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Radiocommunications de la police : la Ville songe à imposer des boosters

Régis Labeaume a demandé à son administration de voir s'il est possible d'obliger les édifices gouvernementaux à « s'équiper ».

Une autopatrouille du SPVQ.

Le système SERAQ doit être amplifié dans certains bâtiments.

Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin

Devant les problèmes de radiocommunication de la police dans certains édifices de la ville de Québec, le maire Régis Labeaume songe à réglementer afin d'imposer l'installation d'antennes supplémentaires sur certains bâtiments gouvernementaux ou paragouvernementaux, comme les hôpitaux.

Le nouveau service évolué de radiocommunication pour l'agglomération de Québec (SERAQ), implanté à l'été 2019 et utilisé par la police depuis le printemps dernier, perd de son efficacité dans divers édifices sur le territoire.

Radio-Canada a eu vent de plusieurs interventions policières où les communications ont été rompues ou instables au cours des derniers mois. Dans certains cas, il était impossible pour les policiers d'utiliser leur radio pour demander des renforts sur le SERAQ.

Le maire de Québec, Régis Labeaume.

Le maire de Québec, Régis Labeaume

Photo : Radio-Canada / Marc Andre Turgeon

Le système parfait « n'existe pas »

Questionné sur ces problèmes en marge d'un point de presse, jeudi matin, le maire a rétorqué que le système de radiocommunication parfait n'existe pas.

Il a cependant ouvert la porte à une nouvelle réglementation municipale pour obliger certains gestionnaires d'immeubles à faire l'acquisition d'antennes d'enrichissement des ondes (ou boosters). Est-ce qu'on pourrait obliger les édifices gouvernementaux, paragouvernementaux, comme les hôpitaux, à s'équiper?, a-t-il demandé.

Il n'y a pas un système qui existe au monde qui passe à travers tous les murs. La solution à ça, c'est que les édifices s'équipent pour permettre ces communications-là.

Régis Labeaume, maire de Québec

Cette solution potentielle est sur la table, mais figure pour le moment au rang des hypothèses, a précisé le maire. Je ne vous dis pas que je ne réglementerai pas, a-t-il insisté, évoquant toutefois le peu de précédents en la matière. De ce qu'il en sait, peu de villes au Canada ont adopté une telle réglementation.

J'ai demandé à ce qu'on investigue ce qui se fait au pays et en Occident, a poursuivi M. Labeaume. Si les autres [n'ont pas réglementé], il doit y avoir une raison à ça. [...] C'est que nous regardons.

Le CHUL, à Québec.

Deux interventions policières au CHUL, en septembre et novembre, ont mis en lumière des difficultés de communication avec le SERAQ à l'intérieur du bâtiment.

Photo : Radio-Canada / Sebastien Vachon

La Ville ne veut pas payer

Si la Ville mettait en oeuvre une telle réglementation, la charge financière pour l'acquisition et l'installation ne serait visiblement pas assumée par la Ville. La Ville ne commencera pas à payer pour tout le monde, a prévenu le maire. Ça coûte une fortune.

La veille de la sortie du maire, le Service de police de la Ville de Québec évoquait pour sa part des négociations au cas par cas. Le coût et l’installation des antennes et des amplificateurs de signaux pour la couverture intérieure de radiocommunication font l’objet d’ententes et de négociations au cas par cas selon l’emplacement, affirmait la porte-parole Sandra Dion.

Jeudi, le maire a assuré qu'une éventuelle réglementation ne viserait pas tous les bâtiments. Passer un règlement pour demander aux restaurants de s'équiper, ça ne me tente pas trop, a lancé le maire, faisant référence à la période difficile que traversent beaucoup d'entrepreneurs en raison de la pandémie de COVID-19.

La priorité serait d'abord d'élargir et de renforcer la couverture du SERAQ dans les bâtiments publics ou institutionnels, et non dans le secteur commercial.

Un terminal radio portatif du Service de police de la Ville de Québec.

Un terminal radio portatif du Service de police de la Ville de Québec

Photo : Radio-Canada / Alexandre DUVAL

Des renforts

La Ville a par ailleurs devancé une option à son contrat conclu il y a deux ans avec Groupe Sagex pour l'implantation du SERAQ. Dans un sommaire décisionnel daté du 17 novembre, on apprend que la banque d'heures prévue à la première partie de l'appel d'offres, d'une durée de 24 mois et devant se terminer en mars 2021, a été écoulée.

La première option du renouvellement ayant été exercée et la banque d'heures consommée, le Service des technologies de l'information désire devancer la deuxième option du contrat, peut-on lire dans le document. Cette nouvelle option, au coût de 185 000 $, se terminera en mars 2022.

On évoque également dans ce sommaire l'ajout d'une ressource à celles déjà en place pour épauler la Ville dans son déploiement. Le SERAQ doit s'étendre au Service de protection contre l'incendie à compter du 1er décembre, notamment. La banque d'heures sera utilisée plus rapidement que planifié à l'origine, mentionne-t-on dans le document.

La Ville de Québec prévoit investir au total 30 millions de dollars pour l'implantation du SERAQ. Elle a également investi 7 millions de dollars pour la nouvelle répartition assistée par ordinateur (RAO), laquelle connaît des ratés depuis son implantation il y a 18 mois.

Pourquoi refiler la facture?

La Fraternité des policiers et policières de la Ville de Québec, principale critique des nouveaux systèmes de communication, était satisfaite de voir le maire admettre qu'il faut renforcer le SERAQ.

Au minimum, les établissements publics et parapublics doivent être équipés d'[antennes d'enrichissement des ondes], a réagi Martine Fortier, présidente de la Fraternité, saluant la reconnaissance des besoins évoquée par M. Labeaume.

Mme Fortier n'est toutefois pas d'accord avec l'idée de facturer aux établissements les antennes d'enrichissement des ondes qu'ils n'ont jamais demandées. Je considère que c'est une extension des outils de travail de la sécurité publique. Je vois donc mal comment la facture pourrait être refilée aux propriétaires des immeubles, a-t-elle exprimé.

Avec la collaboration de Louise Boisvert et d'Alexandre Duval

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