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La pandémie, une double peine pour les organismes sans but lucratif

Le véhicule de La Boussole dans un quartier défavorisé de Vancouver.

La Boussole a acquis son véhicule grâce à la générosité de la communauté francophone de la Colombie-Britannique.

Photo : La Boussole

Des organismes qui dépendent des campagnes de collectes de fonds enregistrent des pertes de revenus avec les restrictions imposées par la pandémie qui les obligent à solliciter la générosité des Britanno-Colombiens principalement sur les plateformes numériques.

La Colombie-Britannique compte plus d'un millier d'organismes sans but lucratif et de bienfaisance, un secteur diversifié qui génère des milliards de dollars chaque année.

Ces organisations comblent souvent les lacunes dans les communautés mal desservies, fournissant des services aux personnes démunies, âgées ou handicapées, mais aussi aux animaux vulnérables.

Du présentiel au virtuel

Habituellement, l'organisme La Boussole organise des événements pour venir en aide à ses clients. Pendant la période de Noël, le centre communautaire tient généralement des collectes de fonds et de denrées dans les écoles. Cependant, la pandémie de la COVID-19 vient contrecarrer ces événements.

Comme la plupart des organismes sans but lucratif de la province, La Boussole fait appel à la générosité de ses donateurs de manière virtuelle et s’en sort plutôt bien jusqu’à présent, affirme son coordinateur, Maxime Barbier. Avec l’argent amassé via ces campagnes de financement en ligne, le centre communautaire achète les produits de nécessité dont ses bénéficiaires ont besoin.

On commande de grosses quantités de nourritures et de produits hygiéniques qu’on va distribuer par la suite aux bénéficiaires lors des distributions de denrées.

Maxime Barbier, coordinateur de La Boussole

Les francophones solidaires

Maxime Barbier explique qu'en mars, avril, la communauté francophone s’est vraiment mobilisée derrière La Boussole.

Je pense que [la pandémie] n’aura pas d’effet parce que les gens sont toujours solidaires, surtout en ce moment.

Maxime Barbier, coordinateur, La Boussole

Pour la période de Noël, le centre communautaire compte sur tout le monde pour lui apporter de l’aide ainsi qu’à ses bénéficiaires. Cette solidarité est sollicitée dans une campagne de financement social dans laquelle La Boussole vend les photos que ses bénéficiaires ont prises.

M. Barbier dit que l’argent récolté ira d’une part aux bénéficiaires et servira de l’autre part pour des actions solidaires.

Une femme de dos.

Cette photo a été prise par une bénéficiaire de La Boussle, Rose, dans le cadre du projet « Les Voix de la rue » qui fait partie d'une campagne de financement.

Photo : La Boussole

La peur de la pandémie qui s’éternise

Le coordinateur de La Boussole ne cache cependant pas redouter les impacts que cette pandémie pourrait avoir sur les bénéficiaires. Bien que dans pareille circonstance Maxime Barbier sait que l’organisme devra redoubler d’efforts, il s’engage à ne pas laisser la clientèle vulnérable seule et dans la précarité.

Bien sûr qu’on craint un essoufflement de la solidarité.

Maxime Barbier, coordinateur, Boussole

Pour éviter que la générosité ne s’essouffle si la pandémie devait perdurer, La Boussole essaie de ne pas faire trop d'appels à la communauté, explique son coordinateur, se limitant à deux voire trois opérations annuelles.

Les refuges pour animaux souffrent également

Jan Robson donne un bisou à un oiseau exotique.

Jan Robson est porte-parole de Greyhaven Bird Sanctuary, un refuge pour oiseaux exotiques qui existe depuis des décennies à Delta, en Colombie-Britannique.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms (CBC)

Greyhaven, un refuge pour oiseaux exotiques, fait partie d'une longue liste d'organismes de bienfaisance sans but lucratif de la Colombie-Britannique qui voient leurs revenus s'amenuiser à cause de la pandémie de la COVID-19. Pour survivre, ils doivent revoir le modèle traditionnel de collecte de fonds et passer en mode virtuel.

Avec cette chute de revenu, il leur est difficile de fonctionner alors qu’avant la pandémie, le budget de l’organisme était serré. Les événements de collecte de fonds les plus populaires comme les portes ouvertes semestrielles ont été annulés au profit du virtuel.

Jan Robson, une porte-parole du Greyhaven Bird Sanctuary, affirme qu’ils observent déjà une diminution d'environ 15 % du financement.

Nous essayons de collecter des fonds pour six mois de loyer pour cette installation particulière. (...) C'est l'une de ces choses où nous nous demandons comment faire pour que cela fonctionne.

Jan Robson, porte-parole, Greyhaven Bird Sanctuary

Des organismes essentiels qui risquent de disparaître

Nombre de ces organismes ressentent la pression exercée par la crise sanitaire. En mai, une enquête menée auprès de plus de 1000 organisations a révélé que 23 % d’entre elles craignaient de ne pas survivre plus de six mois.

De nombreuses organisations caritatives et à but non lucratif ont dû fermer leurs portes, a déclaré Alison Brewin, directrice générale de l'organisation à but non lucratif Vantage Point qui a mené l’enquête.

Une petite fille masquée est devant un bassin où nage un dauphin.

L'aquarium de Vancouver est temporairement fermé au public depuis le 7 septembre 2020.

Photo : maggie macpherson/cbc / Maggie MacPherson

Ces organisations touchent toutes nos vies. (...) La vulnérabilité qui se manifeste est assez effrayante.

Alison Brewin, directrice générale, Vantage Point

L'Aquarium de Vancouver en est un parfait exemple. L’attraction touristique lutte actuellement pour ne pas devoir déclarer faillite.

Des pertes colossales

Dans l'ensemble, toutes les organisations constatent une diminution de leurs revenus, de leurs dons et de leurs autres sources de financement.

Alison Brewin, directrice générale, Vantage Point

La Fondation pour le cancer de la Colombie-Britannique a perdu des dizaines de millions de dollars de revenus cette année, selon sa présidente et PDG, Sarah Roth.

L'événement phare annuel de la Fondation, le Cyclo-défi contre le cancer, rapporte généralement entre 8 et 10 millions de dollars. Cette année, l'événement virtuel a généré environ 2 millions.

Le cancer ne s'arrête pas, et nous non plus. (...) Nous avons juste besoin de nous ajuster, nous sommes très conscients de nos coûts.

Sarah Roth, PDG, BC Cancer Foundation

La Fondation pour le cancer prévoit de terminer l'année avec un revenu d'environ 40 millions de dollars, un peu plus de la moitié du revenu des années précédentes.

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