•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un an après le décès de Guy Bastien, la famille attend toujours des réponses

Homme dans un lit avec un col cervical.

Guy Bastien, un résident du Centre d'hébergement Roland-Leclerc, souffrait d'une fracture du crâne et d'une hémorragie cérébrale. Il a succombé à ses blessures en novembre 2019.

Photo : Courtoisie famille de Guy Bastien

Pascale Langlois

Un an après le décès de son père, Marc Bastien attend toujours des réponses du Centre intégré de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ). Il avait retrouvé son père, Guy Bastien, âgé de 82 ans et atteint d’Alzheimer, dans son lit avec du vomi et saignant du nez. Il aurait eu une altercation avec l’agent de sécurité qui était chargé de sa surveillance.

C’est un cauchemar qui nous habite à tous les jours.

Marc Bastien

Plusieurs enquêtes ont été lancées au cours des derniers mois. En plus de l’enquête criminelle et celle du coroner, le CIUSSS MCQ avait promis une analyse interne ainsi que le Bureau de la sécurité privée. La famille Bastien attend toujours les conclusions.

Au lendemain du décès de Guy Bastien, le président-directeur général du CIUSSS MCQ, Carol Fillion, affirmait vouloir être transparent avec la famille. Marc Bastien assure n’avoir jamais été contacté par le CIUSSS MCQ.

Plus de formation pour les agents de sécurité

Marc Bastien et sa famille souhaitent apporter des solutions pour que la situation vécue par son père ne se répète jamais. De la bouche même du gardien, il l’a dit dans une autre communication, qu’il n’y a aucune formation pour ces personnes-là, soutient Marc Bastien.

Plusieurs agents nous ont raconté se sentir démunis, surtout face à des situations impliquant des personnes âgées vivant avec de la démence. Ils affirment n’avoir reçu aucune formation spécifique ou supplémentaire de leur employeur après celle qui est obligatoire pour obtenir leur permis.

Pour écouter l'entrevue de Marc Bastien à l'émission Toujours le matin, cliquez ici.

En réponse à une demande d’accès à l’information sur la formation des agents de sécurité en poste, le CIUSSS MCQ affirme que les agents de sécurité ne sont pas des employés de l’établissement; leurs formations sont assurées par leur employeur. Les mesures disciplinaires sont elles aussi assurées par l’employeur. Marc Bastien estime que le CIUSSS ne prend pas ses responsabilités en s’en remettant au sous-contractant.

Il faut distinguer deux catégories d’agents. D’un côté, les agents de sécurité sont employés par des compagnies privées. De l’autre, les agents d’interventions sont, eux, employés par le CIUSSS.

Aucun agent d’intervention ne travaille dans les CHSLD, contrairement aux agents de sécurité. Or, les dépenses liées à l’embauche de ces derniers est en augmentation constante depuis quelques années.

un tableau

Dépenses pour les agents de sécurité au CIUSSS de la Mauricie-Centre-du-Québec.

Photo : Radio-Canada

Conclusions de l’analyse interne

Le CIUSSS MCQ a complété son analyse interne. La communication des conclusions avec la famille a été retardée par la pandémie. Un rendez-vous devrait être pris au cours des prochains jours.

Depuis l’analyse, le CIUSSS affirme offrir plus systématiquement une formation sur les symptômes comportementaux et psychologiques de la démence au personnel travaillant dans les CHSLD.

L’organisation affirme également avoir bonifié l’outil d’accueil pour les agents de sécurité attitrés à la surveillance de personnes. Cet outil sert aux agents de sécurité à mieux connaître la personne qu’ils doivent surveiller.

Le CIUSSS affirme toujours faire appel aux agents de sécurité en dernier recours pour la surveillance de personnes. On souhaite que l’arrivée de nouveaux préposés aux bénéficiaires et aides de services puisse répondre à ce besoin.

Une voiture de police devant un bâtiment avec l'inscription «Centre d'hébergement Roland-Leclerc».

Guy Bastien est mort après un incident survenu au Centre d'hébergement Roland-Leclerc, à Trois-Rivières.

Photo : Radio-Canada / Pascale Langlois

Des milieux mieux adaptés

Marc Bastien croit qu’il faut plus de milieux adaptés aux personnes atteintes d’Alzheimer qui font de l’errance, appelés des îlots prothétiques. Tout est parti de là avec mon père l’an passé, explique Marc Bastien. Son père était dans un de ces îlots et alors que l’équipe croyait que son problème d’errance était réglé, il a été transféré pour laisser la place à un autre résident. C’est lors d’un épisode d’errance qu’il y aurait eu l’altercation.

Si Marc Bastien se réjouit que la pandémie apporte plus de préposés aux bénéficiaires dans les CHSLD, il déplore qu’il ait fallu de telles circonstances. Ça a ben l’air qu’il n’y avait pas assez de morts pour que ça change, laisse-t-il tomber.

La famille Bastien continue d’espérer une enquête publique du coroner.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !