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Analyse

Les électeurs les plus influents des États-Unis

Quel est le groupe d’électeurs le plus important – et celui qui sera le plus à surveiller – aux États-Unis pendant le mandat de Joe Biden? Ce sont les électeurs qui se déplacent pour voter aux élections primaires républicaines.

Plusieurs personnes dans un rassemblement politique devant un drapeau américain géant.

Comme il y a beaucoup moins d’électeurs qui se présentent aux primaires, c’est souvent devenu un moyen de donner le contrôle du parti aux électeurs les plus militants et dont l’idéologie se situe plus près des extrêmes que du centre.

Photo : Reuters / Eric Thayer

Cette invention américaine des « primaires » peut sembler très démocratique : les électeurs se prononcent sur leurs futurs candidats au lieu de laisser la machine des partis politiques les désigner. Mais comme il y a beaucoup moins d’électeurs qui se présentent aux primaires, c’est souvent devenu un moyen de donner le contrôle du parti aux électeurs les plus militants et dont l’idéologie se situe plus près des extrêmes que du centre.

Au Parti républicain, ces électeurs constituent la base de Donald Trump, celle qu’il a soigneusement cultivée tout au long de son mandat et qui est encore prête à croire – à plus de 70 % selon certains sondages – que leur préféré a vraiment gagné l’élection présidentielle et se l’est fait voler par des fraudes massives des démocrates.

Même si cela fait trois semaines que les avocats de la campagne de Donald Trump multiplient les recours dans plusieurs États sans jamais avoir réussi à apporter quelque preuve que ce soit qu’il n’y a eu ne serait-ce qu’un seul vote illégal.

Comme l’a dit, la semaine dernière, le juge Stephanos Bibas de la Pennsylvanie – un juge nommé à un tribunal fédéral par le président Trump – la campagne Trump n’a jamais démontré qu’un seul vote a été frauduleux ou qu’un seul électeur ait voté illégalement. Ce qui devrait mettre fin à cette théorie du complot et d’une fraude gigantesque et sans précédent.

Reste que la capacité de Donald Trump de mobiliser ces électeurs reste phénoménale. Dans les primaires présidentielles du printemps dernier – avant que la pandémie de COVID-19 suspende, dans les faits, la campagne – M. Trump n’avait pas d’adversaire et avait quand même réussi à amener aux urnes presque 130 000 électeurs au New Hampshire. Deux fois plus que Barack Obama ou George W. Bush dans les mêmes circonstances en 2016 et 2004. Pour une élection qui n’avait aucun enjeu réel, c’est proprement phénoménal.

Au cours des dernières années, lors des primaires républicaines, un seul tweet de M. Trump pouvait faire gagner un candidat qui avait ses faveurs ou faire perdre celui qui lui avait déplu.

Comment garder son influence?

La question est maintenant de savoir comment M. Trump pourrait garder son influence sur cet électorat alors qu’il ne sera plus à la Maison-Blanche.

Certains croient qu’il pourrait annoncer au cours des prochaines semaines qu’il sera candidat à l’élection présidentielle de 2024. Cela aurait pour effet de geler le bassin de candidats potentiels – des sénateurs comme Marco Rubio ou Ted Cruz ou des membres de son administration comme Mike Pompeo ou le vice-président Mike Pence – et de continuer à être le chef officieux du Parti républicain.

Donald Trump à contre-jour.

Donald Trump arrivera-t-il à se positionner en prévision de l'élection de 2024 ou subira-t-il le même sort que Sarah Palin?

Photo : Getty Images / BRENDAN SMIALOWSKI

Il pourrait aussi se passer d’une déclaration formelle de candidature et simplement laisser entendre qu’il pourrait être candidat en 2024, ce qui aurait à peu près le même effet : aucun des autres candidats potentiels n’oserait le contredire et s’aliéner ainsi une bonne partie des électeurs républicains.

Un mauvais perdant

Mais il y a une autre possibilité. Après tout, personne n’aime un perdant, et encore moins un mauvais perdant. Et dans quelques mois, après l’assermentation du président Biden, et quand les activités plus normales auront repris à Washington, il n’est pas certain que l’influence de Donald Trump reste intacte.

En fait, son histoire pourrait ressembler à celle de Sarah Palin, l’ancienne gouverneure de l’Alaska et candidate à la vice-présidence de John McCain en 2008. Malgré la défaite, elle était devenue la coqueluche de la droite américaine et la figure de proue du Tea Party. On l’invitait sur Fox News, elle était la vedette des conférences annuelles du Conservative Political Action Committee, la grand-messe conservatrice, et elle a même eu droit à sa propre téléréalité…

Elle avait bien des points communs avec le style Trump. On peut même dire qu’elle avait inventé les faits alternatifs avant la lettre. C’est elle qui avait soutenu qu’avec Obamacare la réforme de l’assurance maladie, des panels de la mort de fonctionnaires décideraient qui pourrait être soigné et qui ne le serait pas.

Elle a longtemps testé les eaux d’une possible candidature à la présidence avant de se rendre compte qu’une popularité qui a plus à voir avec celle d’une rock star que d’une candidate sérieuse ne se traduit pas en appuis tangibles.

Évidemment, la comparaison avec Donald Trump est loin d’être parfaite. Sarah Palin n’a jamais gagné quoi que ce soit sur la scène nationale. Mais son histoire illustre bien que la popularité, au sein de la droite américaine, peut être bien éphémère. Et, en définitive, ce sont les électeurs lors des primaires républicaines qui trancheront. Et on ne peut affirmer maintenant que ce sera en faveur de Donald Trump.

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