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Il y a 40 ans disparaissait l’écrivain Romain Gary

Romain Gary en 1979

L'écrivain Romain est décédé le 2 décembre 1980.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le 2 décembre 1980 mourait l’écrivain Romain Gary. Avec son décès, ce n’était pas un, mais bien deux écrivains français qui quittaient la scène, comme nous le rappellent nos archives.

Une vie pleine de rebondissements…

L’écrivain français Romain Gary s'est suicidé le 2 décembre 1980. Il a mis là un terme à une vie aux multiples rebondissements.

Il a tout d'abord été aviateur.

Puis, en 1940, il a été l'un des premiers hommes à rejoindre le général de Gaulle en Angleterre pour libérer la France envahie par l'Allemagne nazie. Il a ensuite combattu en Afrique.

Il a été diplomate. Il a aussi été scénariste à Hollywood et grand reporter parcourant les quatre coins de la planète.

Né dans l’empire russe en 1914 sous le nom de Roman Kacew, il a changé son nom en arrivant en France en 1921 et est devenu Romain Gary.

Le 17 janvier 1982, l’émission Propos et confidences propose la première partie d’une série de quatre épisodes qui est tournée en 1979 et dans laquelle Romain Gary raconte sa vie.

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Propos et confidences, 17 janvier 1982 (extrait)

Dans cet extrait, il nous parle de son enfance en Russie et en Pologne.

On conclut en l’écoutant qu’il est le fruit d’un grand métissage culturel.

En effet, Romain Gary est imprégné des cultures russe, polonaise et française dès sa plus tendre jeunesse.

Sa culture française, il la doit au départ à sa mère, une actrice russe de religion juive très francophile et qui développe de grandes ambitions pour son fils.

Elle veut qu’il devienne un écrivain et un diplomate français.

La mère de Romain Gary meurt en 1941 sans savoir que son fils comblera ses plus grandes espérances.

Un romancier pionnier de l’écologie

Je réclame sans aucune pudeur la qualité du premier auteur à avoir écrit un livre sur la défense de l’environnement et de la protection de la nature. J’ai été du point de vue romanesque le premier écologiste de France.

Romain Gary, 1979

Dès 1945, Romain Gary fait une entrée remarquée dans le monde littéraire français en publiant le roman Éducation européenne.

Ce roman, qui traite de la résistance polonaise pendant la Deuxième Guerre mondiale, bat des records de vente autant dans le monde francophone que dans le monde anglo-saxon.

Mais la reconnaissance littéraire pour Romain Gary vient en 1956 avec le roman Les racines du ciel.

Ce livre nous amène dans ce qu’on appelle alors l’Afrique-Équatoriale française. 

Un idéaliste, Morel, lutte pour sauver de l’extinction des éléphants et est combattu par des trafiquants d’ivoire.

Le 24 janvier 1982, Propos et confidences propose un deuxième épisode dans lequel Romain Gary se raconte.

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Propos et confidences, 24 janvier 1982 (extrait)

Dans cet extrait, l’écrivain parle de son roman Les racines du ciel.

Il revendique avec cette œuvre le titre de premier romancier écologiste français.

Mais outre la protection de l’environnement, Romain Gary propose aussi un autre niveau de lecture de son roman.

Pour lui, les éléphants dans ce livre constituent une allégorie. Ils symbolisent, à leur manière, les droits humains.

Ce sont des animaux maladroits, gênants, encombrants, qui interfèrent avec le progrès, mais qu’il fallait néanmoins absolument protéger.

D’un ton acide, Romain Gary affirme du même souffle qu’il a écrit ce roman en vain.

L’auteur constate que l’on continue en 1979 de massacrer les éléphants et que même des épouses de chefs d’État africains participent activement au trafic de l’ivoire.

Une mort qui déclenche un scandale littéraire

La nouvelle de la mort de Romain Gary a déclenché un scandale littéraire.

Car on apprend que ce n’est pas un auteur estimé qui vient de mourir… mais deux.

En 1975, le prix Goncourt avait été décerné à l’auteur Émile Ajar pour son roman La vie devant soi.

Or, Émile Ajar est un pseudonyme derrière lequel se cache... Romain Gary.

Or, il est interdit que le Goncourt soit décerné deux fois au même auteur.

Plus ou moins involontairement, Romain Gary fait ainsi un grand pied de nez au monde littéraire français.

Les états arabes et les états juifs, ici on n’en tient pas compte.

Catherine Bégin, alias Madame Rosa, 2008

En 2008, le Théâtre du Rideau Vert de Montréal adapte La vie devant soi sur la scène.

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Téléjournal, 26 septembre 2008

Le reportage du journaliste Claude Deschênes présenté au Téléjournal le 26 septembre 2008 en fait la critique à l'occasion de la première.

L’adaptation de la metteure en scène Louise Marleau met de l’avant toute l’humanité du roman de Romain Gary.

Catherine Bégin interprète Madame Rosa, une vieille prostituée d’origine juive qui a connu le camp de concentration d'Auschwitz.

Elle a pris sous son aile Momo, un jeune musulman interprété par l'acteur Aliocha Schneider, qu’elle élève comme s’il était son fils.

En racontant l’histoire de Madame Rosa et de Momo, Romain Gary tente de jeter un pont entre deux cultures en guerre.

L’histoire du roman se termine par la mort de Madame Rosa veillée jusqu’à la fin par Momo.

La Vie devant soi d’Émile Ajar/Romain Gary a fait l’objet d’un film qui a reçu l’Oscar du meilleur film étranger en 1977.

En 2019, l’œuvre de Romain Gary entre dans la prestigieuse bibliothèque de La Pléiade aux Éditions Gallimard.

Il côtoie dorénavant des écrivains immortels comme Balzac, Alexandre Dumas et Voltaire, entre autres.

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