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Les sages-femmes de la Colombie-Britannique à bout de souffle

Colleen Fulton tient un bébé qu'elle vient d'aider à naître.

Colleen Fulton est sage-femme sur la rive nord de Vancouver, en Colombie-Britannique.

Photo : Allie Mennie

Les sages-femmes de la Colombie-Britannique dénoncent la dégradation de leurs conditions de travail en ce temps de pandémie qui a exacerbé stress, surmenage et difficultés financières.

Au début du mois de novembre, 100 sages-femmes de la province ont participé à un sondage sur l’exercice de la profession en temps de pandémie. Les préoccupations financières sont largement ressorties, autant en ce qui concerne les coûts professionnels que les difficultés à joindre les deux bouts au niveau privé.

Colleen Fulton, membre de l’Association des sages-femmes de la Colombie-Britannique (MABC), exerce le métier depuis six ans. Elle déplore que le secteur ait été laissé pour compte en ne recevant aucun soutien financier de la part des différents gouvernements. Pourtant, raconte-t-elle, les sages-femmes ont dû s’équiper elles-mêmes en protection personnelle et agencer leurs cliniques afin de respecter les protocoles d’hygiène et de sécurité.

Abandonner le métier

L'Association des sages-femmes de la province note que ses membres sont découragées par cette profession, qu’elles exercent avec dévouement. En effet, une sage-femme sur cinq a répondu qu'elle envisageait de changer de métier dans les prochaines années. À bout de souffle, Colleen Fulton y pense aussi, avoue-t-elle.

Je mentirais si je ne disais pas que je cherche autre chose moi-même pour plus tard.

Colleen Fulton, sage-femme

Malgré la gratitude et la passion du métier, le stress est énorme, et il faut penser à préserver sa santé, mais aussi la famille et surtout les mères et les enfants dont elles prennent soin.

Des salaires bas et des accouchements nombreux

La pandémie de la COVID-19 a mis en lumière les inégalités qui existent aussi dans son corps de métier, remarque Colleen Fulton. Elle regrette que les sages-femmes britanno-colombiennes soient moins bien payées qu’ailleurs au Canada malgré le nombre d'accouchements qu’elles effectuent.

Une femme vient d'accoucher à domicile, entourée de Colleen Fulton et de sa famille.

Colleen Fulton, sage-femme, trouve difficile de bâtir une relation personnelle avec les familles lorsque le visage est masqué, un autre défi auquel son corps de métier doit faire face et qui n'existait pas avant la pandémie.

Photo : Allie Mennie

Nous accouchons 25 % des bébés dans cette province. [C’est] proportionnellement le plus grand nombre de bébés au Canada, mais nous sommes à l'avant-dernière place pour ce qui est du salaire de toutes les sages-femmes au Canada. Et cela doit cesser.

Colleen Fulton, sage-femme

Le travail de la sage-femme en temps de pandémie s’est alourdi, selon Colleen Fulton. D’après la MABC, les femmes sont plus nombreuses dans une proportion de 40 % à vouloir mettre au monde leur enfant à domicile par peur de contracter le coronavirus en milieu hospitalier.

Le travail lui-même prend plus de temps, ajoute la professionnelle.

Mes visites à la clinique sont plus courtes, car je dois nettoyer la clinique de fond en comble entre mes clientes et mes patientes.

Colleen Fulton, sage-femme

Comme la population générale, Collen Fulton se dit fatiguée. Nous voulons tous que cette pandémie soit terminée parce qu'elle a vraiment changé ma capacité à donner des soins personnalisés, témoigne-t-elle.

Une sage-femme.

La Colombie-Britannique compte 402 sages-femmes certifiées.

Photo : Radio-Canada / Noémie Moukanda

Le gouvernement Horgan mené en arbitrage

La situation paraît presque injuste pour ces sages-femmes, selon Colleen Furton. Ses consoeurs et elle contribuent à alléger la pression qui existe sur le système de santé depuis longtemps, notamment avec la crise des maternités, mais elles continuent d’être lésées.

Cet automne, elles ont déclenché une procédure en arbitrage pour que le gouvernement de John Horgan améliore leur sort, parce que, estiment-elles, Victoria ne leur offre rien d’équitable.

Nous sommes les seuls fournisseurs de soins de santé primaires à ne pas être rémunérés au titre des dépenses de fonctionnement. Nous n'avons pas de pension. Nous n'avons pas de congé parental. Nous n'avons aucune invalidité de courte durée, s’insurge la professionnelle de la santé.

Si l'une de nous tombe malade de la COVID-19, nous devons payer de notre poche ce temps d’invalidité.

Colleen Fulton, sage-femme

Nous avons négocié des contrats et des contrats avec le gouvernement, et rien de tout cela n'a été résolu depuis que nous sommes en négociation. Nous avons donc franchi le pas d’aller en arbitrage pour, espérons-le, conclure un accord plus équitable, conclut Colleen Fulton.

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