compagnie.

La province aurait dû prendre une décision sage. Elle devrait connaître la durée de vie des produits, a dit le président de la compagnie BND, Surender Choudhry.

M. Choudhry a aussi souligné dans la lettre publiée sur le site Internet que la compagnie n’avait pas de données ou de résultats de tests qui prouvent que les masques peuvent avoir une durée de vie plus longue quand ils sont entreposés dans un endroit avec une température contrôlée.

Le syndicat est inquiet

La présidente du Syndicat des infirmiers et des infirmières du Manitoba, Darlene Jackson, affirme ne pas pouvoir faire de commentaires sur le cas de l'infirmière malade. La situation est toutefois alarmante, selon elle.

Je pense que c'est épouvantable qu'ils [les masques] aient été mis en circulation.

Darlene Jackson, présidente du Syndicat des infirmiers et des infirmières du Manitoba

Elle rappelle qu’au moins 100 infirmières du Manitoba sont atteintes de la COVID-19 en ce moment et qu'un nombre même plus important d'entre elles sont en arrêt de travail en attente d’un résultat de test.

Darlene Jackson est troublée par le fait que les masques expirés ont continué d’être utilisés par certains employés jusqu’au 19 novembre, la date à laquelle les masques devaient être complètement retirés.

Dans la lettre envoyée le 10 novembre, Soins communs Manitoba indiquait aux employés qu’il est sécuritaire d’utiliser l’équipement en attendant du nouvel équipement.

L’infirmière tente toujours de se remettre de la maladie. Elle demande aux Manitobains de rester à la maison.

Je n'arrête pas de penser aux sacrifices que nos parents et grands-parents auraient faits pour nous si c'était une situation inverse et que nos enfants étaient dans la population la plus à risque.

Avec les informations de Jill Coubrough

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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