•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un policier d’Edmundston doit suivre un cours de sensibilisation aux enjeux autochtones

Steve Robinson esquisse un sourire.

L'inspecteur Steve Robinson parlant à des journalistes le 4 juin 2020.

Photo : CBC/Gary Moore

Radio-Canada

Les mesures disciplinaires imposées au policier d’Edmundston Steve Robinson, au Nouveau-Brunswick, sont « un bon début », mais elles ne suffisent pas, selon l’avocat qui représente la succession de Chantel Moore.

L’avocat T. J. Burke dit qu’il va demander à la police municipale de suspendre sans salaire l’inspecteur Robinson.

Chantel Moore, 26 ans, était originaire de la communauté autochtone de Tla-o-qui-aht, en Colombie-Britannique. Elle s’était installée au Nouveau-Brunswick, en décembre dernier, dans l’intention de se rapprocher de sa famille et de poursuivre des études en ingénierie.

Chantel Moore a été abattue par un policier qui s’était rendu à son domicile pour vérifier si elle se portait bien le 4 juin 2020, à la demande de proches qui s’inquiétaient pour elle. Selon la police d’Edmundston, Mme Moore avait un couteau en sa possession et le policier a tiré sur elle parce qu’il s’est senti menacé.

Une photo du profil Facebook de Chantel Moore.

Chantel Moore était âgée de 26 ans.

Photo : Facebook / Chantel Moore

Rappelons que deux plaintes ont été déposées à la Commission de police du Nouveau-Brunswick relativement à la mort de Chantel Moore. Une plainte réclame le congédiement du policier qui a tué la jeune femme. L’autre plainte exige la suspension d’un autre policier pour des propos qu’il a tenus à la télévision.

Selon l’avocat T. J. Burke, le chef de la police d’Edmundston, Alain Lang, a validé la plainte portée contre Steve Robinson en lui imposant une sanction disciplinaire. Selon la plainte, le policier riait et souriait en parlant à des journalistes dans les heures suivant la mort de Chantel Moore.

Steve Robinson doit suivre un cours en ligne de l’Université de l’Alberta, le programme Indigenous Canada, qui porte sur l’histoire et les enjeux des communautés autochtones au pays.

Tous les policiers hauts gradés au pays devraient suivre un cours du genre de toute façon, selon T. J. Burke, qui a été informé le 17 novembre de cette mesure disciplinaire imposée à l’inspecteur Robinson.

Une fois ses études terminées, Steve Robinson devra aussi rencontrer un aîné de la communauté autochtone de Madawaska pour discuter de ce qu’il a appris et des conséquences de ses propos sur les communautés autochtones.

Steve Robinson doit aussi recevoir une formation en matière de communication avec les médias et il doit recommander des options de formation en matière de sensibilisation aux cultures pour d’autres membres du service policier d’Edmundston.

Il doit réussir toutes ces étapes d’ici le 31 décembre 2020.

Un comportement gênant pour tous les services policiers, selon l’avocat

T. J. Burke estime que le comportement de Steve Robinson, qui riait et gloussait à la télévision peu après la mort de Chantel Moore, était gênant pour tous les services policiers au pays.

Des services policiers font l’objet d’examen ces temps-ci pour le nombre disproportionné de personnes noires ou autochtones arrêtées et incarcérées par les tribunaux dans un contexte de discrimination systémique, affirme T. J. Burke.

L'avocat est interviewé dans son bureau.

L'avocat T. J. Burke estime qu'une suspension sans salaire de deux ou trois jours serait appropriée pour l'inspecteur Steve Robinson.

Photo : CBC/Jonathan Collicott

L’avocat estime qu’une suspension sans salaire de deux ou trois jours imposée par la Commission de police du Nouveau-Brunswick serait appropriée dans le cas de Steve Robinson pour qu’il subisse une conséquence financière.

L’avocat croit que cette mesure dissuaderait d’autres policiers de rire ou de sourire devant les caméras au sujet de la conduite d’un collègue. C’est choquant au plus haut point, dit-il.

Il devrait venir dans notre communauté.

Imelda Perley, professeure en études autochtones à l’Université du Nouveau-Brunswick et organisatrice d’une marche en mémoire de Chantel Moore, appuie l’idée que Steve Robinson rencontre un aîné autochtone. Elle propose de l’accompagner elle-même durant cette étape.

Les policiers, selon Mme Perley, doivent reconnaître qu’ils ne connaissent pas les Autochtones. Il faut communiquer pour guérir du racisme systémique, dit-elle. Elle espère que le service policier lui demande de guider M. Robinson durant ce processus de sensibilisation, d’humilité, de compétence et de sécurité, explique-t-elle.

Imelda Perley dans une salle de classe.

Imelda Perley invite l'inspecteur Steve Robinson a visiter sa communauté pour mieux comprendre les enjeux des Autochtones.

Photo : Gracieuseté/Imelda Perley

Des cours de culture et d’histoire autochtone sont aussi offerts au Nouveau-Brunswick et elle préférerait que l’inspecteur Robinson en suive un dans sa province.

Il ne suffit pas de suivre un cours en ligne, ajoute Imelda Perley. Elle propose que le policier visite une communauté autochtone pour constater lui-même les enjeux et les défis de cette dernière, notamment en matière d’infrastructures insuffisantes et de santé publique.

Steve Robinson a présenté des excuses

L’inspecteur Steve Robinson a présenté publiquement des excuses. La Ville d’Edmundston a publié un communiqué à ce sujet en juin.

Je comprends que ma réaction à la caméra a causé des frustrations et des inquiétudes. Je veux m’excuser sincèrement si ma réaction a été interprétée ou perçue comme étant de l’insouciance ou un manque de compassion. Ce n’est absolument pas le cas. Je compatis grandement avec la famille, les amis et la communauté autochtone, affirme Steve Robinson, cité dans le communiqué.

Edmundston précise dans son communiqué que la langue maternelle du policier est le français et qu’il répondait au moment des faits à des questions d’un journaliste anglophone.

Avec les renseignements de Rachel Cave, de CBC

Commentaires fermés

L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.