•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La COVID-19 pourrait mettre en péril des décennies de travail sur le VIH/sida

Le Dr Julio Montaner, photographié en 2014 tenant un tableau montrant le déclin des nouveaux cas de sida en Colombie-Britannique de 1983 à 2013.

Le Dr Julio Montaner se dit inquiet et craint que des décennies de travail contre le sida soient compromises par la pandémie de COVID-19 (archives).

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Après la mise en place des restrictions liées à la pandémie de COVID-19, les taux de dépistage du VIH ont chuté et des patients ont eu du mal à accéder aux soins de santé. Une situation inquiétante, selon le Dr Julio Montaner, qui craint que les autorités sanitaires ne prennent du retard dans la lutte contre cette autre épidémie.

Les nouvelles infections par le VIH sont à leur taux le plus bas depuis que la maladie a frappé la Colombie-Britannique pour la première fois, selon le Dr Montaner, directeur général et médecin en chef du centre d'excellence sur le VIH/sida de la Colombie-Britannique à l'Hôpital St. Paul de Vancouver.

Au 1er décembre de l’année dernière, lors de la Journée mondiale du sida, le Dr Montaner a déclaré que l'épidémie de VIH/sida était terminée en Colombie-Britannique, les taux d’infection étant très bas. Cette année, malgré les craintes que les restrictions relatives à la COVID-19 ne nuisent à l’effort commun, la propagation du VIH a encore diminué.

Le Dr Montaner a joué un rôle déterminant dans la transformation des infections par le VIH d'une condamnation à mort en une maladie gérable. Maintenant, il s'inquiète que le succès auquel il a contribué en Colombie-Britannique ne se reproduise pas ailleurs.

Le reste du pays et le reste du monde prennent du retard, affirme-t-il.

Préoccupations et frustrations

En avril, après la mise en place des restrictions pour enrayer la propagation de la COVID-19, le Dr Montaner et d'autres étaient inquiets. Les taux de dépistage du VIH ont chuté et l'accès aux soins de santé est difficile.

Après quatre décennies de dur labeur pour éradiquer la pandémie de sida, c'était impensable, selon le Dr Montaner.

Et la situation pour mettre à mal la crise sanitaire qui fait rage en ce moment ne le rassure pas plus.

Maintenant, s'inquiète-t-il, nous avons gaspillé l'occasion de nous préparer à la deuxième vague de COVID-19 l'été dernier, alors que les nouvelles contaminations par le coronavirus étaient faibles.

Nous avons perdu notre temps cet été à célébrer notre succès sans assumer collectivement la responsabilité que nous avons d’être prudents, martèle-t-il. Je suis très préoccupé par la façon dont les choses se passent avec les fermetures et les confinements et la concurrence pour les ressources de soins de santé.

Le Dr Montaner s’inquiète que la Colombie-Britannique ne procède pas plus rapidement à la recherche des contacts, et qu'elle n'a pas étendu les tests ni mis en place des tests rapides pour lutter contra la pandémie actuelle. Autant d'approches qui ont fait la différence dans le contrôle du VIH, selon lui.

Nous ne semblons pas apprendre du passé, déplore-t-il. C'est très frustrant.

Avec les informations de Jodie Martinson.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !