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Des enseignants à bout de souffle

Des gens levant la main en classe.

En plus de l'enseignement en classe, plusieurs enseignants doivent aussi offrir de l'enseignement de façon virtuelle.

Photo : Getty Images / skynesher

Wildinette Paul

La pandémie a changé la façon d’enseigner. L’apprentissage se fait depuis quelques mois en classe, de manière virtuelle ou en modèle hybride. Mais la charge de travail qui accompagne la COVID-19 pèse lourd sur des professionnels de l’éducation.

Près de trois mois se sont écoulés depuis le début de la rentrée scolaire. Mais des enseignants du Nouveau-Brunswick disent ressentir une fatigue de fin d'année.

C’est comme si on était déjà en juin, je dirais même, affirme en riant Renelle Castonguay, enseignante au primaire. Non, sans farce, oui c’est vrai que la fatigue se fait ressentir. Je cherche parfois mon temps. Je cours après mon temps.

Renelle Castonguay devant l'entrée d'une école.

Renelle Castonguay, enseignante au primaire

Photo : Radio-Canada / Serge Bouchard

La pandémie a provoqué des changements dans les établissements scolaires. Il y a la surveillance, explique Mme Castonguay. Les entrées et les sorties des élèves ne se font pas nécessairement comme avant. Il y a en surplus le lavage des mains et le nettoyage dans l’école. Il y a beaucoup de choses qui se passent dans notre tête.

Se rendre à Noël

Stéphanie Babineau, enseignante au secondaire, abonde dans le même sens. À son avis, les tâches des enseignants ont doublé, notamment avec l'enseignement hybride.

Stéphanie Babineau devant une école de Moncton.

Stéphanie Babineau

Photo : Radio-Canada / Guy LeBlanc

Les chapeaux qu’elle et ses collègues portent se sont multipliés en quelques mois. Pour un enseignant au secondaire, on se retrouve enseignant en salle de classe, enseignant des élèves qui sont à la maison. On est également titulaire des enfants qui restent à la maison ou des élèves qui sont ici à temps plein pour des raisons quelconques, soutient Mme Babineau.

En plus de cela, on devient technicien de l’informatique et on devient gestionnaire des émotions.

Une citation de :Stéphanie Babineau, enseignante

À cela s’ajoute le devoir de maîtriser les nouvelles applications et les mesures sanitaires. Mais aussi le besoin de répondre aux attentes de l’employeur et à celles du public.

En ce moment, je suis inquiète de la quantité d’enseignants qui sont à bout de souffle. Ce n’est plus une fatigue du mois de novembre. En ce moment, on essaie de se rendre à Noël, croit-elle.

Le temps accordé aux enseignants pour se préparer, s’outiller et collaborer n’a toutefois pas augmenté, déplore l’enseignante.

Travail supplémentaire

Les enseignants doivent faire des heures supplémentaires pour arriver au bout de leur travail. Stéphanie Babineau constate que ses moments de préparation ont diminué. Notre journée est consacrée entièrement à être entouré de nos élèves.

Ses périodes de préparation habituelles se sont transformées en suivi avec des élèves à la maison, avec des parents et avec des enseignants-ressources.

La tâche de planification, de préparation de matériel pédagogique ça se fait à l’extérieur des heures de classe souvent tard en soirée durant les fins de semaine ou tôt le matin, explique Stéphanie Babineau.

Peur de craquer?

Ces enseignantes s’inquiètent pour la santé mentale des professionnels de l’éducation. Je crois qu’on a tellement mis l’accent sur la santé physique avec la pandémie, j’ai l'impression que ç'a été au détriment de la santé mentale, pense Renelle Castonguay.

Une classe vide avec, en avant-plan, une bouteille de désinfectant.

Des enseignants sont épuisés des mesures sanitaires et du poids que cela met sur la gestion de leur salle de classe.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Des enseignants flirtent avec l’idée de changer de carrière, puisqu’ils ont atteint leurs limites. Ils veulent trouver un équilibre entre leur vie professionnelle et personnelle, admet Stéphanie Babineau. Il y a plusieurs enseignants qui sont sur le point de craquer. Et puis, sans mesures concrètes, je crains qu’on va vivre une pénurie assez rapidement.

L’adaptation

Les deux femmes demeurent tout de même convaincues que les enseignants sont capables de s’adapter. Si on veut être capable [de] continuer à porter le chapeau de ces personnes-là qui peuvent s'adapter en tout temps on doit reconnaître le besoin à temps, pour permettre de se tourner de bord et de développer quelque chose qui démontre à quel point on peut s’adapter et qu’on peut connaître du succès en temps de pandémie, soutient Stéphanie Babineau.

Pour diminuer l'essoufflement, elles demandent plus de temps, sans les élèves, pour la préparation et la collaboration entre collègues.

Entre-temps, c’est grâce aux élèves, aux collègues et à l’humour qu’elles croient que des enseignants gardent le cap.

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