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Le marché immobilier de l'Alberta se réveille après 5 ans de coma

Panneau marqué vendu et merci en anglais.

Les ventes de maisons ont augmenté de 23 % à Calgary en octobre par rapport à l'année précédente, selon le Calgary Real Estate Board.

Photo : Radio-Canada / Louise Moquin

Des panneaux, que les Albertains n’avaient pas vus depuis longtemps sont apparus dans les rues des grandes villes : vendu. Malgré la pandémie, les ventes de maisons ont augmenté, ce qui met fin à une longue traversée du désert pour les agents immobiliers.

On ne s'attendait pas à ce que le marché immobilier continue à avancer autant qu’il a avancé jusqu'à présent. On a vu de bonnes ventes, comparé aux années précédentes. On a vu des offres multiples sur des maisons, explique l’agente immobilière Vanessa Landry, d'Edmonton.

Les maisons à 300 000 $ convoitées

Les décisions de vendre et d'acheter sont toujours très individuelles, mais Mme Landry croit que le confinement a incité de nombreux Albertains à regarder leur cadre de vie d’un oeil neuf.

Les gens ont passé beaucoup de temps entre leurs quatre murs et se sont dit : "OK, si je dois passer beaucoup de temps chez moi, peut être que j'aimerais ça, acheter quelque chose que j'aime mieux ou quelque chose qui aiderait dans ma situation de travail.", explique-t-elle.

Vanessa Landry pose dans une salle de bains.

Vanessa Landry est agente immobilière depuis quatre ans à Edmonton.

Photo : Sung Shem

L’agent immobilier Yanick Harrison, de Calgary, constate d’ailleurs que le marché le plus actif est celui des maisons aux alentours des 400 000 $, la moyenne de prix dans la région.

L'Alberta à la traîne

Les bas taux d’intérêt rendent attractif l’achat pour les locataires alors que les prix des loyers ont peu baissé, note-t-il. Ils permettent aussi à ceux qui s’étaient contentés d’une maison de base pour leur premier achat de voir maintenant plus grand.

C'est sûr qu'on ne parle pas d'années records, mais quand même les choses vont bien.

Yanick Harrison, agent immobilier

Les augmentations font cependant pâle figure par rapport à celles observées dans d’autres provinces. En octobre, le prix moyen d'une maison s'est accru de 8,5 % par rapport à la même période l’année dernière. C’est la moitié de la hausse observée à l’échelle du pays.

L’économiste principal à l’Association canadienne de l’immeuble, Shaun Cathcart, dit cependant qu'il faut se garder de toute comparaison hâtive entre les provinces.

Entre l’offre en baisse et la demande de retour, l’Alberta se retrouve avec un des marchés les plus équilibrés au pays. L’Ontario, le Québec ou les provinces atlantiques sont passés du rouge à l’écarlate. Les prix y grimpent vite, peut-être même trop vite, explique-t-il.

Une économie toujours chancelante

Pour l’Alberta, même une faible croissance est une amélioration par rapport aux années précédentes.

Nadine Faule pose à côté de panneaux à vendre qui portent son nom.

Nadine Faule travaille dans l'immobilier à Calgary depuis près de 30 ans.

Photo : Radio-Canada / Tiphanie Roquette

Depuis la chute des prix du pétrole, en 2014, le marché immobilier traîne la patte en Alberta et surtout à Calgary. Selon l’agente immobilière Nadine Faule, plusieurs de ses collègues doivent occuper un autre emploi en parallèle pour survivre.

Une des premières choses que j'ai apprises, c'est d'avoir au moins un an de salaire sur un compte en banque de manière à pouvoir justement payer les factures, raconte-t-elle.

C’est à cause de cette longue expérience qu’elle analyse prudemment les hausses observées actuellement.

Calgary dépend du pétrole. Si on n'avait pas eu cette situation avec le pétrole qui baissait autant, on serait aujourd’hui comme Toronto et Vancouver. À la limite, je dirais qu'on aurait un autre boom [...] Les gens ont vraiment une incertitude en ce qui concerne leur travail, explique-t-elle.

Yanick Harrison est devant une maison qu'il vend comme agent immobilier.

La pandémie a peu changé les pratiques de l'agent immobilier Yanick Harrison, qui utilisait déjà les outils numériques.

Photo : Radio-Canada

La preuve que la confiance dans l’économie est encore chancelante : les maisons au-dessus de 600 000 $, souvent achetées par des cadres et des hauts dirigeants, sont beaucoup plus difficiles à vendre.

Yanick Harrison est du même avis. Selon lui, une partie des hausses constatées proviennent des ventes qui n’ont pas pu se faire au printemps, lorsque le confinement était à son plus fort.

La demande se prolongera-t-elle encore longtemps? Aucun des agents immobiliers n’est prêt à se lancer dans des prédictions.

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