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La pandémie laisse présager une hausse des échecs scolaires sur la Côte-Nord

Des élèves masqués sont assis à distance les uns des autres.

Les centres de services scolaires appréhendent des taux d'échec plus élevés qu'à l'habitude (archives).

Photo : iStock

La pandémie pourrait laisser sa marque jusque dans les résultats scolaires. Le spectre d’un taux d’échec plus élevé qu’à l’habitude lors du premier bulletin plane dans les écoles secondaires de la Côte-Nord.

Malgré les efforts considérables investis pour rattraper le retard pris au printemps, la directrice de l’école secondaire Manikoutai à Sept-Îles, Brigitte Leblanc, s'attend à une augmentation des échecs scolaires.

L’arrêt des cours dès la mi-mars en raison du confinement a rendu la tâche des enseignants particulièrement ardue, puisque c'est presqu'une étape complète qui n’a pas pu être enseignée.

Mme Leblanc explique que même des élèves qui n'ont pas l'habitude d'échouer vivent présentement certaines difficultés en raison de la quantité de matière à rattraper.

Ils se retrouvent devant une matière qui est plus difficile et ils voient des résultats un peu plus faibles et sont des fois un peu démotivés. [...] Les enseignants les encouragent vraiment et on leur dit que même si on a un échec une fois, ça ne veut pas dire qu’on va échouer à la fin de l’année. Mais c’est sûr que pour eux ça les dérange un peu. Parfois ça vient causer un petit stress, raconte la directrice.

Hausse du décrochage

Par ailleurs, l’arrêt prolongé des cours au printemps dernier a incité quelques élèves à quitter les bancs d’école.

Le Centre de services scolaires de l'Estuaire estime que deux à quatre élèves par école secondaire seraient dans cette situation.

Même s'il ne s’agit que de quelques élèves, ce décrochage est préoccupant, selon la directrice des services éducatifs au Centre de services scolaire de l’Estuaire, Manon Couturier.

C’est difficile quand on est adolescent et qu’on gagne 400 ou 500 $ par semaine de revenir sur les bancs d’école et de reprendre cette routine-là qu’on trouvait déjà difficile.

Manon Couturier, directrice des services éducatifs au Centre de services scolaire de l’Estuaire

On a certains de nos élèves qui ont intégré le marché du travail à partir de mars à raison de plusieurs heures par semaine. Pour ces élèves-là, le scolaire ne faisait pas tant de sens que ça ou ils étaient déjà dans un parcours vers le marché du travail et se sont trouvé un emploi, explique Mme Couturier.

Encore du temps pour s'ajuster

La situation sur la Côte-Nord est cependant moins alarmante que ce qui a été évoqué la semaine dernière par la Fédération québécoise des directions d’établissement d'enseignement qui enregistre des taux d’échec de 30 %, soit un taux trois fois plus élevé qu’à l’habitude.

Les directions d’école consultées dans le région entrevoient certes une hausse des échecs scolaires, mais dans une moindre mesure.

De plus, en raison de la pandémie, le premier bulletin de l'année scolaire sera exceptionnellement rendu en janvier plutôt qu'en novembre. Québec a également décrété qu'il n'y aura que deux bulletins, et non trois.

Une bonne nouvelle, selon Mme Couturier, puisque les enseignants ont ainsi le temps d'ajuster le tir.

S'il y avait eu un bulletin en novembre, effectivement, on aurait risqué d'avoir plus d'échecs que ce qu'on a normalement.

Manon Couturier, directrice des services éducatifs au Centre de services scolaire de l’Estuaire

Les enseignants se sont ajustés et on est confiants que les écarts vont avoir diminué de façon significative pour le bulletin de janvier, avance Mme Couturier.

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