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Manifestations anti-masque : résultat d’une mauvaise communication, dit un chercheur

Un homme porte le masque de Guy Fawkes qui est de couleur blanche avec des sourcils et une moustache finement dessinés.

Des centaines de personnes ont manifesté devant l'hôtel de ville de Calgary samedi 28 novembre. Aucune amende n'a été remise.

Photo : Radio-Canada / Helen Pike

Radio-Canada

Alors que l’Alberta enregistrait son taux de contamination le plus élevé, plus de 200 personnes ont manifesté dans les rues de Calgary samedi pour protester contre le port obligatoire du masque et les autres mesures sanitaires anti-COVID-19.

Ces manifestations ont lieu toutes les semaines depuis des mois et pas seulement en Alberta.

À Québec, des centaines de manifestants de différentes villes se sont rendus à l’Assemblée nationale pour les mêmes raisons que ceux de Calgary.

Voir qu'il y a un groupe de personnes dans la population canadienne qui est contre le port du masque, et dire que cela porte atteinte à leur liberté, c'est prendre ce mot hors de son contexte, déclare l’expert en santé publique.

Selon lui, c'est en fait une insulte à tous les héros des droits civiques qui se sont battus pour la liberté.

Quand nous regardons le mot ''liberté'', nous parlons du retrait des droits des personnes (...) on n'est pas autorisé à boire et à conduire sans aucune conséquence, n’est-ce pas? Tout a une conséquence.

Sajjad Fazel, chercheur en santé publique à l'Université de Calgary.

Sajjad Fazel fait partie d’une équipe de chercheurs en politique publique et de scientifiques qui étudient la désinformation sur la COVID-19. Leur objectif est de recommander des façons d’enrayer la propagation des fausses nouvelles.

D’ailleurs, certaines pancartes vues lors de la manifestation de samedi, qui a aussi attiré des membres de groupes suprémacistes blancs, ont relayé ces fausses nouvelles.

L’une d’elles affirmait que le vaccin allait changer l’ADN, une autre assurait que les masques provoquent des infections fongiques.

Selon l’expert, ces manifestations démontrent que le message en santé publique manque de clarté. Il suggère plus de discussions sur la santé et la science tout en tentant de comprendre la position de ceux qui sont contre les mesures sanitaires.

La désinformation n'est pas qu’un lot de mensonges, c'est un mélange de vérité et de mensonges.

Sajjad Fazel, chercheur en santé publique à l'Université de Calgary.

Une chose que je dis toujours aux gens, c'est de ne pas regarder ce qu'un médecin, un scientifique, un chercheur voit, mais de regarder l'ensemble de la science et de sa littérature, explique M. Fazel.

Une des manifestantes est l’avocate Doris Reimer. Elle n'hésite pas à souligner son désaccord avec les politiques du gouvernement. Ils violent nos droits encore et encore et encore, lance-t-elle.

Elle ajoute ne pas s’être informée sur les nouvelles restrictions imposées par la province, mais selon elle ces restrictions créent des tensions entre les familles.

Decrypteurs. Marie-Pier Élie, Jeff Yates, Nicholas De Rosa et Alexis De Lancer.

De son côté, Chris Haskett se dit inquiet d'un possible abus, par le gouvernement, du droit d'imposer des amendes aux contrevenants afin de générer une nouvelle source de revenus.

Ceux qui enfreignent les règles pourraient être passibles d'une amende de 1000 $ et d'un maximum de 100 000 $ devant les tribunaux.

Je ne vois pas l'intérêt de condamner les gens, de les humilier publiquement et de leur infliger une amende pour avoir exprimé leur opinion, lance-t-il.

Aucun manifestant n’a reçu d’amende samedi, alors que les rencontres extérieures de plus de 10 personnes sont interdites.

Des manifestants affirment que le message des pouvoirs publics manque de transparence et de consistance. C'est également l'opinion de Sajjad Fazel.

Je suis désolé de le dire, mais cela n'aide pas d'avoir des politiciens et des dirigeants politiques qui n'adhèrent pas aux recommandations de santé publique, qui ne soutiennent pas pleinement les recommandations de santé publique, souligne-t-il.

Cela renforce encore la croyance des gens en [la désinformation].

L’expert affirme aussi que les sanctions restent un outil important, en particulier avec la deuxième vague.

C'est comme s’il n'y avait pas de conséquence pour quelqu'un en état d'ébriété au volant. Je crois qu'il doit y avoir des conséquences si on enfreint les ordres de santé publique, surtout à cette échelle, conclut-il.

Le ministre de la Justice de l'Alberta, Kaycee Madu, a déclaré, vendredi, que la police utilisera son libre arbitre pour décider de la façon d'appliquer les mesures de santé, mais qu'il s'attend à ce que ceux qui enfreignent les règles en vigueur soient tenus responsables.

La police de Calgary écrit qu'elle surveillera les manifestations pour s'assurer que tout le monde est en sécurité.

Les participants à ces événements font l'objet d'une enquête.

Police de Calgary

Nous ferons tout notre possible pour jouer notre rôle dans l'application de la loi, mais notre objectif principal est de demander une conformité volontaire et d'éduquer le public sur les restrictions, peut-on lire dans le courriel.

Le courriel rappelle que la police est responsable de l'application des restrictions obligatoires liées à la COVID-19.

Avec des informations de Sarah Reiger

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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