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Biodôme : le déménagement a été fatal pour des dizaines d'animaux

Le stress du déplacement et quelques erreurs ont causé la mort de près de 80 animaux, révèle un document obtenu par Radio-Canada.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Un petit singe accroché à une branche d'arbre.

Le reportage de Mathieu Prost

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le déracinement des animaux du Biodôme de Montréal durant deux ans de travaux a provoqué la mort de 76 animaux et probablement de 7 autres, apprend-on grâce à une demande d'accès à l'information.

Dès les premiers jours suivant le grand déménagement qui a vu 4500 animaux déplacés, certains parfois même en avion, plusieurs sont morts de causes inhabituelles. C'est le cas du petit singe callimico, qui a développé des problèmes aux reins, probablement liés à une déshydratation causée par le stress.

Un petit pingouin est aussi mort d'une infection que l'équipe du Biodôme n'avait pas l'habitude de voir. Il y a un doute raisonnable que le stress a fait de l’immunosuppression chez cet individu, explique la vétérinaire au Biodôme, Emiko Wong. C'est ce qui aurait causé une maladie fongique qui a pris le dessus sur le système respiratoire de l’animal.

La vétérinaire a de forts soupçons que ces morts sont liées au déménagement. Pour la vaste majorité des autres mortalités, elle est certaine du lien de cause à effet.

Les oiseaux, plus fragiles

Un macareux moine sur un rocher

Un macareux moine du Biodôme est mort au moment de la réintégration dans le nouvel espace rénové.

Photo : iStock

Un manchot papou est mort plus tôt cette année, au moment où les équipes préparaient la réintégration des animaux dans le bâtiment rénové. Sa mort a été causée par le même champignon qui a emporté le petit pingouin. Du jamais-vu en 20 ans au Biodôme, pour Emiko Wong.

La vétérinaire soupçonne aussi le stress cumulatif du déménagement pour expliquer la mort d'un macareux moine.

Au total, une trentaine d'oiseaux sont morts en lien avec le déracinement, dont plusieurs espèces tropicales plus colorées les unes que les autres.

Un Araçari vert.

Deux Araçaris verts sont morts en lien avec le déménagement.

Photo : Claude Lafond/Espace pour la vie

Les oiseaux sont plus fragiles, ils ont un métabolisme plus rapide, explique Emiko Wong. Pour les déménager, il a fallu les capturer et les installer dans des environnements qui n'étaient pas la forêt tropicale.

Ils n'ont pas eu autant de stimulations, pas autant d’opportunités d’exprimer des comportements naturels. On savait que c'était temporaire, et malgré que ça respectait les normes, il faut comprendre que c'était un stress.

Emiko Wong, vétérinaire au Biodôme

Un parallèle avec les chevreuils de Longueuil

La mort des pensionnaires du Biodôme démontre tout l'impact du déracinement sur un animal. Même un chat peut se laisser mourir lors d'un déménagement, rappelle Emiko Wong.

Au sujet de la décision très médiatisée de déplacer les 15 cerfs du parc Michel-Chartrand de Longueuil, réclamée et obtenue par des militants de la cause animale, la vétérinaire pense que ce n'était « pas la meilleure décision ».

Pour plusieurs espèces, c’est quand même démontré que ça peut avoir un effet délétère et ça peut même être une forme d’euthanasie cruelle à petit feu, dit-elle.

Carnage parmi les mouettes et les sternes

Des mouettes au Biodôme de Montréal.

Des mouettes au Biodôme de Montréal.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Quatre mouettes et douze sternes sont mortes après avoir été envoyées aux écuries de Saint-Eustache. Elles ont été tuées par une belette venue de l'extérieur qui s'est introduite dans leur habitat.

Je n’ai pas l’impression qu’on aurait pu prédire toutes les erreurs, admet Emiko Wong.

Chauves-souris décimées

Artibé de la Jamaïque

Artibé de la Jamaïque

Photo : Espace pour la vie

Quarante-six chauves-souris de trois espèces différentes sont mortes à cause du déménagement. Ce qui a causé leur perte est un problème de revêtement de leur habitat temporaire.

On pensait qu’il serait adéquat, mais il était un peu trop abrasif, explique Emiko Wong. Dès qu’on a vu les chauves-souris en souffrir, on a changé le revêtement.

Les manchots royaux épargnés du voyage retour

Un manchot royal dans son chariot de transport.

Un manchot royal dans son chariot de transport, en avril 2018.

Photo : Radio-Canada

Pour leur éviter un autre stress possiblement fatal, le Biodôme a décidé de ne pas faire revenir les manchots royaux envoyés au zoo de Calgary.

Les mâles de 19-20 ans et les femelles de 26-27 ans finiront donc leurs jours en Alberta, mais des petits nés sur place et d'autres individus plus jeunes sont à Montréal.

Les 4500 animaux du Biodôme profitent actuellement de l'absence de visiteurs en raison de la pandémie pour s'approprier dans le calme les nouveaux écosystèmes rénovés.

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