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Pédaler à travers le Canada pour sensibiliser à la sécurité des cyclistes

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Un cycliste pose sur le trottoir

Louis-Joseph assure qu'il n'a pas froid malgré les températures qui frisent zéro degré.

Photo : Radio-Canada / Kassandra Nadeau-Lamarche

Un cycliste de Québec affronte les tempêtes et les kilomètres pour porter un message d’un bout à l’autre du Canada. Récemment endeuillé lorsqu'une amie a perdu la vie à vélo, Louis-Joseph Couturier veut que cette mort « absurde » soit la dernière sur nos routes.

Ce natif de Québec est mû par la conviction que chaque décès d’un cycliste, sur nos routes, est évitable, et qu’il ne tient qu’à nous de changer le bilan routier.

Depuis 2014, entre 8 et 11 cyclistes sont morts chaque année sur les routes du Québec, selon les données de la SAAQ.

L’an dernier, 8 cyclistes ont perdu la vie.

Quand quelqu’un meurt en vélo, c’est chaque fois absurde, dit-il en entrevue à Radio-Canada. Nous avons fait le choix de concevoir nos villes en fonction des autos. Nous pouvons repenser cette façon d’envisager nos routes.

La mort récente d’une amie à vélo l’a incité à entreprendre son parcours malgré l’hiver canadien à nos portes.

J’ai pris conscience de ma propre vulnérabilité et j’ai eu envie de changer les choses.

Louis-Joseph Couturier, aventurier et cycliste

Louis-Joseph Couturier note que la volonté de la Ville de Québec, qui veut réduire la limite de vitesse de 50 à 30 km/h dans les quartiers résidentiels à l’horizon 2021, arrive tard.

Il faut changer la limite maintenant, croit Louis-Joseph Couturier. On sait qu’à 30 km/h, les piétons et les cyclistes ont 90 % de survie en cas de collision.

Lorsqu’une voiture entre en collision avec un cycliste ou un piéton à 50 km/h, la probabilité que ce dernier en meure s'élève à 75 %.

Dès que la vitesse d’impact atteint 70 km/h, les risques de décès frôlent les 100 %, rapporte la SAAQ.

Axe cyclable

Louis-Joseph Couturier aimerait aussi qu’un axe cyclable est-ouest, complètement séparé de la circulation automobile, traverse la Ville.

C’est dans l’espoir de sensibiliser la population à cet enjeu que le cycliste a quitté Gaspé, le 14 novembre. Sa destination : Vancouver, située de l’autre côté du Canada, 5250 km plus loin.

Il prévoit toucher l’océan Pacifique à la mi-février ou au début mars.

Je roule en moyenne 100 km par jour, explique-t-il. Je me réveille généralement à 4 h pour commencer à rouler la nuit, au moment où le trafic n’est pas encore trop important.

Pour dormir, il plante sa tente sur les terres publiques qu’il rencontre.

Sans la pandémie, j’aurais peut-être sollicité davantage l’hospitalité le long de la route. Mais en raison de la crise, je ne peux pas vraiment le faire.

Louis-Joseph Couturier, aventurier et cycliste

Des milliers de km à vélo

Louis-Joseph Couturier n’en est pas à ses premiers coups de pédale. Par le passé, il a parcouru l’Afrique de long en large, toujours à vélo, lors d'une épopée de quelque 8000 km.

Il espère aujourd'hui amasser 20 000 $ pour l’organisme Vélo Fantôme, qui érige une bicyclette peinte en blanc à chaque endroit où un cycliste perd la vie.

C’est un peu comme les croix placées en bordure des routes sur le théâtre d’un accident mortel. Vélo Fantôme pose un geste symbolique de solidarité avec les familles, mais aussi politique. Les vélos blancs sont une façon de faire pression sur les gouvernements pour qu’ils changent les choses.

Louis-Joseph Couturier, aventurier et cycliste

Louis-Joseph Couturier espère que d’un bout à l’autre du Canada, son périple saura pousser les Canadiens à exiger à leur tour des routes plus sécuritaires pour les cyclistes.

Cette campagne arrive à point selon le porte-parole de l'organisme Vélo Fantôme, Laurent Deslauriers. Les dons permettront à l'organisme d'étendre ses activités.

Ça fait des années qu'on veut développer Vélo Fantôme, qu'on veut le développer aux piétons aussi, parce qu'il y a beaucoup de piétons qui meurent sur les routes. On veut l'étendre à tout le Québec. Donc c'est un excellent timing. Ce ne sera pas possible de faire tout ça sans financement , explique-t-il.

Avec les informations de Kassandra Nadeau-Lamarche

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