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Extradition de Meng Wanzhou : au tour d'une policière d'être sur la sellette

Les pieds de Meng Wanzhou chaussée de talons aiguille avec le bracelet électronique à la cheville.

Meng Wanzhou est en détention à domicile à Vancouver. Chaque jour d'audience, elle se rend au palais de justice sous surveillance. (25 novembre 2020)

Photo : La Presse canadienne / JONATHAN HAYWARD

Agence France-Presse

Un des avocats de Meng Wanzhou, la directrice financière de Huawei, arrêtée à l'aéroport de Vancouver fin 2018 à la demande des États-Unis, a accusé mercredi une policière canadienne d'avoir « trompé » sa cliente lors de son interpellation afin qu'elle ne fasse pas appel à un avocat.

Mercredi, l'avocat Scott Fenton a accusé une responsable de la GRC d'avoir demandé à quatre douaniers de ne pas révéler à Mme Meng qu'elle faisait l'objet d'un mandat d'arrêt et de l'avoir ainsi trompée sur ses droits.

Janice Vander Graaf, sergent de la GRC et plus haute responsable policière appelée à la barre depuis le début de cette saga judiciaire de presque deux ans, a rejeté ces accusations.

Non, je n'ai aucun souvenir de ce qui s'est passé et je ne crois pas que cela soit arrivé, a-t-elle témoigné. L'avocat Scott Fenton a répliqué que la policière craignait que si les douaniers parlaient à Mme Meng de l'acte d'accusation ou du mandat d'arrêt, cette dernière demande un avocat et refuse de répondre à leurs questions.

La policière a répondu qu'elle n'a jamais donné d'instructions aux douaniers, sauf pour saisir les appareils électroniques de Mme Meng et les mettre dans des sacs de blocage de fréquences à la demande du FBI.Nous ne demandions aucune information, a-t-elle dit. Nous n'avons pas besoin de mots de passe pour entrer dans les téléphones, a-t-elle assuré.

Une saga qui a bientôt deux ans

La cadre du géant chinois des télécoms, a été arrêtée le 1er décembre 2018 à l'aéroport de Vancouver par les autorités canadiennes, sur une requête des États-Unis qui l'accusent d'avoir contourné les sanctions américaines contre l'Iran.

Lors de nouvelles audiences au tribunal de Vancouver, ses avocats ont voulu faire dérailler la procédure d'extradition en tentant de démontrer que les droits de Mme Meng ont été violés lors de son interpellation, ce que le Canada dément.

La fille du fondateur de Huawei a notamment été interrogée pendant près de trois heures sans avocat et sans savoir pourquoi, et a donné les mots de passe de ses appareils électroniques aux douaniers, qui les ont transmis à la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

Cette dernière les aurait ensuite envoyés au Federal Bureau of Investigation (FBI) américain, selon la défense qui dénonce une collusion entre les autorités canadiennes et la police fédérale américaine.

L'arrestation de Meng Wanzhou, suivie quelques jours plus tard par la détention en Chine de deux Canadiens accusés d'espionnage, a provoqué une grave crise diplomatique entre Pékin et Ottawa.

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