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Facebook et les comptes « superpropagateurs » de désinformation aux États-Unis

Le logo de Facebook.

Les mesures de précaution prises par Facebook n'ont pas réussi à endiguer le flot de fausses rumeurs sur le «vol» des élections par les démocrates.

Photo : Associated Press / John Minchillo

Agence France-Presse

L'élection américaine passée, la transition avec le nouveau président est timidement amorcée, mais cette période de tensions postélectorales a mis en évidence le problème des « superpropagateurs » de désinformation sur Facebook, ces comptes qui amplifient notamment des rumeurs infondées sur des fraudes électorales organisées par les démocrates.

Avaaz, une ONG internationale cybermilitantiste, en a identifié 25, dont les pages de Donald Trump Jr et d'Eric Trump (les fils du président), de Kayleigh McEnany (l'attachée de presse de la Maison-Blanche), des animateurs et commentateurs politiques ultraconservateurs Dan Bongino, Lou Dobbs et Rush Limbaugh, ainsi que des organisations pro-Trump, comme Turning Point USA.

Autant de personnalités soutenant dans sa remise en cause spectaculaire des résultats l'actuel locataire de la Maison-Blanche, qui n'a cessé de publier des messages sur Twitter accusant ses adversaires de lui avoir volé la victoire.

Les deux hommes sont vêtus de complet cravate.

Donald Trump Junior et Eric Trump, deux des fils du président américain.

Photo : Reuters / Carlos Barria

Depuis le scrutin du 3 novembre, des contenus trompeurs sur des soi-disant fraudes électorales, provenant de ces 25 comptes, ont été aimés, commentés et partagés plus de 77 millions de fois, selon les conclusions préliminaires d'une étude d'Avaaz.

Sans compter le superpropagateur en chef, Donald Trump lui-même, ou les pages liées à son ancien conseiller Steve Bannon, récemment supprimées par Facebook.

La prudence de Facebook insuffisante

Le géant des réseaux sociaux avait pourtant multiplié les mesures de prévention pour lutter contre les tentatives de discréditer le processus démocratique.

La diffusion des publicités politiques a été restreinte, et même interrompue. Les sources d'information jugées fiables ont été mises en avant et les campagnes de manipulation orchestrées depuis l'étranger ont été déjouées.

Steve Bannon parle au micro.

L'ex-conseiller stratégique du président Trump, Steve Bannon

Photo : Reuters / Mary Calvert

Facebook a ainsi évité la répétition des scandales de 2016, quand la présidentielle qui a porté le milliardaire républicain au pouvoir avait été marquée par des opérations de désinformation.

Mais ces tactiques n'ont pas suffi à endiguer le fléau des fausses rumeurs relayées sans même avoir recours à des fermes de trolls étrangères.

La désinformation ne devient pas virale juste comme ça. Les "superpropagateurs" de cette liste, avec un coup de main de l'algorithme de Facebook, sont au cœur de ce flot de mensonges qui définissent désormais le débat politique pour des millions de personnes dans le pays.

Fadi Quran, directeur de campagne pour Avaaz

L'ONG considère aussi que les groupes jouent un rôle clé dans la viralité des divers contenus mensongers.

La voix du peuple

Dans la foulée de l'élection, les groupes privés de fans de Trump et de ses théories sur les fraudes ont poussé comme de la mauvaise herbe.

Le 5 novembre, Facebook a supprimé un groupe public baptisé #StopTheSteal (Arrêtez le vol), qui avait attiré quelque 350 000 membres en 48 heures

Mais selon l'ONG First Draft, spécialisée dans la lutte contre les fausses informations, il ne faut pas sous-estimer le pouvoir combiné des individus qui relaient approximations et interprétations fantaisistes

Ce sont moins les gros comptes ou soi-disant superpropagateurs que les millions de personnes qui continuent à faire circuler ce discours, fait remarquer Claire Wardle, directrice de l'organisation aux États-Unis.

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