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La nouvelle ministre des Forêts appelée à protéger les arbres anciens en C.-B.

Montage de deux photos, l'une montrant TJ Watt appuyé sur un grand arbre, l'autre sur sa souche.

TJ Watt, militant et photographe de l'Ancient Forest Alliance, s'appuie contre un vieux cèdre rouge avant et après une coupe forestière dans le sud de l'île de Vancouver à l'automne 2020.

Photo : TJ Watt/Ancient Forest Alliance

Radio-Canada

Des photos saisissantes ont été publiées cette semaine par un groupe de conservation qui fait pression pour que la province protège ce qui reste des arbres les plus grands et les plus anciens de la Colombie-Britannique.

L'Ancient Forest Alliance (AFA) demande à la nouvelle ministre des Forêts, Katrine Conroy, d’agir rapidement pour protéger les forêts anciennes. La députée de Kootenay-Ouest a été nommée ministre des Forêts, des Terres, des Opérations des Ressources naturelles et du Développement rural, jeudi, succédant à Doug Donaldson, qui ne brigue pas d'autre mandat.

Deux jours plus tôt, l'AFA a publié des photos d'énormes cèdres de l'île de Vancouver avant et après leur abattage dans le cadre d'un permis de récolte d'arbres approuvé par le gouvernement.

Le terme forêt ancienne ("old growth") en Colombie-Britannique fait référence aux arbres qui ont généralement 250 ans ou plus sur la côte et 140 ans ou plus à l'intérieur de la province.

Ces arbres sont importants pour les Premières Nations et l'environnement. Ils aident à assainir l'air et l'eau, stockent le carbone et abritent d'autres plantes et des animaux.

Ils sont également prisés par les bûcherons pour leur valeur monétaire.

Andrea Inness, une militante de l'AFA, affirme que la dernière série de photos prises par TJ Watt a été partagée des centaines de fois sur les réseaux sociaux, avec des commentaires de personnes demandant à la province de mettre fin à l’abattage de ces arbres emblématiques.

[Les gens] en ont assez de voir des photos comme celles-là, soutient Mme Inness.

En prenant la relève du portefeuille de la foresterie, Mme Conroy – qui a représenté Kootenay-Ouest pendant 15 ans et a été ministre du Développement de l'Enfance et de la Famille à partir de 2017 – a une orientation claire dans sa lettre de mandat permettant de donner aux défenseurs de l'environnement comme Mme Inness ce qu'ils veulent, mais peut-être pas à temps pour sauver les arbres qui restent.

TJ Watt devant une souche au milieu d'une coupe à blanc.

Cette souche de 4 mètres de diamètre soutenait un cèdre rouge ancien récemment abattu sur l'île de Vancouver.

Photo : TJ Watt/Ancient Forest Alliance

Le risque d'une « perte irréversible »

La lettre lui demande de mettre en œuvre les 14 recommandations de la revue stratégique sur les forêts anciennes. Celles-ci ont été annoncées en septembre par un groupe spécial qui a parcouru la province pendant des mois pour parler avec des défenseurs de l'environnement, des syndicats, des Premières Nations et le public. Il s'agissait de s'enquérir de l'importance écologique, économique et culturelle des arbres anciens et de leur intégration dans une nouvelle stratégie forestière.

La recommandation la plus urgente du groupe était de reporter la coupe des forêts anciennes les plus exposées au risque de perte irréversible de la biodiversité.

En présentant le rapport du panel, la province a annoncé la protection temporaire de 353 000 hectares de forêt dans 9 zones anciennes.

Des écologistes comme Mme Inness et Jens Wieting, un militant du Sierra Club de la Colombie-Britannique, étaient initialement contents de l’annonce, mais rappellent qu’un très petit nombre d'arbres anciens subsistent dans la province. Par conséquent, si des mesures plus drastiques ne sont pas prises immédiatement, très peu de ces arbres pourraient être encore debout lorsque la province élaborera une nouvelle stratégie forestière.

Un cabinet d'experts-conseils en écologie indépendant a utilisé des données provinciales au printemps pour déterminer que si les forêts anciennes représentent environ 23 % des zones boisées de la province – soit environ 13,2 millions d'hectares –, moins de 3 %, soit environ 400 000 hectares, soutiennent de grands arbres anciens.

Le Sierra Club de la Colombie-Britannique estime que plus de 140 000 hectares de forêts anciennes sont exploités chaque année en Colombie-Britannique.

Nous connaissons tous les données maintenant, nous savons tous que l'exploitation forestière des vieilles forêts doit prendre fin, martèle Mme Inness. Le gouvernement a juste besoin d'écouter et de commencer à agir.

De l’argent requis

M. Wieting et Mme Inness estiment que la province devrait dépenser environ 1 milliard de dollars pour mettre en œuvre les 14 recommandations de la revue stratégique. Celles-ci comprennent la participation des dirigeants autochtones aux décisions futures et la déclaration de la conservation de la santé des écosystèmes et de la biodiversité comme une priorité absolue pour la province.

Cela devrait inclure de l'argent pour aider les Premières Nations à évaluer les ressources sur leurs terres et à s'éloigner de l'exploitation des vieux arbres. Des gestes que l’union des chefs indiens de la Colombie-Britannique souhaite voir se réaliser.

Pendant des années, le gouvernement a permis un système débilitant et dangereux qui efface la valeur culturelle irremplaçable des forêts anciennes, ne voyant pas les immenses racines que ces arbres anciens et géants ont établies dans nos communautés de Premières Nations pour soutenir nos cultures et nos moyens de subsistance, mais plutôt la valeur pécuniaire de ces arbres qui doit être exploitée à court terme, déplorait le grand chef Stewart Phillip dans un communiqué en octobre.

Un soutien financier sera également nécessaire pour les collectivités qui dépendent de l'exploitation des forêts anciennes à mesure qu'elles s'en éloigneront, ce qui pourrait être difficile étant donné que la province est confrontée à un déficit de plus de 12 milliards de dollars en raison de la pandémie.

À l'époque où elle était députée de l'opposition, Mme Conroy a souvent défendu les communautés forestières qu'elle représente, affirmant que les libéraux auraient dû en faire davantage pour obtenir des taux de coupe équitables, réformer la gestion forestière et encourager le reboisement pour aider à maintenir la viabilité de l'industrie.

Invitée à faire part de ses commentaires, la nouvelle ministre n'a pas répondu avant la publication de cet article.

Avec les informations de Chad Pawson.

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