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Un père incestueux reçoit une peine maximale de 14 ans de prison

Stephan Joachim est un homme rasé, portant la barbe ainsi qu'un piercing au menton et des boucles d'oreilles de type «stretch».

Stephan Joachim

Photo : Courtoisie

Dans un geste rarissime, un juge a imposé la peine maximale prévue au Code criminel contre un père qui a commis des agressions sexuelles sur sa propre fille.

Stéphan Joachim, 48 ans, est condamné à 14 ans de prison pour avoir agressé à multiples reprises sa fille, alors qu'elle avait entre 13 et 15 ans.

La victime, Stéphanie Lapointe, a demandé que l'ordonnance de non-publication protégeant son identité soit levée.

Je vais finir par être capable de prendre soin de moi, maintenant je peux mettre ça derrière moi, et me concentrer sur moi-même , a confié en entrevue la jeune femme maintenant âgée de 21 ans.

Stéphanie Lapointe

Stéphanie Lapointe

Photo : Radio-Canada

Lors des observations sur la peine, elle avait témoigné avec éloquence des séquelles laissées par les agressions.

De héros à agresseur

Le juge Mario Tremblay en a tenu compte, au moment de déterminer le sort de son père, avec qui elle est allée vivre à l'âge de 11 ans.

Elle a alors quitté le domicile de sa mère, une consommatrice de drogue, espérant des jours plus heureux avec son père, qu'elle considérait comme son héros.

La veille de son treizième anniversaire, Stéphan Joachim l'a amenée dans un motel de Québec, où il lui a fait boire beaucoup d'alcool avant de la violer.

Il l'agresse sexuellement près d'une vingtaine de fois, parfois après l'avoir droguée.

Le père, qui n'utilise pas de moyen de contraception, va même jusqu'à tourner une scène pornographique, faisant miroiter des revenus intéressants à l'adolescente.

À 15 ans, Stéphanie se confie à une amie, ce qui mène à l'arrestation du père en 2015.

Le juge a souligné le courage dont a fait preuve la victime, en dénonçant son père, qui traîne un long casier judiciaire, principalement pour des affaires de fraude.

Le juge a listé une dizaine de facteurs aggravants pour en arriver à imposer la peine la plus sévère, comme le réclamait le procureur de la poursuite, Me Michel Bérubé.

Michel Bérubé

Le procureur de la poursuite, Me Michel Bérubé

Photo : Radio-Canada

Comme un prédateur

Parmi ces facteurs, il y a la vulnérabilité de la victime et la responsabilité entière du père, qui a agi comme un prédateur.

Il y avait des attouchements préliminaires, consommation de substances intoxicantes pour atténuer la résistance et exploitation de la vulnérabilité de l'adolescente, qui était désensibilisée à presque tous les types de rapports sexuels par celui qu'elle considérait comme son héros.

Juge Mario Tremblay, Cour du Québec

Le juge Tremblay n'a nommé aucun facteur atténuant à faire bénéficier au père, qui espérait s'en sortir avec une peine de cinq ans.

Ce dernier a étiré le processus judiciaire jusqu'à la toute fin, ne se présentant pas pour le prononcé de la sentence, qui était prévu jeudi.

Il a donc été arrêté et amené au poste de police de Waterloo, où il habite maintenant, pour assister à la décision du juge par vidéoconférence.

Sa fille espère parvenir à aider les victimes comme elle en donnant des conférences, notamment.

Parce que j'ai entendu plusieurs histoires, il y a des personnes qui sont passées au travers, mais il y en a d'autres qui sont enterrées six pieds sous terre. Si j'ai la chance de pouvoir aider une personne, pis leur montrer que c'est possible, bien je vais le faire, explique la jeune femme.

Peines plus sévères

Pour imposer la peine la plus sévère prévue au Code criminel, le juge Tremblay s'est appuyé sur une décision de la Cour suprême rendue en avril dernier.

L'arrêt Freisen du plus haut tribunal au pays est maintenant cité abondamment dans les salles d'audience pour réclamer des sanctions plus sévères contre les agresseurs.

Un jugement qui marque un tournant, fait remarquer le procureur de la poursuite.

Pour toutes les infractions de nature sexuelle impliquant des enfants, on reconnaît enfin le caractère nocif de ces infractions-là, a souligné Me Michel Bérubé.

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