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Une mère prête à une grève de la faim pour avoir des réponses sur la mort de son fils

Sylvie Salomon à Whitehorse en hiver.

Sylvie Salomon cherche toujours à comprendre pour quelles raisons son fils a été retrouvé mort dans une prison d'Edmonton en 2018.

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

Depuis 28 mois, Sylvie Salomon a l'impression de se battre contre des moulins à vent. Elle veut connaître les circonstances de la mort de son fils, Maxim Baril-Blouin, à Edmonton, en 2018. Elle menace les autorités du Yukon d'entamer une grève de la faim.

Le combat d'une vie

Ce 13 juillet aurait dû être une belle journée pour la Franco-Yukonnaise Sylvie Salomon. Cette date marque dorénavant le début du combat de sa vie.

Cette mère de Whitehorse se sent oubliée et perdue dans le système judiciaire depuis la mort de son fils, Maxim Baril-Blouin, au centre de détention provisoire d’Edmonton, en 2018.

Depuis, c’est comme le film Les 12 travaux d'Astérix. Sylvie Salomon cherche l’erreur. Comment a-t-on pu laisser mon fils aller en prison?, se demande-t-elle.

Désespérée, elle menace de faire une grève de la faim devant le ministère de la Justice du Yukon, qui aurait, selon elle, des réponses à ses questions.

Je suis une petite dame, je fais à peine 100 livres, je mets ma vie en danger.

Sylvie Salomon

Son fils avait été placé sous la garde de la Commission d’examen du Yukon, en 2017, après avoir été qualifié d’accusé non criminellement responsable de ses actes.

Une surdose de fentanyl

Adopté à la naissance, Maxim Baril-Blouin montre en grandissant un comportement instable et impulsif, parfois violent. Ses parents découvrent qu’il souffre du syndrome d'alcoolisme foetal (Nouvelle fenêtre).

Afin d’être encadré par du personnel qualifié, il est envoyé dans des établissements adaptés en Nouvelle-Écosse, en Ontario, puis en Alberta, où il est confié à l’agence I Have A Chance (IHAC), de Stony Plain.

Après une plainte contre lui, Maxim Baril-Blouin se retrouve au centre de détention provisoire d'Edmonton. Il y meurt d'une surdose de fentanyl le 13 juillet 2018.

Une femme et un jeune homme qui a un bras autour de ses épaules.

Sylvie Salomon et son fils, Maxim.

Photo : Radio-Canada

Pourquoi était-il à l'hôpital? Pourquoi mon fils a-t-il été mis dans un hôtel à un moment donné? Avec les gens qui souffrent d’alcoolisme fœtal, on ne peut pas facilement changer leur environnement, sinon on court au désastre, explique sa mère, qui cherche des réponses.

Depuis le drame, Sylvie Salomon tente d'avoir accès à des dossiers médicaux, des rapports de police et aux notes de traitement à l’agence IHAC, mais sans succès. Mes droits de mère se sont arrêtés, regrette-t-elle.

Une enquête qui prend son temps

L’entreprise privée I Have A Chance, accréditée par le Conseil d’accréditation canadien, n’a pas répondu aux nombreuses sollicitations de Radio-Canada.

Vingt-huit mois plus tard, aucune date de suivi n'a été déterminée dans l'enquête sur la mort de Maxim Baril-Blouin. Ce délai étonne Tom Engel, un avocat spécialisé en droit carcéral.

Elle mérite des réponses du gouvernement albertain, qui devrait être plus clair sur la date, dit-il. Les séances publiques de l’enquête doivent avoir lieu au tribunal à Edmonton et détermineront les circonstances de la mort de Maxim Baril-Blouin.

Contrairement à ce que pense Sylvie Salomon, ses droits de mère sont toujours là. Elle a le droit de se rendre à l’enquête sur la mort de son fils, seule ou avec un avocat. Elle pourra consulter les rapports de l’hôpital, de la prison, de l’autopsie, tout, certifie Tom Engel.

Des failles connues, dit l'avocat

Par ailleurs, cette affaire pourrait montrer les failles des services de santé de l’établissement où Maxim Baril-Blouin a perdu la vie, croit Me Engel, selon lequel il y a de sérieux problèmes au centre de détention provisoire d’Edmonton.

La prison est responsable de la santé de ses détenus. Beaucoup ont des médicaments à prendre, mais l’établissement ne les leur fournit pas avant la visite d’un médecin ou d'un psychiatre, ce qui peut prendre des mois, explique Tom Engel.

Certains détenus achètent alors des drogues illégales qui circulent en prison et peuvent en mourir.

En attendant que l’enquête commence en Alberta, Sylvie Salomon continue de faire pression sur les autorités du Yukon pour parvenir à comprendre la réalité des derniers mois de son enfant.

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