•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La pandémie exacerbe la violence conjugale au Canada

Les maisons d'hébergement pour femmes au pays ont constaté une escalade de la gravité de la violence, selon un récent rapport national.

Le poing d'un homme avec la silhouette floue d'une femme derrière.

Le confinement qui découle de la pandémie de coronavirus est un facteur aggravant de la violence conjugale, selon certains experts.

Photo : iStock

Le nombre de cas de violence domestique est en augmentation, selon un récent rapport national.

Alors que les 16 jours d'activisme contre la violence fondée sur le sexe viennent tout juste d'être lancés, des organismes qui viennent en aide à ces femmes tirent la sonnette d'alarme.

Il y a eu de la violence conjugale et à la suite de cet épisode j'ai pris mes enfants et je suis partie me réfugier avec eux en maison d'hébergement.

Une citation de :Mona, survivante de violences conjugales

Des histoires comme celles de Mona (nom fictif), il y en a des milliers chaque année. Radio-Canada a protégé son identité pour sa sécurité.

Pour écouter le témoignage complet de Mona : une femme du Nord de l'Ontario témoigne

Un crime violent sur quatre signalé à la police est un cas de violence conjugale, selon Statistique Canada.

La première chose qu'un conjoint violent va faire, c'est isoler sa conjointe, isoler ses enfants de leurs réseaux sociaux. Alors, la pandémie était un terreau fertile, explique Manon Monastesse, directrice de la Fédération des maisons d'hébergement pour femmes.

Manon Monastesse

Manon Monastesse, directrice de la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Une augmentation des cas de violence

Dans son plus récent rapport, Hébergement femmes Canada indique que, sur les plus de 550 maisons d'hébergement que l'organisation soutient, la majorité (59 %) ont signalé une diminution des appels au début de la pandémie.

Mais dès lors que les mesures de confinement se sont relâchées, plus de la moitié de ces maisons (61 %) ont vu le nombre d'appels bondir.

Les appels à la police pour violence domestique ont aussi augmenté et une femme sur dix disait craindre des violences selon Statistique Canada, ajoute Andrea Gunraj, vice-présidente en engagement du public à la Fondation canadienne des femmes.

Toujours dans ce rapport, une maison d'hébergement sur deux a constaté une augmentation de la gravité de la violence subie par les femmes. Il s'agissait en particulier de coups de couteau, d'étranglements et de fractures.

une femme aux cheveux bouclés noirs

Andrea Gunraj, vice-présidente en engagement du public à la Fondation canadienne des femmes

Photo : Radio-Canada

L'autre difficulté a été de s'adapter pour rejoindre ces femmes et qu'elles puissent nous contacter en toute sécurité, ajoute Mme Gunraj.

Manon Monastesse a remarqué que celles-ci les contactaient principalement par les médias sociaux, Facebook, Twitter ou courriel.

Pendant la première vague nous sommes aussi allées dans les pharmacies et les supermarchés pour mettre des affiches avec des numéros de téléphone pour nous rejoindre et aussi demander aux travailleurs de ces services de leur fournir un téléphone si nécessaire, précise-t-elle.

Plus de la moitié des maisons d'hébergement ont dû réduire leur capacité d'accueil pour répondre aux nouvelles normes sanitaires et près de 80 % d'entre elles ont rapporté avec des problèmes pour garder leur personnel.

Une femme sourit à la caméra

Jeanne Françoise Mouè dirige le seul refuge pour femmes francophones à Toronto.

Photo : Radio-Canada

Jeanne-Françoise Mouè est directrice de la Maison d'hébergement pour femmes francophones à Toronto. Elle explique avoir perdu du personnel durant la pandémie. Ce n'était pas facile avec les écoles fermées, pas de garderies et nous avons principalement des femmes, dit-elle.

Malgré tout, les appels de détresse n'ont pas cessé et son centre est resté plein.

Alors on essayait de voir quels outils donner aux femmes qui nous appelaient, de trouver à l'intérieur de toutes ces restrictions au sein de leur maison comment elles pouvaient mettre certaines stratégies en place pour créer une bulle pour respirer.

Deuxième vague et reconfinement

Avec les reconfinements, les organismes craignent le pire et demandent au gouvernement de mettre en place un plan d'action national pour venir à bout de ce fléau.

Québec est la seule province qui a une politique, mais il n'y a pas de plan d'action nationale et ça, pour nous, c'est extrêmement important, parce que le fédéral doit avoir un certain leadership. Alors bien sûr qu'il y a un enjeu au niveau de notre Constitution, au niveau de la juridiction, de ce qui revient aux provinces, mais le fédéral peut tout de même avoir un plan d'action.

Une citation de :Manon Monastesse, directrice de la Fédération des maisons d'hébergement pour femmes

Un plan d'action national sur la violence sexiste est quelque chose que beaucoup de défenseurs demandent depuis de nombreuses années, dit Andrea Gunraj.

Elle rappelle aussi le signe de la main pour appeler à l'aide. Il suffit de mettre le pouce dans la paume de sa main et de fermer son poing. Un geste silencieux qui peut sauver des vies.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !