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Les expériences sur les animaux moins nombreuses à l'UBC, plus nombreuses au Canada

Une souris blanche, sur une table, maintenue par la main gantée d'un scientifique.

Des millions d'animaux, dont une majorité de rongeurs, sont utilisés chaque année au Canada pour des expériences parfois douloureuses.

Photo : iStockphoto

L’Université de la Colombie-Britannique (UBC) a utilisé 11 % moins d’animaux pour conduire ses activités de recherches en 2019 par rapport à l’année précédente. L’institution a révélé ces données la semaine dernière dans un rapport applaudi pour sa transparence, mais qui met en lumière le chemin qui reste à faire selon des organisations de protection des animaux.

L’UBC est l’une des rares universités au pays à publier ce genre d’informations.

C’est une chose courageuse à faire et ça aide vraiment à rendre des comptes au public, affirme Elisabeth Ormandy, directrice de la Society for Humane Science. Cet organisme sans but lucratif basé à Vancouver est voué à la promotion de meilleures pratiques scientifiques qui ne nécessitent pas d’animaux.

Le nombre d’animaux utilisés pour la recherche à l’UBC - en majorité (56 %) des rongeurs - est passé de près de 170 000 en 2018 à un peu plus de 150 000 en 2019. Un progrès qui s’inscrit à contre-courant de la tendance dans le reste du pays.

Les données nationales montrent en fait une augmentation de 19 % de l'utilisation des animaux entre 2018 et 2019, déplore Mme Ormandy, se référant aux chiffres du Conseil canadien de protection des animaux (CCPA), qui ne fait pas de distinction entre les établissements.

Radio-Canada a contacté d’autres grandes institutions de recherche du pays pour savoir pourquoi elles ne publient pas leurs données comme le fait l'UBC. L’Université de Toronto indique par courriel qu’un tel exercice est en cours d'examen. L’Université de Montréal nous redirige vers le CCPA, et l’Université McGill n’a pas répondu à notre demande.

L'UBC est très attachée à ce que nous appelons les trois R : la réduction, le remplacement et le raffinement du travail avec les animaux, explique Ian Welch, vétérinaire et directeur des soins aux animaux à l’UBC.

Il y a beaucoup de pression, je pense que c'est un mot juste à utiliser, sur les universités, les institutions et les chercheurs pour trouver des modèles non animaux, explique-t-il. Et je pense que la réduction du nombre est en partie reflétée par cela.

Si certains animaux peuvent trouver un refuge après leur passage au laboratoire, M. Welch précise que la vaste majorité d’entre eux est euthanasiée.

Du chemin à faire

Le CCPA indique qu’en 2019, plus de 4,5 millions d’animaux ont été utilisés pour de la recherche scientifique par des établissements certifiés au pays. Si toutes les universités doivent être certifiées pour obtenir des fonds du gouvernement fédéral, les laboratoires privés n’ont pas cette obligation.

L’un des problèmes avec ce nombre, le plus élevé de l’histoire, selon la Society for Humane Science, c’est donc qu’il est forcément incomplet : il n’y a aucun moyen de savoir combien d’animaux ont été utilisés pour la recherche en dehors des établissements certifiés.

Ces animaux utilisés par des établissements non certifiés ne bénéficient pas des standards de soins imposés par le CCPA. Nous n’avons pas de loi au Canada qui protège spécifiquement les animaux utilisés en science, dénonce Sara Dubois, la directrice scientifique de la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA) de la Colombie-Britannique.

Douleur au-dessus du seuil de tolérance

Les expériences sur les animaux dont font état le CCPA et l’UBC sont classées par degrés d’invasivité, allant de la catégorie B - qui causent un stress mineur ou une douleur de courte durée - à la catégorie E - qui causent de la douleur intense égale ou au-dessus du seuil de tolérance de la douleur chez des animaux éveillés non anesthésiés.

L’UBC n’a fait état d’aucun animal utilisé pour une expérience de catégorie E depuis 2015, une bonne nouvelle, selon Elisabeth Ormandy. Elle aimerait cependant voir une diminution du nombre d’animaux utilisés pour des expériences de catégorie D - qui causent une détresse ou un inconfort modéré(e) à intense.

Même s'il y a eu une diminution entre 2018 et 2019 pour cette catégorie [...] on constate toujours que la majorité des animaux sont dans la catégorie D, observe-t-elle.

À l’échelle du Canada, la plus grande part des expériences subies par les animaux dans les établissements certifiés par le CCPA en 2019 était de catégorie B. L’agence relève toutefois que plus de 150 000 animaux ont été utilisés dans des expériences de catégorie E pour cette même année.

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