•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Musée canadien de l’histoire : l’enquête durera jusqu’en 2021

La façade du Musée.

L'enquête menée par l'avocate Michelle Flaherty au Musée pourrait durer encore plusieurs semaines.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Dupaul

Le gouvernement fédéral s’apprête à prolonger le mandat de la dirigeante temporaire du Musée canadien de l'histoire afin de stabiliser l’établissement, qui est encore aux prises avec une enquête sur le climat de travail.

Tout indique que l’enquête sur des allégations de harcèlement psychologique au Musée durera encore plusieurs semaines et ne sera terminée qu’au cours des premiers mois de 2021.

Les règles du Musée dicteraient normalement que la présidente-directrice générale (PDG) par intérim, Caroline Dromaguet, soit remplacée par un autre dirigeant temporaire d’ici le 20 janvier.

Selon ce qu'a appris Radio-Canada, le gouvernement se prépare plutôt à prolonger le mandat de Mme Dromaguet au-delà de la durée prévue de 90 jours, jusqu’à ce que la situation à la tête du Musée soit clarifiée. La mesure serait adoptée par le Cabinet à la suite d’une recommandation du ministre du Patrimoine, Steven Guilbeault.

La PDG par intérim en entrevue à la caméra dans une exposition.

Caroline Dromaguet, PDG par intérim du Musée canadien de l'histoire (archives)

Photo : Radio-Canada

Depuis le 20 octobre, Mme Dromaguet remplace Mark O’Neill, qui est en congé maladie depuis l'été, au moment même où une enquête sur sa gestion de l’établissement a été déclenchée. Le mandat de M. O’Neill – qui est à la tête du Musée depuis 2011 – arrive officiellement à échéance en juin.

Toutefois, tant que l’enquête ne sera pas terminée, il est impossible de savoir s’il reprendra ou non la barre du Musée.

Un PDG à temps plein l’an prochain

C’est dans ce contexte que la nomination de Mme Dromaguet est vue au gouvernement comme une façon d’apporter une certaine continuité au sein de la haute direction du Musée.

Le gouvernement a déjà lancé un processus afin de trouver un nouveau dirigeant pour le Musée. Des candidatures sont déjà en lice, mais la sélection finale ne se fera probablement pas avant plusieurs mois.

Entre-temps, plusieurs ex-employés et employés actuels du Musée trouvent que l’enquête traîne en longueur, laissant l’établissement à la dérive au moment même où il doit faire face à tous les défis entourant la gestion de la pandémie. Aux yeux de ces sources, le Musée offre très peu d’information à ses employés sur le processus d’enquête et sur l’échéancier envisagé pour la publication des conclusions.

Les plaintes qui ont mené au déclenchement de l’enquête ont été faites directement auprès du cabinet de M. Guilbeault. Selon plusieurs sources, la décision des plaignants de se tourner vers le gouvernement constituait un désaveu des structures internes de gestion des ressources humaines au Musée, qui est une société d’État indépendante.

La porte-parole du ministre du Patrimoine affirme que le gouvernement a pleine confiance dans le processus d’enquête qui a été mis en place cet été.

Nous invitons tout employé qui aurait vécu ou aurait été témoin de situations problématiques à participer aux enquêtes, dit Camille Gagné-Raynauld, attachée de presse de M. Guilbeault.

Selon plusieurs sources, les plaintes reçues par le Musée cet été visaient entre autres le comportement de M. O’Neill à l’égard de certains employés, de même que son tempérament et son style de gestion.

Mark O’Neill en entrevue à Radio-Canada.

Mark O’Neill, PDG du Musée canadien de l'histoire (archives)

Photo : Radio-Canada

D'anciens employés qui ont interagi directement avec M. O’Neill au fil des ans soutiennent que ce dernier pouvait être colérique, intempestif et imprévisible. Alors qu’il était reconnu pour de grandes qualités qui l’ont mené à la tête du Musée, il pouvait aussi être déroutant en raison de ses réactions à des problèmes de gestion, selon eux.

De nombreux postes intérimaires

Aux yeux du gouvernement, le Musée a besoin de stabilité à sa haute direction. Le poste de directeur général est toujours officiellement vacant depuis le départ de Jean-Marc Blais cet été et Mme Dromaguet est elle-même directrice générale par intérim du Musée canadien de la guerre.

Le conseil d’administration travaille aussi sous la direction d’une présidente par intérim, soit Jean Giguère, qui a remplacé son prédécesseur, Jim Fleck, en septembre.

Après le départ en congé maladie de M. O’Neill cet été, l’établissement a premièrement eu comme PDG par intérim Heather Paszkowski, pour un mandat de 90 jours. Cette dernière est retournée à son rôle de vice-présidente après l’arrivée en poste de Mme Dromaguet.

L’avocat de M. O’Neill, David Law, a affirmé que son client ne pouvait pas commenter la situation actuelle.

Le Musée limite lui aussi ses commentaires publics sur les questions entourant l’enquête et la situation de Mme Dromaguet. Il n’y a aucun changement au sein de l’équipe de gestion du Musée à ce moment-ci, dit le porte-parole Bill Walker.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !