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« Plus de peur que de mal » pour les producteurs maraîchers

La majorité des producteurs rapportent des résultats financiers comparables ou meilleurs que la normale.

Des ouvriers travaillant dans un champs de légumes.

La température a été un défi supplémentaire pour les maraîchers en 2020, déjà aux prises avec une pénurie de main-d’œuvre.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le contexte anxiogène du printemps laissait présager le pire pour les producteurs maraîchers. L’association qui les représente rapporte finalement que « la majorité des producteurs font état de résultats financiers comparables ou meilleurs qu’à la normale », ce qui n’occulte pas une bonne dose de stress tout au long de l’été et un bilan désastreux pour certains.

Tout est récolté, là, ça va bien, admet le producteur Guillaume Henri, des Fermes GNC à Saint-Lin-Laurentides. Contrairement à des confrères qui font normalement affaire avec l’industrie de la restauration, frappée de plein fouet par la pandémie, il a pu compter sur les grandes chaînes d’alimentation pour vendre ses légumes. Son meilleur client : Loblaw.

La saison n’en a pas été moins éprouvante. La température, ça a été l’enfer, dit-il.

L’Association des producteurs maraîchers rapporte dans son Bilan des récoltes 2020 que la croissance de plusieurs cultures (betterave, carotte, chou, haricot, maïs sucré, oignon, radis, panais) a été ralentie ou compromise en raison des faibles températures du début de juin, des tempêtes de vent, des températures très élevées répétitives en juin et juillet et du manque de précipitations en début et mi-saison.

M. Henri parle même d’un automne pluvieux avec une période de grêle jamais vue. Les rendements ont été affectés dans l’ensemble, précise-t-il. La carotte et le panais ont mangé une claque.

Quant à la main-d'œuvre étrangère, essentielle à une partie de ses récoltes, elle était source d’une grande préoccupation en raison des restrictions de vols et quarantaines obligatoires. Finalement, il s’en tire avec seulement quelques enjeux logistiques pour loger les travailleurs et prendre leur température.

La main-d'œuvre a tardé à venir, mais elle est arrivée au bon moment.

Guillaume Henri, copropriétaire, Fermes GNC

Tout est bien qui finit bien, notamment parce qu’une majeure partie de ses récoltes se déroule à l’automne. D'autres, dont les producteurs de laitue qui ont dû faire leurs récoltes en début de saison, ont vécu cet épisode tel un cauchemar et ont dû se résigner à abandonner des cultures.

N’empêche que tous les travailleurs étrangers temporaires attendus n’ont pu être au rendez-vous. Selon l’association, environ 20 % d’entre eux ont manqué à l’appel au Québec. En amont, l’incertitude quant à la disponibilité de la main-d'œuvre avait conduit les producteurs à diminuer de 10 % en moyenne la superficie semée ou transplantée.

L’effet du programme de 45 millions de dollars J’y vais sur-le-champ!, annoncé par le gouvernement en avril pour encourager les Québécois à mettre leurs mains dans la terre et pallier le manque à gagner, semble avoir été marginal. L’Union des producteurs agricoles rapportait en octobre que 1900 travailleurs avaient pris part à l’effort pour l’ensemble de l’industrie.

Des prix plus élevés

Bien que les rendements aient été jugés globalement égaux ou inférieurs à une année normale et que les coûts de production aient augmenté, les comptes sont somme toute positifs et comparables aux années précédentes pour la plupart des agriculteurs sondés par l’Association des producteurs maraîchers.

C’est qu’ils ont pu profiter de prix plus élevés pour leurs produits. C’est une saison inhabituelle et unique. Mais, à la fin, je pense qu’il y a eu plus de peur que de mal, dit la directrice recherche et développement de l’organisme, Catherine Lessard. Quelques entreprises, indique-t-elle, ont fait mention d’une rentabilité exceptionnelle. Certaines ont eu aussi une saison désastreuse [...] D’une production à l’autre, ça dépend vraiment du marché auquel les produits étaient destinés.

Guillaume Henri croit d’ailleurs être parvenu à sauver la mise. Je ne dirais pas plus rentable, mais on va être correct, conclut-il.

Ce sur quoi tous s’entendent, et ils n’ont pas été les seuls, la dernière année s’est avérée plutôt stressante. Les producteurs sont très fatigués en cette fin de saison qui a exigé beaucoup plus de travail, constate Mme Lessard.

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