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Aînés à Noël : favoriser des sorties plutôt que trop de visites dans les résidences

Un sapin de Noël dans une salle à manger où se trouve des aînés.

La pandémie de COVID-19 bouleverse le temps des Fêtes 2020.

Photo : Radio-Canada

La Presse canadienne

Les résidences privées pour aînés ont une très courte liste de souhaits pour Noël : laissez sortir les personnes âgées, mais limitez les visites dans leurs milieux de vie, sinon le 25 décembre sera « épouvantable ».

C'est ce que demande le Regroupement québécois des résidences pour aînés (RQRA) en vue des quatre jours de rassemblement autorisés par la Santé publique, du 24 au 27 décembre.

Le gouvernement Legault doit publier incessamment un guide de recommandations pour le temps des Fêtes destiné à ce type de résidences pour aînés et le RQRA a formulé des propositions à cet égard.

Il faut protéger les milieux de vie, mais donner de la liberté aux individus. On aime mieux privilégier une sortie que de privilégier six familles qui viennent voir leur mère.

Yves Desjardins, président du RQRA

Surveiller les entrées plutôt que les sorties

Les éclosions sont extrêmement difficiles à contrôler et à résorber dans ce type d'établissement. Les données des dernières semaines sont inquiétantes, reconnaît M. Desjardins : pas moins de 120 résidences privées pour aînés luttent actuellement contre des éclosions.

Il est ainsi beaucoup plus facile de contrôler les accès dans les résidences que de contrôler les sorties, explique M. Desjardins. Il ajoute toutefois qu'on ne peut totalement interdire les visites, puisque beaucoup des résidents ont une mobilité réduite.

Tout le monde attend cette bouffée d'air. Si on l'interdit, ce sera l'émeute.

Yves Desjardins, président du RQRA

Des règles strictes attendues

Québec doit cependant donner des consignes claires pour limiter le nombre de visiteurs. Beaucoup de familles ne viennent visiter leurs proches en résidences que le 25 décembre.

C'est la journée la plus achalandée de l'année dans ces établissements, a indiqué Yves Desjardins. Donc pour éviter les désordres, il faut des règles strictes, sinon le 25, ça va être épouvantable, anticipe le porte-parole du RQRA.

Les visiteurs seront de mauvaise humeur et vont crier : "Laissez-nous entrer! Mêlez-vous de vos affaires! Tasse-toi!" Je vous le dis, il y en a qui sont vraiment ... une résidente a déjà dû appeler la police. À un moment donné, les menaces, ça va faire.

Relâchement

Concernant la hausse récente des cas et des éclosions dans les résidences pour personnes âgées, le RQRA reconnaît que, dans certaines d’entre elles, on a peut-être un peu baissé la garde étant donné que la situation semblait stable au début de la deuxième vague.

Il y a peut-être eu un relâchement, a admis M. Desjardins. Des gens se sentaient en sécurité. Quand bien même que je dirais que tout le monde fait attention, ce n'est pas vrai.

Il y a 140 000 aînés et 40 000 travailleurs en résidences, ce n'est pas vrai que je peux affirmer qu'il n'y a pas eu de relâchement, car les enquêtes épidémiologiques le révèlent.

Yves Desjardins, président du RQRA

Ses membres sont désormais sur le qui-vive et la plupart en font même plus que ce que requièrent les autorités de la santé publique.

Nous sommes inquiets, mais on n'appuie pas tout de suite sur le bouton d'urgence, a commenté M. Desjardins. C'est très concentré dans des endroits précis.

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