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La région de Peel veut limiter ce que peuvent vendre les magasins à grande surface

Une file de personnes portant un masque attendant avec leur panier d'épicerie.

Des centaines de personnes font la file pour aller faire des courses dans un magasin Costco, tandis que de nombreuses PME du Grand Toronto ont été obligées de fermer leurs portes temporairement.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Nicolas Haddad

Le conseil de la région de Peel a adopté à l’unanimité une résolution qui vise à limiter à des articles essentiels ce que les magasins à grande surface pourront vendre.

La résolution a été présentée par la mairesse de Mississauga, Bonnie Crombie, qui affirme qu’elle servira à uniformiser les règles du jeu, qui défavorisent en ce moment les PME de la région de Peel. Elle limiterait les ventes des magasins à grande surface aux aliments, aux produits de soins personnels, aux produits pharmaceutiques et aux produits de soins pour enfants en bas âge.

Photo de Bonnie Crombie en train de parler.

La mairesse de Mississauga, Bonnie Crombie

Photo : PC / Pawel Dwulit

Malheureusement, les gens sortent et se dirigent vers les magasins à grande surface. Les foules sont souvent hors de contrôle, il n'y a pas de distanciation sociale, et ils achètent beaucoup plus que ce qui est essentiel, a-t-elle lancé lors de la réunion du conseil, jeudi.

Ça donne un avantage très injuste aux magasins à grande surface.

Bonnie Crombie, mairesse de Mississauga

Selon la mairesse, les PME de Peel souffrent depuis que la province a imposé leur fermeture temporaire plus tôt cette semaine quand la région de Peel est passée en zone grise.

Des gens sont au rayon de la viande.

Des clients magasinent dans un Walmart. (archives)

Photo : Reuters / Kamil Krzaczynski

Le conseil régional de Peel n’a pas caché que la résolution représente surtout un geste symbolique.

La résolution servira de demande adressée à la province pour qu’elle mette fin à ce que le conseil de Peel appelle de la concurrence déloyale selon laquelle les magasins de grande surface ouverts au public tirent des profits du fait qu’ils seront les seuls magasins ouverts lors du Vendredi fou et juste avant le temps des Fêtes.

Lors de la séance du conseil régional de Peel, jeudi, les élus ont aussi confirmé qu’ils avaient été nombreux à avoir échangé à ce sujet avec de hauts dirigeants de magasins à grande surface présents dans leur circonscription, dont Walmart, Harry Rosen, et Toys ‘’R’’ Us.

Si la résolution proposée par Bonnie Crombie a été retenue à l’unanimité par le conseil de la région de Peel, elle a aussi fait l’objet d’un long débat quant à son utilité.

Le médecin hygiéniste en chef local, le Dr Lawrence Loh, a déclaré pour sa part que c'est peu probable qu'il puisse y avoir une protection supplémentaire en matière de santé publique associée à l'exigence pour les magasins à grande surface de réduire ou de restreindre la vente d'articles non essentiels en ce moment.

De la concurrence déloyale, selon la FCEI

La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) déplore que les fermetures des commerces jugés non-essentiels favorisent les grandes chaînes au détriment des PME.

François Vincent parle au journaliste.

François Vincent dirige l’équipe de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI) qui défend les intérêts des petites et moyennes entreprises.

Photo : Radio-Canada / Jean-Claude Taliana

On pense que c'est de la concurrence déloyale par rapport aux petits commerçants, lance Mathieu Vincent, qui dirige l’équipe de la FCEI qui défend les intérêts des petites et moyennes entreprises.

On va fermer la petite boutique de vêtements, la petite boutique de jeux, mais après ça on va voir des stationnements de Walmart et des stationnements de Costco qui débordent. Ces achats-là […] vont faire toute une différence pour ces petits commerçants qui ont investi dans nos communautés, explique M. Vincent.

On pense vraiment que les petits entrepreneurs peuvent faire partie de la solution, souligne-t-il.

Jeudi, la FCEI a lancé une pétition demandant au gouvernement de l'Ontario de permettre aux petites entreprises de Toronto et de Peel de rouvrir en toute sécurité et d'adopter la politique de la FCEI sur le commerce de détail à la petite entreprise. À l’heure d’écrire ces lignes, plus de 3600 personnes ont signé la pétition.

La politique propose des mesures moins draconiennes qui permettraient aux PME de Toronto et de Peel d'accueillir à nouveau des clients, notamment la prise de rendez-vous, et la limite de clients à trois.

Les PME du Grand Toronto bientôt à bout de souffle

Un homme menotté et encadré par deux policiers en uniforme, à l'extérieur.

Le propriétaire du restaurant Adamson Barbecue, à Etobicoke, arrêté par la police jeudi.

Photo : Radio-Canada / Paul Smith/CBC

Alors que nous en sommes qu'à la première semaine du deuxième confinement de Peel et de Toronto, les petites entreprises de la métropole sont en crise.

Jeudi, le propriétaire d’un restaurant de l’ouest de Toronto qui a ouvertement défié les mesures de confinement a été arrêté par la police. Adam Skelly avait vivement critiqué les mesures de confinement liées à la COVID-19 mises en œuvre à Toronto et dans la région de Peel cette semaine, y compris l'interdiction de manger à l'intérieur pendant au moins 28 jours.

Une affiche dans une vitrine où sont inscrits les mots ''À louer''

Les magasins du quartier de Roncesvalles, à Toronto, accrochent des affiches dans leurs vitrines pour encourager les gens à fréquenter les petits commerces du quartier.

Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui

Depuis lundi, les magasins de la rue Roncesvalles dans le secteur ouest de Toronto affichent des panneaux où l’on peut lire les mots À louer.

Il s’agit d'une campagne visant à attirer l'attention des consommateurs et à leur rappeler l'importance du commerce local dans le cadre de la pandémie.

Selon la FCEI, 86 % des propriétaires de PME au Canada disent qu’il sera essentiel pour la survie de leur entreprise que les consommateurs fassent des achats auprès de petits commerces cette année.

L'organisme estime aussi que près de 24 000 détaillants canadiens et 30 000 PME du secteur de l’hébergement et de la restauration risquent encore de fermer en raison de la pandémie.

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