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« Victime de la bureaucratie du CIUSSS », leur père transféré six fois depuis mars

Raymond Cantin aura bientôt 91 ans.

Raymond Cantin aura bientôt 91 ans.

Photo : Diane Cantin

Un homme de 90 ans a été transféré à six reprises depuis le mois de mars après une fracture du bras. Ses filles dénoncent « la lenteur du système » et des soins inadéquats.

Raymond Cantin, un résident de Beauport, a été transporté à l’hôpital le 9 mars dernier après une fracture du bras. Pour des raisons médicales, il ne pouvait pas subir d’opération.

C’est à ce moment que tout a basculé, déclare sa fille Diane Cantin dans une plainte envoyée le 19 novembre au Commissariat aux plaintes et à la qualité des services du CIUSSS de la Capitale-Nationale.

C'est que Raymond Cantin s’est ensuite promené entre l’Hôpital Saint-François d’Assise et des milieux de soins, jugés non adaptés à son état de santé par ses proches. Il a finalement été transféré à l’Hôpital Sainte-Anne-de-Beaupré pour sa réadaptation le 30 mai dernier.

À chaque transfert, il a dû être mis en quarantaine, donc pas de visite, et il devait rester en isolement dans sa chambre. Nous avons pu le revoir pour la première fois à la fin juin, déplore Diane Cantin.

Son père peut à peine se tenir debout et il chute régulièrement, mais il a toutes ses capacités cognitives, souligne-t-elle. Il souffre également de diabète.

Un dernier déplacement

Les professionnels de la santé de l’Hôpital Sainte-Anne-de-Beaupré ont informé Diane et Louise Cantin le 30 juin que leur père devait être placé, vu son état de santé. Après 58 ans de vie commune avec sa conjointe, il a dû se résigner à vivre le reste de ses jours en CHSLD.

Quand on a rencontré l’équipe multidisciplinaire, ils nous ont dit qu’ils feraient tout leur possible pour garder mon père là-bas, parce que c’était son sixième déménagement depuis le mois de mars, explique Louise Cantin.

Ma mère et lui sont dévastés et mon père a perdu son sourire et sa joie de vivre, il ne demande qu’à mourir… c’est tellement triste.

Diane Cantin, extrait de la plainte envoyée le 19 novembre

Les démarches se sont poursuivies et, en août, les filles de M. Cantin ont rencontré une travailleuse sociale pour choisir un CHSLD. Les proches ont opté pour Saint-Jean-Eudes et souhaitaient que leur père demeure à l'hôpital en attendant sa place ou qu’il soit déplacé dans une résidence à proximité.

Raymond Cantin.

Raymond Cantin

Photo : Courtoisie

Puis, après des mois d’attente, ils ont appris en novembre qu’il serait transféré au CHSLD Notre-Dame-de-Lourdes. On a été mis devant les faits accomplis, dénonce Louise.

Un choix mal adapté

Lorsque Louise et Diane ont rendu visite à leur père, elles ont constaté, selon elles, que le centre d’hébergement ne correspondait pas à ses besoins. Ce sont des cas avec des très gros troubles cognitifs, ce n’est pas du tout la place de mon père, déplore Diane Cantin.

Ses filles affirment que la chambre n'est pas adaptée aux besoins de leur père qui peine à se tenir debout sans tomber. En ce moment, il a une toilette d'aisance parce que sa toilette n'est pas adaptée pour lui, sa marchette ne rentre pas, explique-t-elle.

Sans soins adéquats, l'état de santé de Raymond Cantin se détériore. Il a dû uriner dans sa protection à deux reprises, car personne n’a répondu à la sonnette. De plus, il n’avait rien à boire depuis ce matin, il est quand même diabétique, écrivait-elle le 19 novembre.

Mon père mérite d’être dans un bel établissement où il aura une chambre et une salle de bain adaptées à ses besoins et ainsi éviter les risques de chutes.

Diane Cantin, fille de Raymond Cantin

La lenteur du système

Ses proches s’expliquent mal comment le dossier a pu autant stagner entre juin et novembre. Le dossier a tellement traîné en longueur, déplore Diane.

La ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, affirme que l’histoire de M. Cantin est d’une infinie tristesse et que son gouvernement fera les suivis nécessaires pour mieux répondre à ses besoins. On ne devrait pas voir sa vie basculer de cette façon, déplore-t-elle par courriel.

Il va sans dire que notre gouvernement tient fermement à offrir des soins et services adaptés aux besoins réels des usagers, ajoute la ministre.

Par courriel, la commissaire aux plaintes a répondu aux plaignantes que ses conclusions seront communiquées dans un délai de 45 jours.

Le CIUSSS de la Capitale-Nationale de son côté ne commente pas de cas précis pour des raisons de confidentialité.

Or, il convient qu'il peut arriver qu’en attendant qu’une place se libère dans l'endroit de leur choix, il faille séjourner dans une autre ressource d’hébergement.

Nous sommes conscients que, pour cette clientèle, les déplacements doivent être limités et nous tentons de les restreindre au minimum, dans un contexte de pandémie qui ne nous facilite pas les choses, précise Mathieu Boivin, porte-parole du CIUSSS.

Depuis son arrivée à Notre-Dame-de-Lourdes, Raymond Cantin demande à mourir tous les jours, fait savoir Louise. On l’encourage du mieux qu’on peut, ajoute-t-elle, et précise qu’elle ne critique pas les soins accordés à son père.

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