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Les glaciers Columbia plus imposants, mais en danger

Ben Pelto et Noel Fitzpatrick en ski sur la neige.

Ben Pelto et Noel Fitzpatrick mesurent les glaciers à l'aide d'un radar. Ici, ils remorquent l'engin sur le glacier Conrad, au sud de Golden, en Colombie-Britannique, en 2016.

Photo : Jill Pelto

Des chercheurs de deux universités de la Colombie-Britannique ont découvert que les glaciers Columbia sont plus épais qu’ils ne le croyaient. Cependant, cette épaisseur ne fera pas vraiment le poids face aux changements climatiques qui pourraient accélérer leur fonte.

Inédite, cette recherche, menée par des scientifiques de l'Université du Nord de la Colombie-Britannique (UNBC) et soutenue par l'Université de Victoria (UVIC), s’est déroulée dans le bassin du fleuve Columbia. Elle montre que les glaciers qui alimentent ce fleuve en eau de fonte sont plus épais de 38 % que ce pensaient les chercheurs.

Cependant, les étés font du mal au glacier, précise Ben Pelto, le chercheur principal de l'expédition de l’Université du Nord de la Colombie-Britannique.

Il explique que, même si l’hiver apporte une importante quantité de neige, la chaleur printanière arrive plus tôt, deux semaines, voire plus, à l’avance. À cela, il faut ajouter que l’été s’allonge aussi de plusieurs semaines, sans compter les températures de plus en plus extrêmes.

Nous avons donc prolongé la saison de fonte de ces glaciers d'environ un mois par rapport à auparavant. Même un bon hiver de neige ne peut pas compenser cette fonte supplémentaire que nous voyons la plupart des années.

Une citation de :Ben Pelto, chercheur, UNBC

Impact sur l’écosystème, mais pas seulement

Au niveau actuel de perte de masse glaciaire pour cette région, notre étude montre que les glaciers disparaîtront du bassin dans environ 65 à 80 ans, déclare le chercheur. Cela concorde avec les preuves provenant d'études qui ont révélé que les glaciers du bassin perdraient 60 à 100 % de leur glace d'ici 2100, en fonction des émissions de gaz à effet de serre », dit Ben Pelto.

La disparition de ces glaciers touchera négativement l’hydrologie de surface du bassin, la disponibilité en eau douce et les écosystèmes aquatiques, ce qui aura potentiellement un impact sur les stocks de poissons et l’habitat.

Une citation de :Ben Pelto, chercheur, UNBC

Par ailleurs, le bassin du fleuve Columbia produit plus de 40 % de l'hydroélectricité aux États-Unis, alors que la partie canadienne du bassin fournit 30 à 40 % du ruissellement total, principalement à partir de la fonte des neiges, mais aussi de la glace.

Des hommes à ski tirent un radar.

Ben Pelto et d'autres chercheurs effectuent des mesures sur le glacier Nordic en 2016.

Photo : Jill Pelto

Au coeur des glaciers

Pour parvenir à ces conclusions, les chercheurs ont mesuré la taille réelle des glaciers à l’aide d’un radar dont les ondes radioélectriques peuvent pénétrer la glace. Ce travail minutieux et titanesque s’est effectué sur cinq glaciers dans les montagnes Columbia sur une période de trois ans, de 2015 à 2018. Les chercheurs ont ensuite combiné ces données avec deux relevés précédents pour deux glaciers dans les montagnes Rocheuses.

Ben Pelto souligne qu’il est précieux de pouvoir comprendre comment, quand et à quel point ces glaciers vont fondre, afin de réduire leur ruissellement.

Une montagne partiellement recouverte de neige sous un ciel dégagé.

Cartographier les glaciers

Ben Pelto, auteur principal du rapport, intitulé Estimations corrigées du biais de l'épaisseur des glaciers dans le bassin du fleuve Columbia, au Canada, recommande que des mesures de l'épaisseur de la glace soient effectuées pour d'autres glaciers de la province, comme les montagnes côtières de la Colombie-Britannique.

Cette cartographie permettra de se concentrer davantage sur le recul des glaciers et sur les projections de débit à des fins régionales et mondiales, notamment pour la planification de l'hydroélectricité et les études environnementales.

Une citation de :Ben Pelto, chercheur, UNBC

En raison des changements qui touchent les glaciers, le chercheur trouve qu'il est important de les cartographier avec précision, car, avec les phénomènes climatiques, ces champs de glace éternelle se brisent en morceaux.

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