•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L’Ontario a mal protégé les travailleurs migrants face à la pandémie, selon la vérificatrice générale

Des travaileurs migrants récoltent du blé d'Inde

Trois travailleurs agricoles migrants sont morts des suites de la COVID-19 dans le sud de l’Ontario.

Photo : CBC/Maggie MacPherson

Radio-Canada

Dans son rapport sur la gestion de la crise sanitaire dans la province, la vérificatrice générale de l'Ontario fustige le gouvernement sur la manière dont il a protégé les travailleurs agricoles migrants au cours de la pandémie.

Bonnie Lysyk reproche notamment au gouvernement de ne pas avoir mis en place ses propres normes et d'avoir simplement envoyé une note de service recommandant aux bureaux de santé régionaux d'élaborer leurs propres directives pour protéger ces ouvriers saisonniers.

Elle est en conférence de presse.

La vérificatrice générale de l'Ontario, Bonnie Lysyk.

Photo : Radio-Canada / Matéo Garcia-Tremblay

Elle critique également la lenteur de la réaction de la province, puisque la note de service en question n'a été acheminée que le 21 juin, soit huit semaines après l'apparition de la première éclosion dans les exploitations agricoles en avril.

Sans directives provinciales supplémentaires, chacun des 34 bureaux de santé publique a dû prendre des décisions de manière indépendante, ce qui a entraîné des réponses et des mesures différentes dans toute la province, peut-on lire dans le rapport.

Au moins 1276 travailleurs agricoles ont été déclarés positifs à la COVID-19 à ce jour dans le comté d'Essex, selon le bureau de santé régional. Deux travailleurs sont morts après avoir été infectés par le virus dans la région, un troisième est décédé dans la région de Haldimand-Norfolk.

Dans Chatham-Kent, 147 cas ont été détectés parmi des ouvriers agricoles, la plupart étant attribués à une éclosion survenue dans une seule installation agricole. 

La réponse régionale

Le Bureau de santé publique de Windsor-Essex a publié sa première ordonnance concernant les exploitations agricoles le 27 mai. Celle-ci indiquait que les fermes de Windsor-Essex étaient des milieux à haut risque pour la propagation du COVID-19 et que le non-respect des diverses mesures prescites pourrait entraîner l'imposition d'une amende de 5000 dollars aux propriétaires des entreprises qui ne se conformeraient pas aux directives.

Le rapport poursuit en affirmant que le médecin en chef, le Dr David Williams, aurait pu utiliser son pouvoir pour émettre des directives à l'échelle de la province notamment sur les exigences de port de masque et les précautions à prendre pour les travailleurs étrangers temporaires.

Le document compare également la réponse de l'Ontario à celle des responsables de la santé de la Colombie-Britannique. Dans cette province, des mesures ont été prises dès le mois d'avril pour exiger notamment des employeurs de fournir des logements adaptés à tous ceux qui travaillaient dans les fermes permettant d'imposer des quarantaines, précise le rapport.

Aucun ordre formel de ce type n'a été donné par l'Ontario, précise Mme Lysyk.

Une femme se tient devant une maison.

La mairesse Hilda MacDonald déplore la lenteur de la réaction de la province pour protéger les travailleurs saisonniers de la COVID-19.

Photo : Radio-Canada / Stacey Janzer

Des réactions locales qui vont dans le même sens

La mairesse de Leamington partage l'analyse de la vérificatrice générale sur les manquements de la province.

Hilda MacDonald a fait pression à plusieurs reprises au cours du printemps et de l'été pour que les niveaux supérieurs du gouvernement prennent les choses en main alors que le nombre de cas positifs parmi les travailleurs migrants atteignait des sommets.

Il y a eu du chaos et la réaction a été lente dans le secteur agricole, tant de la part de la province que du bureau de santé, note-t-elle.

Nous avons réagi tardivement et des gens sont tombés malades et certains sont morts.

Hilda MacDonald, mairesse de Leamington

Même son de cloche chez les défenseurs des droits des travailleurs saisonniers. Pour Chris Ramsaroop de l'organisme Justice for Migrant Workers, le rapport réaffirme ce que son organisation dit sur la réponse du gouvernement depuis le début de la pandémie.

Selon lui, ni le gouvernement provincial ni les responsables de la santé n'ont réussi à protéger les intérêts des travailleurs migrants.

Les travailleurs agricoles migrants ont été mis dans une position où ils ont dû se débrouiller seuls pour faire face à cette pandémie et il n'y a eu aucun leadership de la part du gouvernement provincial, du médecin-chef ou de quiconque aurait pu intervenir pour empêcher la propagation de cette pandémie, déplore-t-il.

Joseph Sbrocchi, de l'Association des producteurs de légumes en serre de l'Ontario basée à Leamington, tient pour sa part à souligner la bonne volonté de chacun pour traverser une période sans précédent.Chaque situation est différente et je crois vraiment que tout le monde faisait de son mieux et il ne serait pas correct de suggérer qu'il n'y avait pas de confusion, il y avait beaucoup de confusion, souligne-t-il.

De son côté, le premier ministre Doug Ford a défendu la réponse de son gouvernement au coronavirus, en affirmant que le rapport contenait 21 pages d'inexactitudes. Selon lui, ce n'est pas le travail de la vérificatrice générale de donner des conseils de santé et qu'elle devrait plutôt de se concentrer sur les questions financières.

Avec des informations de CBC

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !