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Les préoccupations liées à l'apparence nuisent au plaisir de bouger

Des pieds sur un pèse-personne.

Une personne doit avant tout avoir envie de bouger pour le plaisir, selon les intervenants à qui nous avons parlé.

Photo : iStock

Les remarques telles que « Avec ces bras-là, tu peux sûrement lever des affaires lourdes » ou « Tu as perdu du poids, tu as l’air en forme » peuvent avoir un impact plus négatif que ce que l’on pense.

Selon une étude publiée en 2017 par la University College London et citée par le Groupe ÉquiLibre, les personnes qui vivent davantage de discrimination par rapport à leur poids ont presque 60 % plus de chances d’être physiquement inactives que les gens qui ne subissent pas cette discrimination.

S’abstenir de commenter

Les préoccupations par rapport au poids et à l’apparence physique peuvent freiner certaines personnes lorsque vient le temps de faire de l’activité physique. La hockeyeuse Rouynorandienne Annie Guay a elle-même reçu des commentaires liés à son physique, tels que tu as de bonnes épaules, tu as de bonnes cuisses.

Annie Guay sourit, debout dans les estrades de l'aréna.

Annie Guay est aussi la nouvelle entraîneuse adjointe des Gaillards. Elle est originaire de Rouyn-Noranda.

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir

Si je ne faisais pas de sport, qu’est-ce que ça voudrait dire? Je trouve que ce ne sont pas vraiment des commentaires qui sont pertinents par rapport à qui on est et ce qu’on est capable d’accomplir, assure Annie Guay.

Elle a aussi été témoin de personnes qui ne font pas d’activité physique par crainte que leur corps soit source de jugement, et elle affirme que ce genre de situation l’attriste profondément.

Ça nous brime tellement, et pourquoi? Pour le regard des autres, et ça n'en vaut pas la peine. S’empêcher de faire des choses qu’on aime parce qu’on a peur de quoi on a l’air, c’est du non-sens pour moi, affirme-t-elle.

Changer les mentalités concernant le poids

Le Groupe ÉquiLibre organise la semaine Le poids? Sans commentaire!, du 23 au 27 novembre. Une semaine pour tenter de défaire des idées préconçues sur le poids et l’apparence, explique la cheffe de projets au groupe ÉquiLibre Karah Stanworth-Belleville.

Quand on pratique une activité physique, le corps est vraiment central à ça et souvent, ce qui arrive, c’est que le poids et l'apparence peuvent devenir la cible de différents commentaires, indique Karah Stanworth-Belleville, ex-athlète de natation de haut niveau. En ayant une approche qui est trop axée sur le contrôle du poids, ça peut rapidement instaurer l’adoption de comportements alimentaires malsains. Ça peut nuire à la santé physique, à la santé mentale, à la motivation de vouloir pratiquer une activité physique.

Autant un commentaire qui se veut positif qu’un commentaire négatif peuvent faire du tort. Tous les types de commentaires comme ça peuvent nuire à l’estime de soi, la confiance, l’image corporelle, et dans le contexte de pratique d’activité physique, au plaisir de bouger et à la performance aussi.

Karah Stanworth-Belleville, cheffe de projets au groupe ÉquiLibre

À Loisir et sport Abitibi-Témiscamingue, on encourage les jeunes à bouger, mais avec des arguments bien réfléchis, comme l’explique Karen Marchand, coordonnatrice du comité en saines habitudes de vie.

On est conscients que, dans nos interventions, si les messages divulgués ont un lien avec le poids, ça n’aura pas un impact positif, clairement, souligne-t-elle.

Démontrer les avantages de l’activité physique sans mettre de pression pour devenir des athlètes, voilà l’approche qui est favorisée. On considère que l'angle sous lequel on veut l’apporter, c’est plus d’arriver avec un message qui n’est pas culpabilisant. On ne veut pas que le public cible se sente mal de ne pas en faire. On veut plutôt qu’ils se disent : "Wow je pourrais en faire, ça pourrait m’apporter quelque chose de plus", ajoute Karen Marchand.

Un haltérophile fait un pouce en l'air et un clin d'oeil à la foule hors champ en s'éloignant de son haltère.

Mario Robitaille a battu trois records canadiens chez les 55-59 ans en mars lors d'une compétition à L'Ancienne-Lorette.

Photo : © 2020 michele grenier photo / Michele Grenier Photo

L’entraîneur et président du Club d’haltérophilie Héraclès, à Rouyn-Noranda, Mario Robitaille, abonde dans le même sens. Pour lui, le but de pratiquer un sport est d’abord d’avoir du plaisir.

Le but du sport, c’est de bouger et de se sentir bien dans son corps. Je pense que c’est la première chose. Comme entraîneur et comme club sportif, il faut inculquer ça : le fait d'être bien dans son corps et de s’accepter comme on est, et de tenter de s'améliorer, mais de ne pas toujours se comparer à un standard défini, assure-t-il.

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