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Le maître d'œuvre du Plan vert perd son poste

Québec remplace le sous-ministre adjoint à la Lutte contre les changements climatiques, Éric Théroux.

Éric Théroux occupait le poste de sous-ministre adjoint à la lutte contre les changements climatiques.

Éric Théroux occupait le poste de sous-ministre adjoint à la Lutte contre les changements climatiques.

Photo : Western Climate Initiative (WCI)

Une semaine après la présentation du Plan pour une économie verte (PEV) du gouvernement Legault, qui a suscité des critiques, son principal artisan perd son poste.

Éric Théroux était sous-ministre adjoint chargé de la lutte contre les changements climatiques au ministère de l’Environnement depuis novembre 2017. Son mandat n'était pas censé se terminer.

Il était très apprécié des groupes environnementaux, avec qui il avait collaboré pour préparer le PEV.

Le milieu environnemental perd un homme rassembleur, rigoureux et intègre, a déclaré l’ancien directeur général de la fondation David Suzuki, Karel Mayrand. Il avait une excellente connaissance des enjeux environnementaux, rappelle le Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement du Québec.

Invité à justifier cette décision, le bureau du ministre de l’Environnement, Benoit Charette, nous a renvoyé vers le ministère du Conseil exécutif et le Secrétariat du Conseil du Trésor.

M. Théroux n’a pas été remercié, assure le directeur des communications, Jérôme Thibodeau. Il est de la prérogative du gouvernement, en fonction de ses orientations et de sa vision, de nommer les titulaires d’un emploi supérieur. D’autres mandats seront attribués à M. Théroux.

Frustrations à l'intérieur du ministère

Dans une note interne envoyée jeudi aux fonctionnaires du ministère, le sous-ministre Marc Croteau salue la contribution d'Éric Théroux à d'importants dossiers du ministère et il souligne le travail colossal accompli dans le cadre de l'élaboration du Plan pour une économie verte.

À la veille du dépôt du Plan, le 16 novembre, Radio-Canada rapportait l'existence de frustrations chez des fonctionnaires et des cadres du ministère alors que le PEV avait été édulcoré par le bureau du premier ministre.

Le Plan ne permet de réduire que 12 des 29 millions de tonnes de GES nécessaires pour atteindre les cibles que s'est fixées le Québec.

Éric Théroux avait piloté les consultations de groupes de travail issus de la société civile qui étaient parvenus à un consensus qualifié d'« exceptionnel », mais dont plusieurs propositions majeures n'avaient pas été retenues dans le plan final.

Le PEV avait fait l'objet de plusieurs fuites médiatiques dans les derniers mois, dans La Presse et à Radio-Canada, ce qui avait agacé le gouvernement.

Des experts avaient aussi critiqué la volonté non avouée du gouvernement de combler le reste de l'objectif de réduction des GES en misant sur l'achat de crédits carbone à la Californie.

Éric Théroux était aussi à la barre de la préparation du projet de loi 44 pour réformer le Fonds vert. Il a contribué de façon importante aux travaux menant à l’adoption de la Loi visant principalement la gouvernance efficace de la lutte contre les changements climatiques et à favoriser l’électrification, souligne d'ailleurs le Conseil exécutif dans sa réponse.

Un ancien du Parti québécois prend sa place

Pour remplacer Éric Théroux, le gouvernement a nommé le 25 novembre Jean-François Gibeault, actuellement directeur de la recherche au Bureau d'enquête de Québecor. Il prendra ses fonctions lundi.

L'économiste a travaillé plusieurs années pour le Parti québécois à l’Assemblée nationale, il a notamment dirigé le cabinet de l'ancien ministre des Finances Nicolas Marceau.

À l'époque, il avait critiqué publiquement François Legault sur Twitter, notamment au sujet de l'énergie et de l'environnement.

Captures d'écran du compte Twitter de Jean-François Gibeault.

Captures d'écran du compte Twitter de Jean-François Gibeault.

Photo : AFP / Twitter/JF_GIB

Lorsqu’il était chef de cabinet aux Finances, le gouvernement de Pauline Marois avait présenté un budget 2014 qui avait fortement déplu aux groupes environnementaux. Qualifié par Équiterre de budget pro-pétrole, il avait prévu 45 milliards de retombées économiques de l’exploitation de ressources pétrolières sur l’île d’Anticosti.

Dans sa note interne, le sous-ministre Marc Croteau demande aux fonctionnaires de se joindre à lui pour garantir à M. Gibeault tout leur appui.

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