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La prison pour un homme qui a agressé des infirmières dans un hôpital à Moncton

L'homme sort du palais de justice la tête basse.

Bruce Randolph Van Horlick (ci-dessus lors d'une comparution en cour en mai dernier)

Photo : (CBC / Shane Magee)

Radio-Canada

Bruce Randolph Van Horlick, reconnu coupable d'une violente agression commise l’an dernier dans le Centre hospitalier universitaire Dr-Georges-L.-Dumont à Moncton, est condamné à six mois de prison et deux ans de probation.

La juge Yvette Finn a rendu sa décision sur la peine, vendredi, au palais de justice de Moncton. Il s'agit de deux peines semblables, une pour chaque accusation dont il est coupable, et qu'il doit purger simultanément.

L'homme de 70 ans d’Acadieville a subi un procès pour deux accusations de voies de fait provoquant des lésions corporelles sur deux infirmières, Natasha Poirier et Teresa Thibeault, en mars 2019. La juge a rendu un verdict de culpabilité le 11 septembre dernier.

Au moment des faits, le 11 mars 2019, Bruce Randolph Van Horlick était en conflit avec les infirmières qui s’occupaient de sa femme. Il estimait qu’elle ne recevait pas les soins adéquats.

Durant son procès, il a témoigné qu'il s'était rendu dans le bureau d’une des infirmières pour lui demander de changer sa femme de chambre. Il a dit se souvenir d'avoir rencontré l’infirmière-chef Natasha Poirier dans son bureau et qu'elle lui a demandé de sortir du bureau. Il a ajouté qu'il était fatigué, qu’il a eu une perte de mémoire et qu’il ne se souvenait pas des événements suivants.

Selon la version des faits présentée par Natasha Poirier au cours du procès, Van Horlick lui a tordu le bras gauche et les doigts avant de la frapper à la tête à plusieurs reprises jusqu’à ce qu’elle perde connaissance.

La Couronne demandait une peine de prison de trois à six mois, suivis de deux ans de probation en rappelant l'âge de Bruce Randolph Van Horlick et le fait qu'il n’avait pas de casier judiciaire. La Couronne avait aussi souligné les conséquences physiques, émotionnelles et financières subies par les victimes, qui n’ont pas pu retourner au travail pendant des mois. La Couronne réclamait aussi pour elles une indemnisation non précisée.

La défense recommandait pour sa part une peine avec sursis. L'avocat avait plaidé qu'il s’agissait de la première faute de Bruce Randolph Van Horlick et que l'affaire est survenue tandis que ce dernier prenait soin de sa femme mourante.

Les victimes espéraient une peine plus sévère

Au cours de l'agression, Natasha Poirier a subi une fracture du nez, des déchirures aux ligaments des mains, un œil au beurre noir et une commotion cérébrale.

Teresa Thibeault interviewée devant le palais de justice.

Teresa Thibeault dit qu'elle souhaitait que son agresseur soit condamné à 18 mois de prison.

Photo : Radio-Canada / Wildinette Paul

La peine imposée à son agresseur est légère, selon Natasha Poirier, qui n’exprime qu’un faible soulagement.

Le monsieur est parti pour se faire incarcérer. [Je suis] soulagée un petit peu parce qu’il ne va pas avoir longtemps, dit-elle.

Elle a d'ailleurs déposé une poursuite civile à la cour du banc de la Reine le 19 août dernier contre Randy Van Horlick.

Natasha Poirier demande un dédommagement pour les conséquences financières, physiques et psychologiques causées par cette violente attaque.

Natasha Poirier interviewée devant le palais de justice.

Natasha Poirier dit ne ressentir qu'un faible soulagement parce que son agresseur ne restera pas longtemps en prison.

Photo : Radio-Canada / Wildinette Paul

Teresa Thibeault, agressée durant la même altercation, est aussi déçue et elle espère se remettre de toute cette épreuve.

Six mois, on se fait dire que c’est bon dans notre situation et que c’est vraiment parce qu’on est des travailleuses de la santé. Et le fait qu’il ne démontrait aucun remords et tout ça! Le fait qu’il a eu six mois et qu'il va être en probation pour deux ans après, il va être [surveillé], mais j’aurais aimé à la place de six mois concurrents que ce soit consécutif, donc que ç’aurait équivalu à 12 mois. Mais, c'est ça. C’est fini pour tout de suite. On va continuer à avancer avec notre vie et on va espérer que ça ne nous revienne pas dans le futur, explique Teresa Thibeault.

Un pas dans la bonne direction contre la violence en milieu de travail

La présidente de la Fédération canadienne des syndicats d'infirmières et d'infirmiers, Linda Silas, a suivi ce procès avec attention.

Elle affirme qu'il s'agit de l'un des premiers cas de violence contre des infirmières qui mène à une peine de prison.

C'est une bataille qu'on mène depuis des années pour éliminer la violence dans le milieu de la santé. On est content, c'est un premier pas, mais on a beaucoup de travail à faire.

Linda Silas, présidente de la Fédération canadienne des syndicats d'infirmières et d'infirmiers

Elle ne croit cependant pas que ce verdict sera suffisant pour sensibiliser la population à la violence en milieu de travail.

C'est une première étape, on travaille avec le gouvernement provincial pour changer la loi pour s'assurer que dès qu'un assaut est fait sur un personnel de la santé, que c'est un assaut criminel, mais ça prend du temps.

Le syndicat réclame une meilleure protection pour ses membres

Le Syndicat des infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick rappelle la gravité des faits dans cette affaire.

 Bien que la décision de la juge Finn puisse offrir un léger sentiment d’apaisement, la portée émotionnelle et psychologique de cette violente agression sur ces infirmières est beaucoup plus longue que les blessures physiques qu’elles ont subies. Une de ces infirmières ne sait pas si elle reprendra le travail à la suite de cet incident, affirme la présidente du syndicat, Paula Doucet, citée dans un communiqué.

Le syndicat dit appuyer le projet de loi C-434 qui modifie le Code criminel (Nouvelle fenêtre) afin d’exiger du tribunal qu’il considère comme circonstance aggravante pour la détermination de la peine que la victime de voies de fait travaille dans le domaine de la santé. Le syndicat réclame aussi des enquêtes policières sur les cas de violence au travail en ce domaine et des mesures de sécurité renforcées dans les établissements de soins de santé.

Avec les renseignements de Wildinette Paul et de Marie-Hélène Lange

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