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Un projet sur les noms de lieux gwich’in reçoit le Prix d’histoire du Gouverneur général

Un groupe de personnes est penché sur une carte près d'un lac.

Ingrid Kritsch, vue ici en 1996 en train de regarder une carte avec un aîné gwich'in, a contribué à documenter les noms de lieux des Gwich'in et créer un inventaire des sites du patrimoine.

Photo : Conseil tribal des Gwich'in

Radio-Canada

Plus de 70 aînés Gwich’in du Yukon et des Territoires du Nord-Ouest ont aidé à réaliser ce projet qui vient d’être distingué et qui documente les noms de lieux et les regroupe sur un site Internet.

Le projet Gwich'in Goonanh'kak Googwandak : The places and names of the Gwich'in a reçu le Prix d'histoire du Gouverneur général pour l'excellence en programmation communautaire.

Grâce à la collaboration de 74 aînés, les noms de lieux traditionnels gwich’in sont, depuis 2015, répertoriés pour la postérité dans un atlas (Nouvelle fenêtre) et des cartes (Nouvelle fenêtre) accessibles en ligne.

Ce projet a aussi accéléré la reconnaissance officielle des noms de lieux gwich'in, puisque selon Sharon Snowshoe, directrice de la culture et du patrimoine du Conseil tribal des Gwich'in, à ce jour, le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest a accepté et approuvé 414 noms de lieux gwich'in, tandis que le gouvernement du Yukon en a approuvé 60 sur les 237 qui ont été soumis.

Le site du gouverneur général pour le prix indique que le projet représente également un legs important pour les générations à venir et une source d’inspiration pour d’autres communautés autochtones qui cherchent à faire connaître officiellement leurs noms de lieux traditionnels.

Les prémices

Lorsque Alestine Andre et Ingrid Kritsch ont commencé à travailler sur un petit projet archéologique à Tsiigehtchic, dans les Territoires du Nord-Ouest, avec Jean-Luc Pilon pour le Conseil tribal des Gwich'in en 1992, afin de recenser les noms de lieux gwich'in, les aînés leur ont demandé de l'étendre à toute la région de peuplement gwich'in.

Ces derniers s'inquiétaient que lentement, les noms traditionnels de ces lieux tombent dans l’oubli.

Une carte présentant des noms de lieux en gwich'in.

Un détail de la version PDF de la carte des noms de lieux traditionnels gwich'in. Un atlas interactif en ligne a été lancé en 2015.

Photo : Institut social et culturel gwich'in

Le groupe a accepté et a alors parcouru toute la région de peuplement des Gwich'in dans les deux territoires canadiens, travaillant avec des dizaines d’aînés et d'utilisateurs traditionnels des terres pour documenter les noms et créer un inventaire des sites patrimoniaux.

Ils ont beaucoup voyagé à cette époque avec les aînés. Ils faisaient des excursions en bateau ou en motoneige et faisaient simplement des recherches avec les aînés, se remémore Sharon Snowshoe.

L'atlas en ligne montre les différents lieux de la région de peuplement des Gwich'in et prononce leur nom lorsque l'utilisateur passe sa souris dessus.

Lorsque l'utilisateur se sert de la fonction de recherche du site web pour trouver des lieux, il accède au contexte dans lequel le lieu a été désigné de la sorte.

Les histoires derrière les noms

L'un des favoris de Sharon Snowshoe est la rivière Vittrekwaa qui signifie [rivière] ne pleurez pas, dit-elle.

Elle explique que Neil Colin, un aîné bien connu de la communauté, décédé il y a quelques années, racontait que le Old Vittreekwaa pleurait tout le temps, jour et nuit, après sa naissance.

Lui et ses parents passaient par ce qui s'appelle maintenant la rivière Vittrekwa. Les parents du Old Vittreekwaa, en voyant un guérisseur, lui ont demandé de l'aide. Le guérisseur leur a dit : En ce moment, j'appelle ce lieu "la crique qui ne pleure pas". Et juste là, l’enfant s'est arrêté de pleurer, conte Mme Snowshoe.

Deux personnes sont assises dans un champ.

Alestine Andre a travaillé sur le projet de lieu gwich'in. On la voit ici en train d'interviewer son père, Hyacinthe Andre, en 1993, à propos des lieux nommés autour de Nihtavan Diniinlee.

Photo : Conseil tribal des Gwich'in

Sharon Snowshoe pense aussi que le projet communautaire est très précieux, car il utilise la langue et apprend aux jeunes à apprendre le nom des lieux et l'histoire qui se cache derrière. Il s’agit d’un cadeau des anciens aux jeunes, dit-elle.

La reconnaissance du projet vient aussi récompenser un travail de longue haleine.

Ça en dit long sur le travail d'équipe et le pouvoir que peuvent avoir des gens de différents horizons et compétences qui se rassemblent autour d'un objectif commun, afin de s'assurer que les connaissances des Gwich'in comme celles-ci sont partagées et perdurent dans le futur, déclare la pionnière Ingrid Kritsch.

Avec des informations de Michel Proulx et Wanda McLeod

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