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Les effets néfastes du « doomscrolling »

The image displays an upset girl sitting in the dark while using her smartphone. The light from the screen is illuminating her face.

L'année 2020, particulièrement riche en mauvaises nouvelles, a été un terrain fertile pour le «doomscrolling».

Photo : getty images/istockphoto / Moore Media

Radio-Canada

Le « doomscrolling » est un néologisme anglais qui décrit la tendance des internautes à consommer une procession sans fin de nouvelles négatives en ligne, un phénomène qui inquiète les spécialistes en santé mentale, surtout en cette année 2020 qui n’a épargné personne.

Plusieurs études ont démontré le lien entre la consommation abusive de mauvaises nouvelles et la dépression, le stress et l’anxiété, comme le rapporte ABC News.

Une étude réalisée en 2014 aux États-Unis, peu de temps après les attentats du marathon de Boston, a conclu que les personnes qui consommaient plus de six heures de nouvelles par jour avaient neuf fois plus de chances de ressentir des symptômes de stress aigu que celles qui avaient regardé un minimum de nouvelles.

Une étude semblable axée sur la télévision avait déjà été réalisée en 2001, après les attaques terroristes du 11 septembre 2001 aux États-Unis. Un constat semblable avait été dégagé : les personnes qui s’étaient le plus exposées aux chaînes de nouvelles dans les semaines suivant les attentats montraient plus de symptômes de stress post-traumatique dans les deux ou trois années suivantes.

2020, une année à part

L’un des spécialistes derrière l’étude de Boston a affirmé qu’il était difficile de comparer l’année 2020 aux années antérieures en raison du volume impressionnant de mauvaises nouvelles qui ont dominé les médias.

Nous avons eu tellement de nouvelles, de la COVID-19 à l’effondrement de l’économie en passant par la prise de conscience majeure sur l’injustice raciale [aux États-Unis], le tout combiné à des ouragans et à des feux de forêt, affirme Roxane Cohen Silver, psychologue de recherche à l’Université de Californie. Il est clair que l’élection [présidentielle du 3 novembre] a ajouté une couche de stress.

Il est encore trop tôt pour savoir si les effets de la navigation compulsive auront été amplifiés en cette période particulièrement sombre, mais de futures études pourront se pencher sur la question avec plus de recul.

Au flot de mauvaises nouvelles s’ajoute un niveau d’incertitude particulièrement élevé en 2020. Tout est indéfini et incertain en ce moment, affirme Graham Davey, professeur émérite à l’Université du Sussex, au Royaume-Uni. Cela, en soi, est quelque chose que les gens trouvent exceptionnellement stressant.

C’est ce que les psychologues appellent l’intolérance à l’incertitude, un phénomène qui, selon Davey, peut vite se transformer en cercle vicieux. Il y a beaucoup de gens en 2020 qui savent que de suivre les nouvelles est une source de stress et d’anxiété, mais qui ne peuvent s'empêcher de le faire, parce qu’ils veulent savoir ce qui se passe.

Selon Roxane Cohen Silver, la situation a aussi été empirée par le fait que toutes ces crises se sont déroulées presque simultanément, laissant peu de répit aux gens pour prendre le temps de s’en remettre.

Prendre de bonnes habitudes

Malgré tout, les internautes peuvent prendre des mesures pour se protéger contre les effets néfastes de la consommation excessive de nouvelles.

Regardez les nouvelles une seule fois par jour. Je crois qu’il est mieux de ne pas le faire le matin, parce que cela pourrait assombrir le reste de votre journée, suggère Judith Andersen, psychologue à l’Université de Toronto.

Elle propose aussi de privilégier les sources crédibles et bien établies, en évitant les nouvelles trompeuses ou sensationnelles.

Nous ne recommandons pas aux gens de se mettre la tête dans le sable; nous leur suggérons simplement de surveiller le volume de nouvelles qu’ils consomment, et la fréquence à laquelle ils le font, dit la psychologue.

Avec les informations de ABC News

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