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On ignore encore si l'air est sain dans les écoles, mais des mécanismes sont en place

Le gouvernement ne répond pas aux questions que se pose la population sur la qualité de l'air dans les salles de classe, déplore l'opposition.

Un homme parle dans un micro lors d'un point de presse.

Le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge, affirme que les milieux scolaires sont sains et sécuritaires.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Le rapport du gouvernement Legault sur la ventilation dans les écoles de la province ne permet pas de savoir si l’air respiré par les élèves est conforme aux normes. Le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge se dit néanmoins « très satisfait » des installations et des mécanismes de contrôle mis en place dans les établissements scolaires.

Les partis d'opposition, qui reprochent au ministre Roberge de ne pas agir pour s'assurer que la qualité de l'air dans les classes est bonne, ne sont pas impressionnés par le rapport publié vendredi.

Tandis que le nombre de cas de COVID-19 chez les élèves reste inquiétant, le gouvernement Legault a dévoilé les résultats d’un examen mené dans quelque 4000 bâtiments scolaires sous son autorité.

Les données démontrent que l'état d’avancement de la mise en place des mécanismes de contrôle de la qualité de l’air dans les établissements scolaires est très satisfaisant, peut-on lire dans le rapport. À travers le réseau, les normes sont respectées à 99,5 % pour la ventilation électromécanique et naturelle.

Je veux rassurer la population : nos milieux scolaires sont sains et sécuritaires, a commenté Jean-François Roberge, à la lumière de ces résultats.

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On a un rapport qui vient nous montrer essentiellement que les systèmes de ventilation font leur travail, et ils le font bien, a-t-il résumé en entrevue à ICI RDI.

Le ministre Roberge a demandé aux centres de services scolaires (CSS) de procéder à de nouveaux tests dès le 1er décembre afin de garantir que le niveau de dioxyde de carbone dans l’air des classes est conforme aux normes actuellement en vigueur.

Mais selon la députée Marwah Rizqy, qui a pressé le gouvernement d'installer des détecteurs de CO2 et des purificateurs d'air portatifs dans les classes, le ministre a niaisé les élus pendant deux semaines.

Ça prend des détecteurs de CO2 pour mesurer la qualité de l'air, je ne comprends pas l’entêtement du ministre, a-t-elle affirmé.

Sur Twitter, la députée a invité le ministre Roberge à passer une commande de détecteurs de CO2 dans les plus brefs délais.

Son insouciance commence dangereusement à se rapprocher de la négligence.

Marwah Rizqy, députée libérale de Saint-Laurent

Même déception du côté de Québec solidaire. La députée Christine Labrie, qui est responsable du dossier de l’Éducation, le ministre Roberge parle à travers son chapeau.

Comment le ministre peut-il soutenir que nos milieux scolaires sont sains et sécuritaires, alors qu’il vient tout juste de demander des tests de CO2, et qu’il n’aura pas les résultats avant plusieurs semaines? s'est-elle interrogée dans un communiqué.

Le ministre Roberge, qui s'était engagé à publier un rapport avant la fin du mois de novembre, a induit tout le monde en erreur en laissant penser que cet examen dresserait un portrait de l'état de la qualité de l'air dans les classes, a accusé Mme Labrie.

Le ministre a attendu pendant des semaines avant d'enfin exiger des mesures et des tests de CO2 dans les écoles pour voir quelle est la qualité de l'air, a-t-elle dénoncé. Cette sortie du ministre est une véritable insulte à l’intelligence!

À l'absence de données sur la qualité de l'air s'ajoute le fait que le rapport ne s'attarde pas aux spécificités de la COVID-19, a souligné l'opposition.

Les inquiétudes quant aux niveaux de la qualité de l'air dans les écoles ont pourtant été avivées par la fréquence des cas de transmission du coronavirus chez les élèves. Une expérience réalisée par le groupe COVID-STOP dans 25 établissements de la région de Montréal a permis de constater que 75 % des salles de classe présentaient d'importants problèmes de ventilation.

Selon les plus récentes données de la santé publique, 3283 cas de COVID-19 sont toujours actifs dans les écoles et 1029 classes sont fermées pour éviter toute transmission après que des cas eurent été signalés.

Un état des lieux très satisfaisant, selon Québec

Québec base son analyse sur les résultats fournis par 68 des 72 CSS et commissions scolaires (CS) que compte son réseau. Ceux-ci ont collaboré à l’examen des systèmes de ventilation à la demande du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, qui leur avait fait une demande en ce sens à la fin juin.

Ainsi, des mesures garantissant un suivi systématique de la qualité de l’air, qui comprennent notamment l’entretien des systèmes, le remplacement des filtres ainsi que la revue des installations grâce à des grilles d’inspection exhaustives, ont été instaurées dans 96,55 % des établissements, selon le ministère.

L’entretien ménager des systèmes dans ces bâtisses a été complété de manière conforme à 97,5 %, note encore le ministère dans son rapport.

Depuis 2018, sept situations exceptionnelles liées à des problèmes de qualité de l’air ont été signalées, dans autant de bâtiments. À ce jour, cinq de ces situations ont été réglées et les deux autres sont en voie de l’être, indique-t-on.

Toujours selon le rapport, le relevé de concentration de radon dans les bâtiments scolaires est complété à 99,93 % et les travaux visant à répertorier les matériaux susceptibles de contenir de l’amiante sont exécutés à 99,19 %.

Un rapport sur la qualité de l'air toujours attendu

La Centrale des syndicats du Québec (CSQ), qui représente près de 110 000 employés dans les écoles et les cégeps, a dit dans un communiqué voir d’un bon œil la mise en place d’un certain nombre de consignes […] pour assurer la qualité de l’air, notamment par l’ouverture des fenêtres et l’inspection des systèmes de ventilation.

Elle a toutefois des réserves quant à la capacité des écoles d'appliquer ces mesures, sachant que certaines salles de classe ne disposent d'aucune fenêtre ni de système de ventilation mécanique. Qui plus est, l’arrivée du temps froid risque de compliquer la ventilation naturelle, qui consiste notamment à ouvrir les fenêtres.

Sur les plus de 4000 bâtiments du réseau des CSS et des CS, 3227 sont des établissements scolaires. De ce nombre, 1870 n'avaient aucun système de ventilation mécanique, en date de janvier 2020, indique-t-on dans le rapport.

La CSQ a elle aussi noté que le rapport du ministère s’attarde uniquement aux mécanismes de contrôle de la qualité de l’air et non pas à la qualité de l’air elle-même. Sa présidente, Sonia Éthier, a appelé le gouvernement à s’engager à rendre publics les résultats des tests de la qualité de l’air des écoles, en toute transparence.

Un appel répété par le président de la Fédération autonome de l'enseignement (FAE), Sylvain Mallette, qui juge le rapport présenté vendredi insuffisant.

Ce rapport ne permet pas, en période de pandémie, de prendre connaissance de la qualité de l’air dans les établissements scolaires.

Sylvain Mallette, président de la FAE

M. Mallette demande également à Québec de produire un portrait de la situation dans un contexte de pandémie et de présenter des mesures pour assurer la ventilation et l'aération dans tous les établissements, nécessaires pour endiguer la COVID-19 dans les écoles.

Un autre examen attendu, celui-là sur la qualité de l'air et l'état de la ventilation, sera réalisé par un comité d'experts, a indiqué plus tôt cette semaine le ministre de la Santé, Christian Dubé. Mais il se concentrera principalement sur les établissements de santé avant les écoles, a-t-il précisé.

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