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L'entreprise drummondvilloise Humanware signe le plus gros contrat de son histoire

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Gilles Pépin prend la pose dans les locaux de l'entreprise Humanware

Gilles Pépin, président de Humanware, se réjouit d'avoir signé le plus important contrat de l'histoire de l'entreprise avec la bibliothèque du Congrès américain.

Photo : Radio-Canada

Des centaines de milliers d'Américains non voyants ou vivant avec une déficience visuelle pourront lire les livres de la bibliothèque du Congrès américain grâce à l'entreprise drummondvilloise Humanware.

Il s’agit du plus gros contrat de l’entreprise qui œuvre depuis une trentaine d’années dans la création d’appareils facilitant le quotidien de ceux dont la vue est défaillante. Pas moins de 450 000 appareils d’une version modifiée de leur actuel lecteur Stratus seront acheminés à la bibliothèque du Congrès, ce qui représente un contrat de 60 M$ US échelonné sur une période de 5 ans.

La bibliothèque du Congrès : comment ça fonctionne?

Les appareils permettent de faire la lecture de livres audio numériques.

La bibliothèque fournit à chaque citoyen américain en faisant la demande, un appareil permettant la lecture de livres parlés. Contrairement aux livres audio populaires sur plusieurs plateformes de baladodiffusion, ces livres sont spécialement enregistrés pour les personnes non voyantes ou ayant des déficiences visuelles. Les abonnés de la bibliothèque du Congrès font leur choix de livres parmi une vaste sélection.

Puis, une cartouche lue par les appareils d’Humanware leur est ensuite acheminée par la poste. Avec le nouvel appareil, il sera aussi possible de télécharger directement le contenu depuis le site web de la bibliothèque et d’utiliser un support USB.

Ce contrat historique est le fruit d’un travail de longue haleine. En 1996, Humanware créait son premier lecteur audionumérique.

On est reconnu mondialement dans ce domaine très spécifique comme étant des leaders, on occupe à peu près 80 %-90 % du marché mondial de ce produit explique le président de la compagnie, Gilles Pépin.

Ce n’était pas la première fois que l’entreprise drummondvilloise faisait affaire avec la bibliothèque du Congrès américain. En 2003, l'institution avait fait appel aux services d’Humanware pour concevoir et développer la première génération de leur lecteur numérique de livre parlé. À ce moment, le contrat de production des appareils avait été obtenu par une autre entreprise. En 2019, la bibliothèque avait récidivé en demandant la création d’un lecteur braille aux créateurs québécois.

Puis cette année, Humanware a emporté l’appel d’offres visant le remplacement des appareils numériques audio qu’elle avait elle-même créés en 2003. Un contrat non seulement pour la conception des nouveaux appareils, mais aussi pour leur production. Un véritable tremplin pour la compagnie pour qui l’atteinte de clients institutionnels est beaucoup plus profitable que la vente aux particuliers, qui demeure un secteur niché.

Un dessin du futur appareil.

Le prototype de lecteur audio numérique que l'entreprise Humanware a développé pour la bibliothèque du Congrès américain.

Photo : Humanware

Du côté de la bibliothèque américaine, impossible de savoir de combien de compagnies ont participé à l’appel d’offres. Il s’agit d’un processus confidentiel comme l’explique Karen Kenninger, directrice du National Library Service for the Blind and Print Disabled, une division de la bibliothèque du Congrès destinée aux personnes aveugles. Elle constate toutefois que les lecteurs d’Humanware, particulièrement le récent lecteur braille, fonctionnent très bien et semblent appréciés des membres.

C’est vraiment une reconnaissance par l’un des organismes les plus importants dans notre domaine.

Gilles Pépin, président d’Humanware

La bibliothèque du Congrès est reconnue comme un leader mondial dans l’accessibilité pour les personnes ayant des problèmes de vision. Karen Kenninger souligne que les modifications technologiques apportées par Humanware, dont la possibilité de téléchargement via le Wi-Fi, permettront à l’institution une importante évolution numérique.

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Démonstration du lecteur audio numérique Stratus d'Humanware

Une clientèle âgée

Pour ce contrat, le défi de conception des appareils est double : il doit d’abord répondre aux besoins des personnes non voyantes, mais doit aussi être adapté à une clientèle âgée qui est souvent moins habile avec les technologies.

Selon Gilles Pépin, la majorité des membres ont plus de 75 ans, avec une forte proportion d'usagers âgés de 80 à 85 ans. Les aînés représenteraient environ 85 % des usagers de ces appareils.

Il s’agit donc d’un appareil très complet, mais simple d’utilisation.

Un contrat majeur et de nouveaux emplois

Pour répondre à la demande du Congrès, de nouvelles embauches seront faites au sein de l’équipe de recherche et développement pour adapter l'appareil aux besoins du client. Même si la production sera faite majoritairement en Asie, les employés de Drummondville veilleront au contrôle de la qualité et à l’assemblage final, ce qui entraînera aussi la création de nouveaux postes.

L’entreprise espère maintenant que ce contrat historique ouvrira la porte à davantage de contrats du même type. On voudrait profiter de cette technologie-là, de s’en servir comme tremplin pour d’autres pays à travers le monde, conclut Gilles Pépin.

À ce jour, Humanware a distribué 750 000 de ses lecteurs Stratus à travers une cinquantaine de pays dans le monde et dans plus 25 langues.

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