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Vancouver avance vers la décriminalisation de la possession simple de drogues

Zoom sur des mains sales qui utilisent une seringue pour extraire de la drogue d'un petit contenant.

La motion du maire Kennedy Stewart a été adoptée à l'unanimité mercredi.

Photo : Spencer Platt/Getty Images

Les conseillers municipaux de Vancouver ont voté à l'unanimité en faveur d'une motion réclamant d’Ottawa le pouvoir de décriminaliser la possession simple de drogues illicites.

Vancouver ouvre de nouveau la voie en matière de politiques liées aux drogues afin de sauver des vies, note Kennedy Stewart dans un communiqué à la suite de l’adoption de sa motion.

Vancouver demandera ainsi au gouvernement fédéral d’être exempté de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances pour permettre la possession de petites quantités de substances illégales sur son territoire.

Sans précédent

Vancouver deviendrait la première ville canadienne à décriminaliser la possession simple de drogues illicites.

C’est sans précédent comme démarche, mais ce n’est pas surprenant, affirme l’avocat en droit de la santé Louis Letellier de St-Just. « Vancouver est un chef de file en matière de réduction des risques au pays », rappelle-t-il.

Il mentionne par exemple le combat de la métropole pour se prévaloir de l'exemption à une loi fédérale lui permettant d'offrir des services d'injection supervisée.

Une note accrochée à une paire de souliers féminins indique : « Amy Hierbert, la fille de quelqu'un ».

À l'occasion de la Journée internationale de sensibilisation aux surdoses, le 31 août, des proches de personnes mortes à cause de drogues illicites ont accroché des souliers sur le pont Burrard, à Vancouver.

Photo : ben nelms/cbc / Ben Nelms

Une année meurtrière

L’année 2020 s'apprête à devenir l’année la plus meurtrière pour les surdoses, et cette nouvelle mesure est nécessaire de façon urgente, écrit le maire de Vancouver.

Si les surdoses frappent de plein fouet l’ensemble de la Colombie-Britannique, Vancouver est la ville qui a le nombre de morts le plus élevé depuis le début de la crise sanitaire.

Des 1386 personnes mortes après avoir consommé une substance illicite dans la province depuis le début de l’année, 329 se trouvaient à Vancouver.

Les chiffres parlent, dit M. Letellier de St-Just. Il fut une époque où nous n’avions pas de données. Aujourd’hui, elles pullulent et elles sont convaincantes.

Deux hommes en veston et cravate dans une pièce. Ils se serrent la main.

Le maire de Vancouver, Kennedy Stewart n'est pas le seul à exhorter Ottawa à agir pour freiner la crise des surdoses.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Front commun

La demande d’exemption de la Ville de Vancouver est une voix de plus qui réclame l’engagement du gouvernement fédéral à décriminaliser la possession simple de drogues illicites.

En juillet, le premier ministre de la Colombie-Britannique a fait parvenir une lettre à Justin Trudeau l’exhortant à élaborer un plan national de décriminalisation de la possession simple de drogues.

Le même mois, l’Association canadienne des chefs de police (ACCP) a lancé un appel à la décriminalisation de la possession simple de drogues illégales.

La mesure a également l'appui de la médecin hygiéniste en chef de la province, Bonnie Henry.

On a différentes avenues. Est-ce qu’on va décriminaliser toutes les drogues? Certaines drogues? Chose certaine, c’est que le discours doit s’engager maintenant à l’échelle nationale, soutient M. Letellier de St-Just.

Ce qui est intéressant aujourd'hui, c’est que la ministre de la Santé, Patty Hajdu, s’est dite ouverte aux échanges et à la discussion, ajoute-t-il.

Un homme allongé sous une couverture dans le quartier du Downtown Eastside, à Vancouver.

La marginalisation des consommateurs de drogues contribue à leur isolement et augmente leurs risques de surdoses, selon des experts.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

Décriminaliser pour déstigmatiser

Même s’il se dit encouragé par cette pression exercée publiquement dans ce dossier, le conseiller au Centre provincial d'intervention d'urgence en cas de surdose, Guy Felicella, souhaite que la mesure arrive maintenant, pas dans deux ans.

Quand les choses ne fonctionnent pas depuis si longtemps, un changement radical est nécessaire dans notre culture, dit-il.

De nombreux experts estiment qu’une décriminalisation de possession simple de drogues aiderait à déstigmatiser les consommateurs de substances et ainsi contribuerait à freiner leur isolement.

Les politiciens doivent prendre leur courage et aller un cran plus haut pour franchir l’étape [de la décriminalisation des drogues], croit M. Letellier de St-Just. Je pense que, plus que jamais, au Canada, on est rendu là.

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