•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'étudiante rabrouée à la frontière du N.-B. peut enfin rentrer chez elle

Ariane McGraw dans sa voiture, le 27 novembre 2020

Après avoir traversé la frontière, Ariane McGraw s'est arrêtée sur le bord de la route, sans sortir de sa voiture, afin de discuter avec Radio-Canada par vidéoconférence.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Une étudiante originaire du Nouveau-Brunswick qui s'était fait refuser l’entrée lors de son passage à la frontière a finalement pu entrer dans la province et rejoindre sa famille, vendredi après-midi.

Notre dossier : La COVID-19 en Atlantique

Ariane McGraw voulait revenir passer ses vacances de Noël au Nouveau-Brunswick, mais elle a eu droit à une très mauvaise surprise jeudi. Après avoir fait sept heures de route, elle a été bloquée à la frontière à Edmundston parce que sa famille habite à Dieppe, une municipalité en phase orange.

Elle a dû passer la nuit dans un motel et a finalement pu franchir la frontière.

C'est un stress qui tombe, mais je tremble encore , a-t-elle raconté à Radio-Canada, quelques instants après son passage au Nouveau-Brunswick.

David et Arianne dans un aréna.

Arianne McGraw et son père David

Photo : Gracieuseté/David McGraw

L'étudiante a réussi à traverser la frontière grâce à de nouveaux documents de la province.

Elle raconte qu'elle a besoin de retourner à Dieppe pour revoir sa famille.

Ma santé mentale, je n’ai pas peur de l'avouer, elle est très très fragile. J'ai besoin de voir ma famille, j'étais désemparée.

Un périple long et pénible

Ariane McGraw étudie au Cégep de Chicoutimi, au Québec. Elle n’a pas vu sa famille depuis un an. À 19 ans, la situation devient difficile à supporter.

Cette année, ç’a été la pire année de cégep de ma vie, parce que tout était en ligne, les devoirs, c’était tough. Tout était tough mentalement. Puis là, je suis au bout du rouleau. Comme plusieurs étudiants, j’ai juste besoin de voir ma famille pour me ressourcer, parce que je suis quand même partie de la maison à 17 ans, a indiqué Ariane, la voix tremblante dans une vidéo diffusée sur Facebook jeudi.

Elle a donc entamé les démarches pour retourner à la maison auprès de sa famille à Dieppe. Elle a obtenu les autorisations nécessaires en utilisant le formulaire en ligne du gouvernement provincial.

Personne ne l’a contactée. Elle prend donc la route jeudi. Après sept heures au volant de sa voiture, on lui refuse l’entrée au Nouveau-Brunswick au point de contrôle d'Edmundston. C’est comme si on l’avait poussée hors de la province, dit son père.

Point de contrôle à Edmundston à la frontière québécoise.

Point de contrôle à Edmundston à la frontière québécoise

Photo : Radio-Canada / Patrick Bergeron

Ma fille a téléphoné, il était 13 h 30-14 h. Elle pleurait sur l’autoroute. Elle dit : "Ils ne m’ont pas laissée entrer et je suis chez nous. Ça fait un an que je ne vous ai pas vus. Je m’ennuie de vous autres", a confié M. McGraw.

On ne lui a même pas posé de questions. On ne lui a rien dit.

David McGraw

Selon son père, Ariane avait pourtant le droit de passer la frontière, puisqu’elle avait reçu les autorisations nécessaires.

Des règles complexes qui changent souvent

Les règles sont toutefois complexes et l’Arrêté obligatoire pour la COVID-19 au Nouveau-Brunswick (Nouvelle fenêtre) est régulièrement modifié. Le document a été révisé une trentaine de fois depuis le 19 mars.

Selon l’arrêté, les gens de partout au Canada peuvent entrer dans la province, mais doivent s’isoler pendant une période de 14 jours.

Dans les zones en phase rouge et orange, la bulle doit être formée d’un ménage, c’est-à-dire de gens qui résident à la même adresse. Or, il y a des exceptions.

Dans le communiqué du gouvernement provincial du 26 novembre, il est écrit que la bulle peut être élargie de façon à inclure un aidant ou un soignant, ou encore un membre de la famille immédiate qui a besoin de soutien sur le plan mental, social et/ou émotionnel.

Oui la santé, c’est important, mais la santé mentale, c’est important aussi. Pourquoi ils ne m’ont pas dit avant de partir : "Non, tu ne rentreras pas, ça ne vaut rien". Là, je suis prise dans un motel seule dans le milieu de nulle part, confie la jeune femme en pleurs sur Facebook.

La médecin hygiéniste en chef du Nouveau-Brunswick, Jennifer Russell, lors du point de presse lundi.

La médecin hygiéniste en chef du Nouveau-Brunswick, la Dre Jennifer Russell (archives)

Photo : Radio-Canada

La Dre Russell s'explique mal le refus

En entrevue à La matinale, la médecin hygiéniste en chef du Nouveau-Brunswick, la Dre Jennifer Russell, s’explique mal cette situation. Elle affirme qu’elle avait l’impression qu’une personne pouvait entrer dans une région en phase orange si elle s’isolait pendant 14 jours.

Je viens juste d’apprendre que quelqu’un a été retourné aux frontières, donc il faudra que je m’informe là-dessus, a déclaré la Dre Russell.

David McGraw dit avoir préparé sa chambre et tout organisé pour son isolement. Elle aura même sa propre salle de bain.

Avec des extraits de La matinale

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !