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De mystérieux clous sur la route entre Winnipeg et Saint-Adolphe inquiètent

Trois photos de clous, dont une photo où l'on voit un clou planté dans le pneu d'une voiture.

La présence récurrente de clous sur la route provinciale 200 exaspère les résidents des alentours de Saint-Adolphe, qui craignent pour leur sécurité.

Photo : Fournie / Marcel Lafortune

C’est une situation que les résidents des communautés au sud de Winnipeg n’arrivent pas à expliquer. Depuis plusieurs semaines, des clous apparaissent régulièrement sur la route provinciale 200 entre Winnipeg et Saint-Adolphe. Des automobilistes demandent aux autorités locales de remédier à ce qu’ils pensent être un acte de vandalisme.

Armé d’une balayeuse magnétique, Marcel Lafortune s’est donné comme mission de nettoyer la route pour ramasser les clous qui y apparaissent.

Tenue de travail orange fluorescent et casquette des Jets de Winnipeg vissée sur la tête, il a parcouru des dizaines de kilomètres en passant des heures pour ne pas rater le moindre petit bout de métal.

En une semaine, il souligne avoir ramassé l’équivalent d’un seau de 5 galons [18 litres], soit des milliers de clous.

Marcel Lafortune sourit, alors qu’il brandit sa balayeuse magnétique avec un clou accroché dessus.

Marcel Lafortune a passé de longues heures à retirer les clous de la route 200 à l'aide d'une balayeuse magnétique.

Photo : Radio-Canada / Mohamed-Amin Kehel

Ses efforts s'avèrent parfois vains, puisque certains jours, les clous reviennent par centaines, comme par magie. Selon cet habitant de Saint-Adolphe, la situation est devenue très inquiétante.

Il dit craindre pour la sécurité des automobilistes et surtout des motocyclistes, qui pourraient perdre le contrôle de leur véhicule. Heureusement qu’il n’y a pas eu d’accident pour l’instant, mais ça doit cesser, dit-il.

Je veux juste que personne ne soit blessé.

Marcel Lafortune, habitant de Saint-Adolphe

Pour remercier Marcel Lafortune de son engagement, une cagnotte a été créée et déposée à la station-service Esso du village.

Le propriétaire de la station, Christian Poirier, a lui aussi été victime des clous laissés sur la route 200. Il observe avec enthousiasme l’élan de solidarité qui s’est créé dans son commerce.

Les gens sont vraiment reconnaissants envers Marcel Lafortune et son travail et ils font des donations assez généreuses, affirme-t-il.

Alors que son entreprise de peinture est à l’arrêt avec la pandémie, cette initiative a ému l’Adolphin, qui dit être fier de faire partie d’une communauté si soudée.

Il assure néanmoins ne pas faire cela pour la reconnaissance ou l’argent et annonce d’ores et déjà qu’il n'utilisera la cagnotte que pour payer le matériel qu’il a acquis pour récupérer les clous et qu'il donnera le reste au centre pour personnes âgées de la municipalité de Ritchot.

Photo de la boîte de dons destinés à Marcel Lafortune.

Une cagnotte a été créée en remerciement du travail de Marcel Lafortune.

Photo : Radio-Canada / Mohamed-Amin Kehel

Une inquiétude et une colère grandissante

Marcel Lafortune ne croit pas à la thèse de l’accident, il estime que, pour avoir autant de clous qui reviennent aussi souvent, il y a de fortes chances que cela soit intentionnel, bien qu’il soutienne ne pas comprendre la motivation de ces actes.

Le maire de la municipalité de Ritchot, Chris Ewen, pense aussi qu'une ou plusieurs personnes sont responsables de l'épandage de clous sur la route.

Il explique que cette situation n’est pas nouvelle et que cela dure depuis 2018, mais que le problème s’est aggravé depuis l’été. Avant, c’était un incident tous les six mois, mais là, on voit cela une fois, voire deux fois, par jour, explique-t-il.

J'espérais que ce soit accidentel, mais c’est chaque jour. Donc, non, ce n’est probablement pas un accident.

Chris Ewen, maire de la municipalité rurale de Ritchot

La Gendarmerie royale du Canada et la police de Winnipeg travaillent sur ce dossier. Chris Ewen dit parler avec un agent winnipégois qui travaille tous les jours pour tenter de faire une arrestation, tandis que Marcel Lafortune avoue être rassuré par les rondes fréquentes de la GRC.

Devant l’absence de clous durant les trois derniers jours, il pense que la médiatisation de l’affaire et la présence des forces de l’ordre ont fait peur aux coupables.

Il espère donc que ces incidents ne se reproduiront pas, mais il reste vigilant et continue de scruter la route tous les jours.

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