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Un enseignant de Montréal-Nord congédié après des allégations de racisme

Façade d'une école secondaire.

L'École secondaire Henri-Bourassa, à Montréal-Nord.

Photo : Radio-Canada

Laurianne Croteau

Un enseignant d'histoire d’une école secondaire de Montréal-Nord visé par des allégations de racisme a été congédié jeudi par le Centre de services scolaire de la Pointe-de-l’Île (CSSPI).

Le conseil d'administration s'est réuni en séance extraordinaire hier soir. Après mûre délibération, il a été résolu à l'unanimité de résilier l’engagement d'un enseignant identifié comme ayant le matricule 13860, a indiqué la porte-parole du CSSPI, Valérie Biron, par courriel.

Vincent Ouellette était suspendu depuis près d’un mois. Le service des ressources humaines du CSSPI a déclenché une enquête à la suite de la diffusion d’une vidéo filmée par un élève dans sa classe.

Des élèves anciens et actuels de l'École secondaire Henri-Bourassa, qui se présentent comme les Béliers solidaires, ont diffusé une vidéo sur Facebook dans laquelle ils rapportent les propos que Vincent Ouellette aurait tenus en classe pendant plusieurs années. Ils l'ont accusé de proférer des commentaires racistes, xénophobes et misogynes.

Ils déplorent ne pas avoir été contactés pour recueillir des témoignages lors de l’enquête, mais se réjouissent tout de même de la nouvelle, selon Gio Olmos, qui a également étudié à l'école Henri-Bourassa.

On ressent un sentiment de soulagement, parce qu'on sait que nos petits frères et nos petites sœurs qui vont poursuivre leur éducation à cette école secondaire n'auront pas à croiser le chemin d’un personnage comme celui que nous avons eu comme professeur.

Gio Olmos, membre du groupe des Béliers solidaires

C’est ainsi une victoire partielle pour le groupe, qui attend toujours une forme de responsabilisation de la direction qui n'a pas su agir dans les années précédentes quand des étudiants ont porté plainte.

Le groupe espère qu’une enquête sera lancée sur la direction de l’école pour qu’on puisse remédier aux failles structurelles, explique Gio Olmos.

Pour construire une société plus inclusive, les Béliers solidaires suggèrent aux écoles de discuter de racisme dans les cours d’éthique, de modifier les choix d'œuvres littéraires étudiées dans les cours de français et d’anglais, et d’offrir davantage de formation sur l’antiracisme au personnel et aux étudiants.

Réflexion sur les recours juridiques

Les Béliers solidaires avaient rencontré des avocats le mois dernier pour prendre connaissance des recours judiciaires qui s’offrent à eux. Les recours pourraient aller jusqu’au dépôt d’une action collective contre l’enseignant, la direction de l’école et le CSSPI.

Les avocats chargés du dossier, Alain Arsenault et Virginie Dufresne, n’ont toujours pas demandé d’autorisation pour déposer une action collective, mais la réflexion sur la meilleure façon d'agir se poursuit, ont-ils confirmé à Radio-Canada.

Me Dufresne estime que la décision de mettre le professeur à pied est compréhensible, mais insuffisante, puisque ses propos auraient laissé des séquelles et même traumatisé les étudiants qu’ils visaient.

Ce n’est pas le renvoi du professeur, des années plus tard, qui règle le problème, affirme l'avocate. Il faut plutôt tenir une discussion sur ce que la direction et le CSSPI considèrent acceptable de la part de ses enseignants.

Me Virginie Dufresne

Les Béliers solidaires ont fondé un groupe sur Facebook pour démanteler les mécanismes d'oppression dans leur communauté, et soutiennent que leur lutte est antiraciste, féministe, queer, intergénérationnelle et intersectionnelle.

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