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Peine d'Alexandre Bissonnette : vive déception à la grande mosquée de Québec

Plan rapproché de Boufeldja Benabdallah.

Boufeldja Benabdallah lors d'un point de presse devant les journalistes, jeudi après-midi à Québec

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Boufeldja Benabdallah n’a pas caché sa vive déception devant la décision de la Cour d’appel rendue jeudi midi. Celle-ci invalide la décision du juge de première instance qui envoyait l’auteur de la tuerie de la grande mosquée de Québec 40 ans derrière les barreaux avant d’être admissible à la libération conditionnelle.

L’ancien président du Centre culturel islamique de Québec (CCIQ) affirme que cette décision risque de faire souffrir les familles des victimes de l’attaque du 29 janvier 2017, perpétrée par Alexandre Bissonnette.

On aurait laissé le soin aux familles de se prononcer, mais les familles ne sont pas là, il ne faut pas les bousculer, affirme M. Benabdallah dès le début de sa déclaration aux médias.

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Plan éloigné de Boufeldja Benabdallah, à l'extérieur, l'hiver, devant des micros de journaliste

D’après le jugement de la Cour d’appel, le tueur de la grande mosquée de Québec devra purger une peine de prison à vie et sera admissible à la libération conditionnelle après 25 ans, soit 15 ans avant le jugement rendu par le juge François Huot en 2019.

Cette peine n’est pas suffisamment exemplaire, d’après Boufeldja Benabdallah. Ce n’est pas contre l’individu, c’est de prendre une peine assez forte pour dire que ça ne se reproduira plus. Nous ne sommes pas amers contre la société, nous sommes amers d’une décision qui risque de faire reculer la société.

Nous sommes peinés que cette décision remette sur nous l'odieux de la protestation. Certains diront : "Ils se plaignent toujours".

Boufeldja Benabdallah

La Cour suprême n’est pas écartée

L’ancien président du CCIQ souhaite prendre le temps de bien lire le document de 42 pages déposé par la Cour d’appel avant d’annoncer la position de la grande mosquée de Québec.

On va étudier notre cause. On va questionner nos partenaires. Le DPCP a aussi un rôle à jouer, il a sa mécanique à lui. Mais s’il faut aller jusqu’en haut, il faut que ce ne soit pas pour le cas d’un individu, mais pour la société, réitère M. Benabdallah.

Des fleurs déposées devant le Centre culturel islamique de Québec au lendemain de la fusillade (archives).

Des fleurs déposées devant le Centre culturel islamique de Québec au lendemain de la fusillade. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Maxime Corneau

Jeudi, le Directeur des poursuites criminelles et pénales a lui aussi indiqué qu'il analyserait la décision avant de se prononcer sur une possible contestation devant la plus haute cour du pays.

Dans leur décision, les trois juges de la Cour d'appel, eux, font valoir que la peine consécutive de 40 ans imposée à Alexandre Bissonnette ne doit pas satisfaire un esprit vengeur. Ils précisent que des peines aussi sévères sont rares au Canada.

Ne nous questionnez pas sur le pardon. Le pardon n'est pas pour aujourd’hui. Les gens de la tuerie à la Polytechnique, ça fait plus de trente ans qu’ils rappellent ce drame horrible contre les femmes.

Boufeldja Benabdallah

Une pensée pour les proches de la tuerie du Vieux-Québec

Par courriel, Megda Belkacemi, la fille d'une des victimes, Khaled Belkacemi, souligne que la famille préfère ne pas commenter la décision de la Cour d’appel.

Megda et Amir Belkacemi, les enfants de Khaled Belkacemi, l'une des six victimes de l'attentat à la mosquée de Québec.

Megda et Amir Belkacemi, les enfants de Khaled Belkacemi, l'une des six victimes de l'attentat à la grande mosquée de Québec. (Archives)

Photo : Radio-Canada

Elle ajoute cependant que leurs pensées se dirigent vers les familles des deux personnes tuées lors de l’attaque à l’arme blanche du 31 octobre dans le Vieux-Québec. Nous savons qu’ils devront également passer par ce douloureux processus judiciaire en plus du deuil de leurs proches ou de leur rétablissement, et nous sommes solidaires avec eux dans cette épreuve, écrit-elle.

Elle en profite pour remercier les Québécois pour leurs nombreux messages de soutien.

Le ministre de la Justice se penchera sur le dossier

Jeudi après-midi, le premier ministre François Legault n’a pas voulu commenter plus longuement la décision de la Cour d’appel lors de son point de presse sur la COVID-19.

Simon Jolin-Barrette, le ministre de la Justice, va bien prendre connaissance de la décision, et nous vous reviendrons plus tard, mentionne-t-il.

Le président du Conseil du Trésor du Canada, le député de Québec Jean-Yves Duclos, a réagi par écrit.

Nous sommes tous envahis par une grande tristesse lorsque nous repensons à l'horreur des événements du 29 janvier 2017, et aujourd'hui toutes mes pensées accompagnent les survivants, de même que les familles et les proches des victimes. Par respect pour l'indépendance du processus judiciaire qui est toujours en cours, je ne commenterai pas davantage, dit-il.

Les parents d’Alexandre Bissonnette, de leur côté, ont répondu qu’ils ne feront pas de commentaire.

Avec les informations de Julia Page et Yannick Bergeron

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