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COVID-19: « Les rues étaient vides à Shippagan » - Éric Mallet, député

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Des voitures circulent sur une route devant des maisons et des bâtiments d'entreprises.

Shippagan, au Nouveau-Brunswick (archives).

Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

Les autorités rapportent deux cas actifs de COVID-19 dans la zone 6 [Chaleur et Péninsule acadienne].

Comme d'autres régions de la province, la zone 6 est vaste. Cela prend environ deux heures en auto, dans de bonnes conditions, pour se rendre de Miscou à Petit-Rocher.

Ces nouveaux cas déclarés dans la zone 6 ont donné lieu à une vague d'annulations ou de reports d'activités et d'imposition de mesures plus strictes dans des foyers de soins dans la Péninsule acadienne.

Un homme debout en bordure de la route en été. On voit un quai et des bateaux derrière lui.

Éric Mallet, député libéral de Shippagan-Lamèque-Miscou

Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

Le député libéral de Shippagan-Lamèque-Miscou, Éric Mallet, n'est pas dupe. Il voit bien le phénomène qui se déroule dans sa circonscription, où à peu près tout le monde se connaît. Jeudi soir, il s'est déplacé en auto, à Shippagan, pour faire des courses.

Les rues étaient vides, raconte-t-il. Ça ressemblait un peu au phénomène qu'on a vu quand la COVID est arrivée au mois de mars dernier. Les gens faisaient des sorties pour aller à une pharmacie ou à une épicerie, sans plus. On va peut-être voir ce même phénomène au cours des prochains jours.

Les gens sont comme plus stressés.

Éric Mallet, député libéral de Shippagan-Lamèque-Miscou

Il s'est lui-même rendu dans une pharmacie et une épicerie.

Les gens chuchotent et me posent des questions, dit-il. Je réponds que je ne suis pas le ministère de la Santé. C'est sûr que dans des régions rurales, la conclusion se fait rapidement et je pense que les gens réagissent. Je pense qu'il va y avoir un certain retrait au cours des prochains jours au niveau de la circulation.

« Chasse aux sorcières »

Le député Mallet n'aime pas les chasses aux sorcières, mais constate que la réaction de la population peut également avoir des effets positifs.

C'est un stress de savoir si le cas est situé près ou loin d'où on vit, explique-t-il. Aussitôt qu'un cas est identifié, on dirait que des gens vont avoir un méchant plaisir à en savoir davantage et vont s'éloigner du cas supposé.

La médecin hygiéniste en chef de la province a déjà lancé un avertissement à la population qu'il pouvait être nuisible de faire des chasses aux sorcières du genre pour tenter de savoir quelles personnes sont infectées, déjà en lutte contre la maladie.

La zone « Bathurst »

La zone 6, dans laquelle se trouvent deux régions distinctes, Chaleur et la Péninsule acadienne, est de plus en plus tout simplement nommée Bathurst par les autorités.

La médecin hygiéniste en chef du Nouveau-Brunswick Jennifer Russell, lors d'un point de presse le 20 novembre.

La médecin hygiéniste en chef du Nouveau-Brunswick, Jennifer Russell.

Photo : Radio-Canada

Étant donné cette vague d'annulations, de reports d'activités et de règles plus strictes dans des foyers de soins de la Péninsule acadienne depuis quelques jours, la journaliste Marie-Ève Brassard, de Radio-Canada, a posé cette question précise à la médecin hygiéniste en chef du Nouveau-Brunswick, Dre Jennifer Russell, dans un point de presse, jeudi: Est-ce que vous êtes en mesure de nous confirmer qu'il y a un cas de COVID dans la Péninsule acadienne, entre Grande-Anse et Néguac?

Les seuls cas dont je suis au courant sont ceux que j'ai rapportés aujourd'hui dans chaque zone, a répondu La Dre Jennifer Russell.

Un porte-parole du gouvernement, semblant s'adresser à la médecin hygiéniste, a soufflé par la suite: Même s'il y avait un cas, vous ne pouvez pas confirmer le lieu.

Un point à débattre

Le député Éric Mallet se souvient bien que la Péninsule acadienne, il y a longtemps, était appelée le Bas-Gloucester, une région souvent négligée par le pouvoir politique à Fredericton, selon plusieurs élus qui ont dénoncé ce phénomène au fil des ans. Le chef-lieu du comté de Gloucester était Bathurst.

Centre-ville de Bathurst, au Nouveau-Brunswick.

Centre-ville de Bathurst, au Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / François Vigneault

C'est peut-être un point que je vais vouloir débattre, avance Éric Mallet. Le caucus libéral a quand même des réunions assez souvent sur l'état de la COVID. C'est probablement une question que je vais apporter à mon chef pour définir la région 6. La Péninsule acadienne, on n'est pas nécessairement identifiés comme région. Je pense que c'est le travail de la docteure en chef de faire des précisions. J'ai l'impression que de ne pas préciser la région n'aide pas la cause. Mais, c'est peut-être voulu pour éviter de faire des chasses aux sorcières.

Pas de souper de Noël pour les pompiers

Dans le contexte d'une région jusqu'ici plutôt épargnée par la COVID-19, mais qui se montre soudainement plus sur ses gardes, un conseiller de Shippagan, Rémi Hébert, a dénoncé publiquement les intentions de la municipalité de tenir un souper de Noël.

C'est une situation embêtante, a-t-il déclaré jeudi. Si seulement une personne présente au souper était atteinte et contaminait le reste du groupe, cela paralyserait l'appareil municipal au complet. Pour les pompiers, par exemple, c'est difficile de prendre le risque puisqu'ils devraient tous être en quarantaine pour quatorze jours. C'est la sécurité publique qui serait menacée.

Le chef des pompiers de Shippagan, Stéphane Hébert.

Le chef des pompiers de Shippagan, Stéphane Hébert.

Photo : Radio-Canada / René Landry

Toutefois, le chef de la brigade des pompiers de Shippagan, Stéphane Hébert, amène des précisions. Il indique qu'il n'a pas été envisagé par les pompiers de prendre part à un tel événement.

Il souligne que les règles de santé publique sont très strictes pour les pompiers.

Je ne sais pas où le conseiller Hébert est allé chercher son information, dit-il. La seule chose que je peux dire c'est qu'en étant pompier on doit faire beaucoup plus attention.

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