•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le marché de la vente et de la location de chalets est en « feu » dans la région

Des chalets et des quais enneigés au bord d'un lac.

Plusieurs chalets bordent le lac McGregor.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Poudrier

Radio-Canada

La région de l’Outaouais connaît un « engouement » sans pareil pour les chalets.

Avec la pandémie qui a rendu le télétravail et les vacances en mode local une norme, bon nombre de résidents se sont précipités vers les chalets pour fuir la pandémie et renouer avec la nature.

Que ce soit le marché de la location ou bien celui de la vente, les acteurs du milieu s’entendent tous pour dire que cette année est exceptionnelle.

Le marché non seulement de la location est fou, mais le marché de l’achat-revente des propriétés dans la nature est en feu, c’est vraiment incroyable.

Dany Papineau, fondateur de WE Chalet

Un engouement dès le début de la pandémie

Dans la région d’Ottawa-Gatineau, l’engouement pour la propriété dans les zones rurales s’est fait ressentir dès le début de la pandémie. Le passage au télétravail de nombreux travailleurs de la région a précipité les choses selon Charles Brant, directeur et analyste du marché à l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ).

Le télétravail est là pour rester dans le temps, a noté Charles Brant. Il y a un fort engouement pour le marché de la villégiature lié au fait que les ménages ont transposé le budget vacances en partie vers un budget de propriété de résidences secondaires dans un contexte de crise sanitaire.

L’analyste de marché à l’APCIQ explique que la pandémie a eu un impact phénoménal sur le marché immobilier, notamment sur le marché de la villégiature aux périphéries des régions métropolitaines comme Gatineau.

À Val-des-Monts, dans la vallée de l’Outaouais, la situation ne se fait pas démentir. En juillet, il restait seulement 18 maisons au bord de l’eau en vente alors qu’il y en avait 110 cinq ans plus tôt.

Pour la courtière immobilière chez Royal LePage, Johanne Fleury, la situation actuelle dans la région est du jamais vu. Cette année, c’est exceptionnel, c’est un record à tous les niveaux ; au niveau du prix vendu, du délai de vente ainsi que de la disponibilité du marché, a confié Mme Fleury.

Le prix moyen d’un chalet pour cette année est de 305 000 $ alors qu’il était de 265 000 $ l'an dernier et encore moins en 2017 avec une moyenne de prix de 240 000 $.

Johanne Fleury, en entrevue devant l'enseigne lumineuse de Royal LePage

Johanne Fleury, courtière immobilière agréée chez Royal LePage dans le secteur de Val-des-Monts

Photo : Radio-Canada / Mama Afou

Ça se vend très rapidement. Souvent on a des offres multiples. Plusieurs acheteurs se mettent en position pour acheter la propriété ce qui a un effet que les prix de vente sont supérieurs aux prix demandés.

Johanne Fleury, courtière immobilière agréée chez Royal LePage dans le secteur de Val-des-Monts

Cette surenchère sur les chalets est observée un peu partout au Québec, selon l’APCIQ qui note une hausse des prix des chalets d’environ 25 % dans la province.

Il y a seulement deux mois d'inventaires pour les maisons unifamiliales à Gatineau. Ça veut dire que c'est favorable aux vendeurs. L'équilibre de marché se trouve à 8 - 10 mois d'inventaire, a expliqué Charles Brant de l’APCIQ.

La location en pleine expansion

Le marché de location a lui aussi le vent dans les voiles. Le copropriétaire de HOM minis chalets, Martin Poitras remarque cet engouement particulier. On remplissait quand même bien notre calendrier. Là, c'est sûr que là c'est booké, les gens réservent. On est rendu à la fin mars, début avril, a-t-il indiqué.

Un chalet sur pilotis avec vue sur le lac.

Situés à proximité du bord du lac McGregor, en Outaouais, les minis chalets de la compagnie HOM sont complets jusqu'au mois de mars 2021.

Photo : Radio-Canada / Mama Afou

De son côté, Benoît Gauthier, gestionnaire de résidences touristiques à HMS Découverte, constate lui aussi que le marché est en feu.

L’entreprise, qui loue sur Airbnb quatre chalets situés à Bowman et Val-des-Bois en Outaouais, a vu une hausse des réservations sans précédent.

Nos calendriers sont à peu près complets jusqu’à l’été, a confié le gestionnaire.

Cette hausse des demandes se répercute dans les prix des réservations qui ont augmenté de 15 % depuis l’an passé. M. Gauthier dit qu’il n’a pas pu faire autrement que de suivre la tendance du marché où la demande est plus importante que l’offre en ce moment.

Si les calendriers se remplissent trop vite on n’a pas le choix de réagir au marché et puis il y a les statistiques de Airbnb qui proposent des prix, et on essaie de se maintenir là-dedans. Tant qu’ils nous suggèrent d'augmenter, bien on augmente, a avoué le gestionnaire de résidences.

Toutefois, pas toutes les compagnies ont augmenté leurs prix. À Québeclocationdechalets.com, une interface qui permet à des propriétaires de publier leur annonce de locations, on ne remarque pas forcément une hausse des prix.

Pour l'agente de communication et contrôle qualité de l'entreprise, Cécile Eas, les prix des chalets sont déjà, à la base, assez élevés au Québec et au Canada. On n’a pas noté d'augmentation intempestive des montants des locations, a-t-elle reconnu.

Elle avoue toutefois avoir vu une explosion des demandes de réservations après la fin du confinement, en juin dernier.

Les propriétaires d’un chalet unique ont été submergés de demandes, mais ne pouvaient pas satisfaire tous les vacanciers et étaient débordés. Un de nos clients a reçu via notre site plus de 100 demandes de location en une semaine, a raconté Mme Eas.

Ils ont eu des courriels, des téléphones, c'était affreux. Ils nous demandaient d’enlever leur annonce tellement ils étaient débordés.

Cécile Eas, agente de communication à Québeclocationdechalets.com

Bien que le passage à la zone rouge ait un petit peu ralenti les choses en septembre, le marché de la location de chalet semble reprendre de la vigueur pour la période des Fêtes.

Il y a présentement un manque d’inventaire pour les Fêtes. Il y a plus de demandes que d’inventaire disponible pour ces dates-là, a confié le fondateur de WE Chalet.

Avec les informations de Jean-François Poudrier, Catherine Morasse et Mama Afou

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !