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Conflit au Tigré : des conditions difficiles attendent les réfugiés au Soudan

Des dizaines de personnes se promènent dans le camp alors que la nuit tombe.

Des gens ont fui l'État du Tigré pour trouver refuge au Soudan, notamment dans le camp Umm Rakouba, à Gedarif.

Photo : Associated Press / Nariman El-Mofty

Radio-Canada

Les dizaines de milliers de réfugiés qui ont décidé de fuir l’Éthiopie, où les forces gouvernementales affrontent celles du Front de libération du peuple du Tigré, se retrouvent aux prises avec des conditions difficiles dans les camps au Soudan, où le matériel et la nourriture se font rares.

Tandis que les deux parties qui s’opposent dans ce conflit tentent de contrôler l’information transmise au reste du monde – l’un assurant avoir le dessus sur l’autre et vice versa –, les civils continuent d’affluer à la frontière soudano-éthiopienne.

Si les autorités soudanaises ont déjà accueilli 42 651 personnes dans les camps montés en vitesse dans l’est du pays, elles s’attendent à en recevoir jusqu’à 200 000, a indiqué Bastien Renouil, journaliste basé pour le moment à Gedarif, à 160 km de la frontière, au micro de Midi info.

Nombreux sont ceux qui ont fui l’Éthiopie afin d’éviter les combats, a-t-il expliqué. Ils sont extrêmement nombreux à parler des violences contre les civils, notamment contre la population d’origine tigréenne.

Il est difficile de savoir qui croire entre le gouvernement éthiopien et les autorités du Tigré. Mais plusieurs histoires d’horreur racontées par des réfugiés témoins d’exécutions laissent penser que le gouvernement pourrait être responsable de massacres contre des civils, a rapporté M. Renouil.

Malgré les échos de tueries qui ont lieu dans l’État du Tigré, des réfugiés songeraient tout de même à retraverser la frontière ou bien à tenter leur chance dans la nature soudanaise, tant les conditions dans les camps sont difficiles.

Des réfugiés ont confié à M. Renouil qu'ils songeaient à quitter le camp si les conditions ne s'améliorent pas dans les prochains jours. Ils préfèrent ça plutôt que de mourir de faim ou de froid, a-t-il dit.

Deux hommes armés sont assis sur un tas de sacs dans lesquels se trouvent des denrées.

Des soldats gardent un œil sur des sacs contenant de la nourriture destinée aux réfugiés éthiopiens, dans le camp Fashaga, au Soudan.

Photo : Reuters / MOHAMED NURELDIN ABDALLAH

Une grande partie des réfugiés ne mangent pas à leur faim et n’ont pas ce qu’il faut pour se construire un abri. Malgré l’aide internationale, la présence d’agences onusiennes et d’ONG locales, le matériel, comme des couvertures et des tapis, vient à manquer.

Dans cette région désertique du Soudan, les températures peuvent atteindre jusqu’à 40 degrés en plein jour, avant de chuter juste au-dessus de la barre de 0 degré la nuit. C’est sans compter les rafales de vent qui balaient le paysage à toute heure de la journée.

Si le matériel tarde à arriver, c'est parce que les ONG doivent l'acheminer jusque dans les camps, qui sont éloignés des grands centres. Il faut de nombreuses heures de route pour y accéder, et les pistes sont parfois difficiles d’accès, ce qui leur complique davantage la tâche.

Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) en est à travailler avec l'agence soudanaise pour les réfugiés (COR) afin de coordonner l'acheminement de matériel et de denrées dans les camps. Le Programme alimentaire mondial, une autre branche de l'ONU, a déjà fourni de la nourriture, comme des lentilles et du sorgho, mais en quantités insuffisantes.

Un enfant est assis sur du matériel devant une tente à l'effigie du Programme alimentaire mondial de l'ONU.

Le Programme alimentaire mondial a fourni un petit peu de nourriture dans les camps de réfugiés au Soudan, mais les quantités sont encore insuffisantes.

Photo : afp via getty images / ASHRAF SHAZLY

Bien que le Soudan fasse preuve d'ouverture en accueillant ces dizaines de milliers de réfugiés sur son territoire, le pays n'a ni les moyens ni les structures pour prendre toutes ces personnes sous son aile. Lui-même aux prises avec une grave crise économique, à laquelle s'ajoute la pandémie de COVID-19, le Soudan compte déjà 1 million de réfugiés sur son propre sol.

Depuis une semaine, le nombre de personnes qui traversent la frontière a toutefois connu une baisse, selon les données du HCR. Mercredi, l'agence onusienne recensait 718 arrivées, contre 3813 le 21 novembre.

La région du Tigré, qui se trouve dans le nord de l'Éthiopie, est secouée par de violents affrontements depuis que le premier ministre Abiy Ahmed a donné le feu vert à une opération militaire, le 4 novembre.

M. Ahmed accuse les dirigeants du Front de libération du peuple du Tigré de vouloir déstabiliser le gouvernement éthiopien et d'être à l'origine d'attaques contre deux bases militaires dans la région. Les autorités du Tigré nient en être responsables.

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