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Les nouvelles restrictions en Saskatchewan suscitent des réactions mitigées

Une serveuse masquée sert deux clients, également masqués, dans un bar. Elle est derrière le comptoir.

Les bars et les restaurants resteront ouverts, mais devront continuer à respecter le couvre-feu sur le service des boissons alcoolisées à partir de 22 h jusqu’au lendemain.

Photo : Radio-Canada / Rob Kruk

Vincent H. Turgeon

Les nouvelles mesures annoncées par le gouvernement de la Saskatchewan pour freiner la COVID-19 ne laissent pas indifférentes dans différents secteurs économiques et le milieu de la santé.

Le président-directeur général de l'Association des hôteliers de la Saskatchewan, Jim Bence, est soulagé des nouvelles restrictions annoncées mercredi par la province, lui qui craignait au départ un reconfinement.

Les autorités ont plutôt choisi de suspendre des sports d’équipe, de réduire la capacité d’accueil, entre autres, dans les lieux de culte et les centres commerciaux, et de limiter à quatre personnes le nombre de clients assis à une même table dans les restaurants.

Jim Bence voit ces restrictions d’un bon œil. Il croit que celles-ci permettront de protéger toute la population de la COVID-19. De plus, il est persuadé que les restaurateurs saskatchewanais trouveront des façons créatives de poursuivre leurs activités, par exemple grâce à un service de livraison et de commandes à emporter.

Tout comme M. Bence, le président-directeur général de la Chambre de commerce de Saskatoon a salué les nouvelles restrictions qui entreront en vigueur vendredi.

Les restrictions ciblées annoncées aujourd'hui par [Scott Moe] sont intelligentes et chirurgicales, et visent à réduire les activités et les interactions qui, croit-on, contribuent à la propagation de la COVID. Il est important de noter que les mesures aideront à protéger des vies et les moyens de subsistance. Maintenant, c’est à nous de décider, a-t-il indiqué sur Twitter, mercredi.

Le président-directeur général de la Chambre de commerce de Regina, John Hopkins, est heureux de voir que la province n’est pas reconfinée ni que des commerces doivent temporairement fermer.

Il y aura des défis pour des restaurants et des gymnases, alors ces annonces ne sont pas sans mal. Nous sommes toutefois contents qu'au moins, l'économie dans son ensemble ne soit pas paralysée, du moins jusqu'à présent, dit-il.

Si nous devions fermer l'économie lors de la plus importante saison pour la vente au détail de l'année, qui compte pour 80 % du revenu annuel de certaines entreprises - c'est-à-dire la saison de Noël - , ce serait dévastateur, poursuit John Hopkins.

Les entreprises ne se sont toujours pas remises du premier arrêt de l'économie. Certaines d'entre elles sont au bord du gouffre. [Une autre fermeture] aurait pu les pousser à bout.

John Hopkins, président-directeur général de la Chambre de commerce de Regina

Pour Shawn Moen, de la micro-brasserie 9 Mile Legacy Brewing de Saskatoon, c’est plutôt l’effet contraire : l’aide financière limitée et les nouvelles restrictions posent un réel défi à son entreprise.

Les affaires roulent au ralenti, écrit-il sur Twitter. Nous avons la permission de rester ouverts (et en sommes reconnaissants), mais nos clients se font dire de rester à la maison.

Selon lui, les différents programmes fédéraux comme la subvention salariale d’urgence ou la subvention d’urgence pour le loyer ne suffisent pas.

Chaque entreprise se retrouve face à un dilemme, dit Shawn Moen. On leur demande soit de fermer de manière préventive et de prendre le risque de ne pas être éligible aux programmes d'aide ou bien de rester ouverts en perdant des revenus.

Si une entreprise est obligée de fermer en raison d’une ordonnance de santé publique, elle se qualifie pour une aide financière supplémentaire à travers le programme de subvention d’urgence pour le loyer.

En ce moment toutefois, les restaurants et les bars de la Saskatchewan sont autorisés à rester ouverts.

Une déception pour les infirmiers et les infirmières

Du côté des travailleurs de la santé, on réagit plutôt négativement à l’annonce gouvernementale.

Dans une déclaration publiée sur Twitter mercredi après-midi, le Syndicat des infirmières et des infirmiers de la Saskatchewan a critiqué les nouvelles mesures, se disant déçu de ces demi-mesures. Une opinion réitérée par la présidente du syndicat, Tracy Zambory, en entrevue jeudi.

Selon le syndicat, ces restrictions, en comparaison avec un confinement, ne seront pas suffisantes pour contenir la propagation du virus. Le syndicat avait également critiqué les mesures annoncées à la mi-novembre.

Il affirme que les directives dévoilées mercredi mèneront à encore plus d'incertitudes économiques et à davantage de décès dans les semaines à venir.

Si nous continuons de cette façon, nous n'aurons jamais sous contrôle la situation liée à la COVID-19.

Tracy Zambory, présidente du Syndicat des infirmières et des infirmiers de la Saskatchewan

Tracy Zambory affirme que les membres du syndicat ont peur, notamment en raison du nombre d'hospitalisations qui augmente en Saskatchewan et en voyant la situation actuelle liée à la pandémie au sud de la frontière.

Elle implore la population à respecter les mesures sanitaires en place, de limiter les déplacements et de privilégier les rencontres en petits groupes.

Avec les informations de Geneviève Patterson et Grégory Wilson

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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