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Grave cas de maltraitance à Granby : la classe politique révoltée à Québec

Un enfant dont on ne voit pas le visage est assis par terre.

Un grave cas de maltraitance d'un adolescent de 17 ans, à Granby, a suscité de nombreuses réactions à l’Assemblée nationale (archives).

Photo : iStock / KatarzynaBialasiewicz

Radio-Canada

Décrit par des pédiatres comme étant « le plus sévère » cas de maltraitance d'enfants dont ils ont été témoins dans leur carrière, le sort d'un enfant de 17 ans de Granby a suscité la colère des politiciens, jeudi, à Québec.

C’est épouvantable, c’est choquant, s’est insurgé le premier ministre François Legault à propos du jugement du juge Conrad Chapdelaine rapporté par Radio-Canada il y a deux semaines. La mère de l'adolescent avait alors écopé d'une peine de huit années de prison.

C’est gênant pour le Québec d’entendre des histoires d’horreur comme celle-là, a-t-il ajouté.

Le premier ministre François Legault a même fait savoir qu’il ferait tout pour qu’une situation similaire ne se reproduise plus.

Notre gouvernement va tout faire [...] pour protéger les enfants, les jeunes. Pour s’assurer que ça n’arrive plus ce genre d'affaires là.

François Legault

Rappelons que dans son jugement, rendu le 13 novembre dernier au palais de justice de Sherbrooke, le juge Conrad Chapdelaine indiquait que les gestes posés par l’accusée étaient d’une cruauté extrême. D'ailleurs, le tribunal considérait que ce dossier demeure l'un des pires cas de maltraitance à lui avoir été soumis.

Le premier ministre du Québec a néanmoins tenu à souligner que cette histoire s’était déroulée avant que la DPJ de l’Estrie ne soit mise sous tutelle, plus tôt cette année. Lionel Carmant est déjà en train de réformer la DPJ. On a déjà ajouté du personnel. On devra avoir dans les prochains jours un rapport préliminaire de la commission Laurent avec des recommandations, a-t-il expliqué.

La classe politique outrée

Les différents partis d’opposition ont fait connaître leur indignation, jeudi. Honnêtement, les mots me manquent. Ça n’a pas de sens. Il y a peut-être d’autres cas qui existent aujourd’hui. Et dans le contexte actuel de la pandémie, où on a moins de visibilité sur ce qui se passe, c’est extrêmement préoccupant, a lancé la cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade.

De son côté, la députée solidaire de Sherbrooke, Christine Labrie, souhaite que les choses changent rapidement. Je veux savoir quelles pistes de solution on peut et on doit mettre en œuvre tout de suite pour les aider à traiter les signalements rapidement. On sait que souvent les intervenantes ont beaucoup de dossiers sous leur responsabilité, a-t-elle indiqué.

Ça arrache le cœur. On a allongé le mandat de la commission Laurent en espérant que plus jamais ce genre de chose ne puisse se reproduire, a soutenu de son côté Pascal Bérubé, chef parlementaire du Parti québécois.

Des enquêtes internes lancées

Dans ce dossier, le juge a sévèrement blâmé la DPJ, avançant qu’elle avait gravement manqué à son mandat de protéger les enfants de l’accusée. Le ministre de la Santé, Christian Dubé, assure néanmoins que des enquêtes internes ont été entreprises à la DPJ de l’Estrie. De plus, selon lui, la mise sous tutelle de la DPJ de l’Estrie permettra de poser les bons gestes.

Il faut aussi penser qu’il y aura la commission Laurent qui arrivera avec des recommandations très claires au cours des prochains mois, martèle-t-il. Je partage l’indignation et je pense que mon collègue travaille très fort pour arriver à des conclusions sur cette situation.

Du côté des intervenants de la DPJ, on dénonce le manque de ressources, de personnel ainsi que de graves problèmes de rétention. L’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), qui représente les intervenants de la DPJ en Estrie, croit que ces constats vont ressortir dans le rapport préliminaire de la commission Laurent, lundi prochain.

Se poser la question : est-ce qu’on est à l’abri d’autres drames? La réponse qu’on donne, c’est non, on [ne l’est] pas. On n’a pas résolu les problèmes à la racine, se désole Marc Richard, représentant national de l’APTS en Estrie.

Sollicité pour une entrevue avec Radio-Canada Estrie, le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, a décliné notre demande.

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