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Le Canada Christian College brise son silence et contre-attaque

Un homme parle à la caméra, le doigt levé

Michael Reardon, doyen à l'éducation du Canada Christian College

Photo : Radio-Canada

Pour la première fois depuis le début de l’affaire McVety, le Canada Christian College a brisé publiquement son silence vendredi dans un témoignage devant le Comité permanent des affaires gouvernementales.

Des groupes qui s’opposent à son accréditation universitaire se sont aussi mobilisés pour témoigner, notamment le Conseil national des musulmans canadiens, Fierté au travail Canada et l'association de faculté de l'Université Queen.

Ils ont tous dénoncé le président du collège, Charles McVety, un pasteur évangélique aux propos ouvertement homophobes et islamophobes et proche partisan de Doug Ford.

M. McVety n’est d’ailleurs pas venu se défendre en personne. C’est son doyen de l’éducation, Michael Reardon, qui a témoigné à sa place pour implorer les membres du comité de protéger les droits constitutionnels du CCC.

C’est avec le cœur gros que je m’adresse à vous. Nos professeurs et nos élèves se font crucifier publiquement et ont grandement souffert des attaques anti-chrétiennes du NPD et des médias, qui ne cherchent qu’à gagner du capital politique contre Doug Ford , a lancé M. Reardon.

Le CCC enseigne à tous les étudiants qu’ils sont créés à l’image de Dieu et ne discrimine en rien contre les personnes LGBTQ et les musulmans, a soutenu le représentant du CCC.

Il a omis de mentionner que le collège ultraconservateur impose un code de conduite strict envers ses élèves et ses employés, et interdit notamment l'avortement, les relations sexuelles en dehors du mariage hétérosexuel et la danse sur le campus, sous peine de sanctions.

Ces débats portaient sur le projet de loi 213 qui vise à aider les petites entreprises à pallier la COVID-19. Le gouvernement Ford a inséré dans ce projet de loi, en catimini, une provision pour que le CCC devienne une université, ce qui fait bondir l’opposition depuis des semaines.

Résultat : les discussions ont surtout porté sur cette décision, ce qu’a déploré le chef du Parti vert et vice-président du comité, Mike Schreiner. La provision sur le CCC enlève du temps de discussion précieux aux petites entreprises qui souhaitent s'adresser au gouvernement.

Témoignages percutants

Nombre d'intervenants ont rappelé qu’en 2010, l’émission de télévision nationale animée par M. McVety, Word TV, a été retirée des ondes. Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision avait jugé qu’elle véhiculait des propos malveillants, insidieux et fondés sur la conspiration envers la communauté gaie et des positions abusives et indûment discriminatoires au sujet de l’islam.

Mustafa Farooq.

Mustafa Farooq, président du Conseil national des musulmans canadiens. (archives)

Photo : CBC/ Peter Evans

Mustafa Farooq du Conseil national des musulmans canadiens a aussi souligné que M. McVety a déjà dit que les Haïtiens pratiquent le satanisme, que l'islam est une machine de guerre et qu’il ne s’est jamais excusé pour ces propos.

La directrice de la Société musulmane de Guelph, Sara Sayyed, a fait valoir que M. McVety véhicule le même vitriol qui inspire les actes comme l'attentat de la mosquée de Québec en accueillant sur son campus des figures d’extrême droite comme Geert Wilders, connue pour ses positions anti-islam.

Étudiants internationaux

La présidente de l'association de faculté de l'université Queen, Elizabeth Hanson, a pour sa part attaqué la légitimité du CCC. L’institution est dirigée en grande partie par des membres de la famille de Charles McVety qui n’ont pas de doctorats d’universités accréditées.

Selon elle et pour des milliers d’autres professeurs, cela porte atteinte à la qualité et l'accessibilité de l'éducation postsecondaire en Ontario. Les universités canadiennes doivent préserver leurs réputations internationales.

Le Canada Christian College, dit-elle, dupe les étudiants étrangers en offrant des frais d’admissions bien en deçà des prix courants. C’est essentiellement frauduleux, parce que ces étudiants sont vulnérables et ne sont pas en mesure d’évaluer qu’il ne s’agit pas d’une vraie université.

Le PCC répète que le processus a été suivi

L’adjoint parlementaire au ministre des Collèges et Universités, David Paccini, a répété la position du gouvernement Ford sur le sujet en Comité : le Canada Christian College a suivi le même processus d'accréditation que les autres institutions avant elles.

Reste que la controverse continue de susciter un malaise au sein des troupes de Doug Ford.

Une trentaine de députés, incluant les ministres Caroline Mulroney et Christine Elliott, se sont abstenus de voter plus tôt cette semaine à Queen’s Park sur une motion symbolique pour dénoncer Charles McVety et le Canada Christian College.

Elle a été adoptée.

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