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France : reprise du procès pour corruption de l'ex-président Sarkozy

Nicolas Sarkozy salue de la main.

Une semaine après un faux départ, le procès pour corruption de l'ex-président français Nicolas Sarkozy reprend à Paris.

Photo : Reuters / CHARLES PLATIAU

Agence France-Presse

L'ancien président français Nicolas Sarkozy a dénoncé lundi à la reprise de son procès pour corruption et trafic d'influence des « infamies », qui le « [poursuivent] depuis six ans ».

Je ne reconnais aucune de ces infamies avec lesquelles on me poursuit depuis six ans.

L'ancien président français Nicolas Sarkozy

Après un faux départ lundi dernier, le procès a repris en présence de l'ex-haut magistrat Gilbert Azibert, qui n'est pas parvenu à obtenir le renvoi de l'audience pour raisons de santé.

Tout était prêt au tribunal de Paris le 23 novembre pour l'ouverture de ce procès sans précédent, mais une chaise est restée vide : l'un des trois prévenus, Gilbert Azibert, avait sollicité un renvoi, invoquant sa santé fragile dans le contexte de l'épidémie de coronavirus.

Après avoir ordonné une expertise médicale qui a conclu que son état de santé était actuellement compatible avec sa comparution, le tribunal a rejeté, jeudi, cette demande, sommant l'ex-haut magistrat de 73 ans de venir, en personne, à l'audience lundi.

Le tribunal a pris sa décision, elle s'impose, a lancé son avocat Dominique Allegrini à la sortie de l'audience, face à une foule de journalistes.

La 32e chambre correctionnelle doit ainsi commencer à 13 h 30 l'examen de cette affaire inédite : jamais un ancien chef de l'État n'a été jugé pour corruption sous la Ve République.

Avant Nicolas Sarkozy, 65 ans, un seul ancien président, Jacques Chirac, a été jugé et condamné en 2011 dans l'affaire des emplois fictifs de la Ville de Paris, mais sans n'avoir jamais comparu devant ses juges, pour des raisons de santé.

L'ex-occupant de l'Élysée était, lui, bien présent aux courtes audiences de lundi et jeudi. Je n'ai pas l'intention qu'on me reproche des choses que je n'ai pas commises, avait-il déclaré avant le procès, niant être un pourri et dénonçant un scandale.

Retiré de la politique depuis sa défaite à une primaire de la droite fin 2016, mais toujours très influent auprès du parti conservateur Les Républicains, Nicolas Sarkozy encourt 10 ans de prison et un million d'euros d'amende pour corruption et trafic d'influence, comme ses coprévenus jugés en sus pour violation du secret professionnel. Ils contestent aussi toute infraction.

Dans ce dossier, il est soupçonné d'avoir, avec son avocat Thierry Herzog, tenté de corrompre Gilbert Azibert, alors en poste à la Cour de cassation.

Photomontage de trois accusés d'un procès pour corruption.

L’ex-président français Nicolas Sarkozy (au centre) sera jugé pour corruption en compagnie de l’avocat Thierry Herzog (à gauche) et du juge Gilbert Azibert (à droite).

Photo : AFP / GEOFFROY VAN DER HASSELT

Selon l'accusation, Nicolas Sarkozy cherchait à obtenir des informations couvertes par le secret, voire à peser sur une procédure engagée devant la haute juridiction liée à l'affaire Bettencourt dans laquelle il avait obtenu un non-lieu fin 2013.

En contrepartie, il aurait donné un coup de pouce à Gilbert Azibert pour un poste de prestige convoité par ce dernier à Monaco, mais qu'il n'a jamais obtenu.

Cette affaire, aussi appelée Bismuth, a surgi d'un autre dossier qui concerne depuis des années l'ex-chef de l'État : celui des soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007, qui lui vaut une quadruple mise en examen.

C'est dans le cadre de ces enquêtes que les juges ont découvert en 2014 l'existence d'une ligne téléphonique officieuse entre l'ancien président et son avocat, Thierry Herzog, ouverte sous le nom de Paul Bismuth – un état civil appartenant en réalité à une connaissance de lycée de Me Herzog qui, après un imbroglio, ne se constituera finalement pas partie civile au procès.

Les conversations interceptées sur cette ligne secrète sont au coeur du dossier des écoutes : elles sont la preuve, pour l'accusation, d'un pacte de corruption. Une mise sous écoute illégale, s'insurge la défense, qui estime que le secret des échanges entre un avocat et son client a été violé.

Cette question, tranchée en défaveur du camp Sarkozy par la Cour de cassation en 2016, devrait être à nouveau débattue dès lundi.

La défense doit aussi s'attaquer à l'affaire bis, celle des fadettes : une enquête préliminaire diligentée pour dénicher l'éventuelle taupe qui aurait informé Nicolas Sarkozy et Thierry Herzog qu'ils étaient écoutés par la justice sur la ligne Bismuth.

Un autre rendez-vous judiciaire attend Nicolas Sarkozy au printemps : le procès de l'affaire Bygmalion sur ses frais de campagne pour l'élection présidentielle de 2012.

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